‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 17e cahier (volume 2)Chapitre 57 sur 83 · CHLORURE DE RUTHENIUM NITROSE ET CHLORURE DE POTASSIUM · texte numérisé non relu

CHLORURE DE RUTHENIUM NITROSE ET CHLORURE DE POTASSIUM

Sel anhydre : Ru.AzO.CI 3 ,2 KCI.

(Chlororuthènate de potassium de Claus : RuCl‘,2 KCI). — Identique peut-être ou chlorure sus-iridico-potassique de Berzelius.

PRÉPARATION

1° Le ruthénium est fondu dans une capsule d’argent avec 4 parties de nitre et 1 partie de potasse ; le produit de la réaction est repris par l’eau et la dissolution additionnée d’acide chlorhydrique jusqu’à ce que le précipité noir d’oxyde formé tout d’abord soit complètement redissôus. La dissolution évaporée laisse déposer du chlorure de potassium et du nitre ; lorsque l’eau mère, concentrée de nouveau, a pris une couleur rouge, on évapore à sec et l’on reprend par une petite quantité d’eau froide. Le sel rouge est lavé avec une dissolution concentrée de chlorure d’ammonium dans laquelle il est insoluble, puis avec de l’alcool, et purifié par cristallisation (Claus).

2° L’hydrate de bioxyde de Claus ( hydrate de ruthénium nitrosé de Joly) est dissous dans l’acide chlorhydrique; après addition de chlorure de potassium, on évapore jusqu’à cristallisation (Claus).

3° Le sesquichlorure double de ruthénium et de potassium Ru 3 Cl 6 ,4 KCI est évaporé lentement avec de l’acide azotique ; la transformation en chlorure rouge est incomplète (Claus).

4° L’oxyde noir de ruthénium (sesquioxyde) précipité de la dissolution du ruthénate de potassium par l’acide chlorhydrique est dissous dans l’acide azotique. La liqueur filtrée est brune ; évaporée avec de l’acide chlorhydrique, elle donne une dissolution rouge et un sel rouge (Claus).

5° A la dissolution chlorhydrique du sesquichlorure convenablement étendue afin que la réaction ne soit pas trop brusque et légèrement chauffée, on ajoute par portions successives une dissolution étendue d’azotite de potassium jusqu’à ce que la liqueur brune prenne la couleur rouge groseille caractéristique des sels nitrosés. On concentre ensuite par la chaleur, et les cristaux qui se déposent, mélangés de chlorure de potassium, sont purifiés par de nouvelles cristallisations dans l’eau bouillante (A. Joly).

6° Un azotite double de ruthénium et de potassium, quel qu’il soit, est transformé par l’acide chlorhydrique en sel rouge qui reste plus ou moins mélangé de chlorure alcalin en excès, suivant la composition de cet azotite. En procédant par cette méthode ou par la méthode précédente, on transforme en sel rouge la totalité du ruthénium; en opérant comme le faisait Claus, la transformation n’est que partielle (A. Joly).

PROPRIÉTÉS

La dissolution étendue de ce sel est d’un rouge violacé caractéristique; concentrée, elle est noire et ne laisse percer la lumière que sous une très faible épaisseur. Les petits cristaux que laisse déposer en se refroidissant une solution concentrée et bouillante sont rosés, transparents ; ils sont noirs et opaques dès que leurs dimensions atteignent quelques millimètres.

D’après Glaus, les cristaux seraient des octaèdres réguliers; le chimiste russe obtint aussi des prismes rhombiques et signala la probabilité d’un dimorphisme. On n’obtient jamais cependant d’octaèdres réguliers; les petits cristaux d’apparence octaédrique, aussi bien d’ailleurs que les cristaux prismatiques, ne peuvent appartenir au système régulier d’après la façon dont ils agissent sur la lumière polarisée parallèle. Quelle que soit leur forme, les cristaux dérivent toujours d’un prisme orthorhombique (fig. 8) :

Fig.

a 1 a 1 (KM) (tO?) a l h l (tOl) (tOO) a l p (tûl) (00l)

[Ve 1 (011) (Olï)

IVp (oit) (001) a*e‘ (101) (011) a l m (101) (110) e J m (OU) (110)

Faces: a 1 , e 1 (dominants), p,h l ,m.

(H. Dufet, Bull. Soc. min., t. XIV, p. 206, 1891.)

A 25°, 100 parties d’eau dissolvent 12 parties de sel, 80 parties à 60" (J. Lewis Howe).

F * Il4°36'

RUTHÉNIUM.

COMPOSITION

1“ D’après Claus :

Ru. 101,4

Cl*. 142,0

2KCI. 149,0

Claus n’a pas dosé le chlore directement; il a réduit le sel par l’hydrogène et la différence entre le poids du sel primitif et le résidu fixe a été considérée comme représenlant uniquement du chlore. En reprenant par l’eau le résidu fixe, il a séparé le ruthénium, qu’il a pesé ; le chlorure de potassium a été calculé par différence.

2° D’après A. Joly :

RuCl‘,2 KC1.

Ru.AzO.Cl 3 ,2 KC1.

Cette constitution a été vérifiée par J. Lewis Howe ( Journ. of the American Chem. Soc., t. XVI, 1894).

Le sel réduit dans l’hydrogène laisse un résidu fixe, mélange de métal et de chlorure de potassium; on observe, pendant cette réduction, un sublimé notable de chlorure d’ammonium. L’acide chlorhydrique dégagé et le sublimé de chlorure d’ammonium sont recueillis dans une dissolution alcaline et, après neutralisation par l’acide azotique, on précipite le chlore à l’état de chlorure d’argent. Le résidu fixe est repris par l’eau; le métal lavé et séché est chauffé de nouveau dans l’hydrogène et pesé. Les eaux de lavage évaporées donnent le chlorure de potassium. L’azote est dosé comme s’il s’agissait d’une matière organique.

Calculé. __ Trouvé.

Page 1