COMBINAISONS DE L’OSMIUM AVEC L’IODE
L’iode est sans action sur l'osmium, même très divisé, aussi bien à haute température qu’à la température ordinaire; l’addition au métal d’un iodure alcalin ne le rend pas plus attaquable (Voir p. 17). Il n’èst donc pas po ssible d’obtenir directement de combinaisons iodées de l’osmium. Moraht et Wischin (Zeit. f. anorg. Chem., t. III, p. 174; 1893), qui ont obtenu les premiers de telles combinaisons, les préparent par des réactions indirectes.
TÉTRAIODURE D'OSMIUM
Oü IODURE
Préparation. —• L’iodure osmique s’obtient à partir de l’acide osmîque OsCDH 2 (Voir p. 61). Ce corps n’est attaqué ni par l’iode libre, ni par l’iode en présence d’iodure de potassium, même si l’on opère en tube scellé et à des températures atteignant 260° ; il est au contraire assez facilement soluble dans l’acide iodhydrique. On chauffe au bain-marie, dans un appareil à reflux, de l’acide osmique pur avec un excès d’acide iodhydrique concentré, additionné d’un peu d’alcool destiné à empêcher l’oxydation de l’acide osmique et sa transformation en peroxyde d’osmium. Au bout de 48 heures, tout l’acide osmique est entré en dissolution, fournissant une liqueur limpide, brune, à reflets verts. Cette solution, très stable à froid, se décompose à chaud en donnant un abondant précipité noir, en même temps qu’il se dégage du gaz iodhydrique. Ne pouvant la concentrer par évaporation à chaud, on l’abandonne, à froid, dans une atmosphère desséchée par de l’acide sulfurique et par de la soude caustique.Après dessiccation complète, on place le résidu dans le vide sec, en • présence des mêm es desséchants, et on le conserve ainsi jusqu'à ce que son poids demeure cons tant; opération qui exige plus de deux mois, la matière contenant de petites quantités d’iode en excès, qui ne s’évapore que très lentement (Moraht et Wischin, loc. cit.)..
OSMIUM
Propriétés. — Le produit ainsi obtenu est formé de petits octaèdres, d’un noir violet, possédant un éclat métallique très prononcé ; très hygroscopiques , et, quand ils sont humides, extraordinairement déliquescents. Ils sont solubles dans l’eau et l’alcool, en donnant des solutions brunes, stables à froid, mais très peu stables à chaud. Chauffés dans un courant d’hydrogène sec, ils ne fournissent pas trace d’eau; mais l’hydrogène ne donne lieu qu’à une réduction incomplète, et il se sublime une petite quantité d’une matière jaune, dont il va être question.
Osl 4 .
PERIODURE D’OSMIUM
Le sublimé jaune, très volatil, ôbtenu dans la réduction de l’iodure osmique par l'hydrogène à haute température, ët dont il vient d’être question, a été obtenu par Moraht et Wischin en trop faible quantité pour être analysé. Mais des essais qualitatifs ont montré qu’il contient de l’osmium associé à de grandes quantités d’iode. La couleur de ce sublimé, et son analogie avec les produits chloré et bromé obtenus dans des conditions analogues (Voir p. 45 et 47) conduisent ces auteurs à émettre l’hypothèse d’un periodure Osl 8 correspondant au peroxyde d’osmium OsOL
OXYIODURE D’OSMIUM
En chauffant une solution de l’iodure Osl* dans l’alcool mélangé d'eau, les mêmes auteurs ont observé la formation d’un précipité noir pulvérulent, qui, lavé et séché, possède des reflets cuivrés. Une analyse qualitative de ce produit a montré que c’est un oxyiodure d’osmium ; l’analyse quantitative complète n’a pas pu en être faite, parce que le dosage de l’osmium ne peut pas être réalisé dans ce corps par réduction dans l’hydrogène ; cette réduction fournit, en effet,
. comme dans le cas de l’iodure Osl 4 , une petite quantité du sublimé periodure indiqué plus haut. Moraht et Wischin ri’ont, dès lors, pu doser dans ce produit que l’iode; il en contient 54,04 p. 100 (Moraht et Wischin, loc. cit.).
ENCYCLOP. Cl