II. — Hydrate normal 0s 0 2 ,2H 2 0 — Os (OH
Préparation. — 1° On traite une solution concentrée de chloroosmiate de potassium par une solution d’un carbonate alcalin (Berzelius, loc. cit.), ou d’un alcali caustique (Claus, loc. cit.). Le mélange, d’abord limpide, se trouble peu à peu, et laisse déposer une poudre noire. Cette précipitation, lente à froid, est rendue plus rapide par la chaleur. Un excès de carbonate alcalin retient une partie de l’oxyde dans la dissolution, qui est d’une couleur brune foncée ; mais, si on la fait bouillir, presque tout l’oxyde se précipite (Berzelius).
L’oxyde ainsi préparé retient toujours un excès d’alcali (Berzelius, Claus) ; il faut, pour l’en débarrasser, le laver longuement avec de l’acide chlorhydrique étendu (Berzelius).
2° On obtient plus aisément un produit exempt d’alcali en traitant une solution d’osmiale de potassium 0s0*K 2 ,2H 2 0 par un acide très étendu, l’acide sulfurique (Frémy, loc. cit., p. 517) ou azotique (Claus, loc. cit.). D’après ces
OSMIUM
auteurs, l’acide osmique mis d’abord en liberté se dédouble immédiatement en bioxyde hydraté et peroxyde d’osmium qui se dégage:
20s0<H 2 — 0s0 3 ,2H 2 0 + OsOL
Les acides les plus faibles, y compris le gaz carbonique, décomposent ainsi, plus ou moins rapidement, les solutions des osmiates alcalins (Frémy, loc. cit., p. 516). Cette décomposition paraît même se produire spontanément dans les solutions aqueuses d’osmiates, lentement à froid, rapidement à l’ébullition ; elle paraît facilitée par la lumière, surtout par la lumière solaire directe.
3° On obtient enfin la même poudre noire en réduisant les solutions aqueuses de peroxyde d’osmium par l’alcool (Claus),. ou par la plupart des substances organiques (Butlerow, Bull. phys. math, de l’Ac. de Saint-Pétersbourg, t. X, p. 177; 1852).
Propriétés. — Le bioxyde d’osmium hydraté est une poudre noire, très volumineuse et friable, qui, par la dessiccation, se rassemble en petits fragments compacts, de couleur brun foncé avec de légers reflets rouge cuivre. Chauffé, il se décompose avec une petite explosion et une projection d’étincelles, en donnant du bioxyde anhydre, du peroxyde d’osmium, de l’hydrogène et de l’eau (Claus).
Il est soluble dans l’acide chlorhydrique, facilement à l’état humide, difficilement s’il est sec ; il ne se dissout dans l'acide azotique et dans l’acide sulfurique qu’à la faveur d’une oxydation (Claus). Sa solution chlorhydrique est colorée d’abord en rouge pourpre, puis elle passe au jaune et de là au vert; à chaud, elle devient jaune brun. L’acide sulfureux la fait passer au jaune d’or, sans donner lieu à aucun phénomène de réduction. Le zinc, au contraire, en précipite l’osmium à l’état métallique (Wœhler, Lieb. Ann., t. CXL, p. 256; 1866).
Composition. — La formule 0s0 2 ,2H s 0 a été admise pour cette poudre à la suite d’analyses de Claus dont les résultats numériques n’ont point été publiés. On verra plus bas (p. 63) que cette formule est probablement inexacte, au moins en ce qui concerne la matière obtenue par la deuxième des méthodes indiquées plus haut, et que cette matière doit vraisemblablement être identifiée avec l’acide osmique OsCHH 2 de Moraht et Wischin.