MASSE ATOMIQUE
Des premières analyses qu’il avait effectuées sur le sesquichlorure double de ruthénium et de potassium, Claus ( Pogg. Ann., t. LXV, p. 250) avait déduit, comme masse atomique, un nombre qui, rapporté à 0=15,90 ouà H = l, était : Ru = 105,92.
Ce nombre est obtenu en comparant (moyenne de trois expériences) le poids du ruthénium au poids du chlorure alcalin.
Du rapport du poids de chlorure d’argent au poids du sel double, on calcule comme moyenne : Ru = 114,35.
En comparant entre elles les analyses des divers composés du ruthénium, Claus (Bull, de l'Acad. de Saint-Pétersbourg , nouvelle série, 1.1, p. 102) fut amené ultérieurement à adopter un nombre qui, calculé à nouveau par Clarke {Pliil. Mag . [5], t. XII, p. 101) ou par Meyer, devient Ru = 104 ou 103,5, nombres qui diffèrent peu de la masse atomique du rhodium.
Les combinaisons du sesquichlorure de ruthénium et des chlorures alcalins se prêtent mal à une détermination précise des masses atomiques. On ne peut les purifier par de nouvelles cristallisations, ni s’assurer qu’elles ne contiennent pas un excès de chlorure alcalin. L’analyse des chlorures doubles nilrosés que Claus, par une erreur d’interprétation, rapportait au tétrachlorure de ruthénium et rapprochait ainsi des chloroplatinates et des chloroiridates, montre nettement que ce nombre était trop élevé d’au moins deux unités. La masse atomique devait être voisine de 101,5 (A. Joly, Compt. rendus Acad, des sciences, t. GVII, p. 994).
Mais, par leur constitution complexe, bien qu’ils puissent être facilement purifiés et se présentent avec tous les dehors de combinaisons stables, les chlo-
ENCÏCLOP.
roruthénates nitrosés pouvaient laisser quelque doute. Le bioxyde de ruthénium, indécomposable par la chaleur seule au-dessous de 1000°, réductible par l’hydrogène à très basse température et contenantplus de 75 pour 100 de métal, offre les conditions les plus favorables à une analyse précise. Cependant, lorsqu’on cherche à obtenir le bioxyde pur, une difficulté se présente. Le -grillage du métal, même fort divisé, est toujours incomplet; il faut, de toute nécessité, le préparer en décomposant par la chaleur les oxydes supérieurs, tels que (Ru 2 0 5 ,Aq), ou (Ru 4 0 9 ,Aq), qui dérivent par une réaction simple du peroxyde de ruthénium : tous deux, en effet, donnent du bioxyde quand on les chauffe au-dessus de 440°.
Le peroxyde de ruthénium, point de départ des réactions ultérieures, peut contenir de l’osmium dont la masse atomique (Os=190,2) est presque le double de celle du ruthénium. Le moyen le plus pratique d’éliminer cet élément est de transformer le peroxyde de ruthénium brut en sesquichlorure, puis en chlorure de ruthénium nitrosé, enfin de passer de nouveau de ce composé au peroxyde. Chauffé avec de l’eau dans un appareil à reflux, le peroxyde est facilement transformé en oxyde intermédiaire (Ru 4 0 9 ,Aq). Ce composé, séché à l’étuve à 110°, et décomposé par la chaleur dans un courant d’oxygène à 500°, donne du bioxyde pur.
La réduction par l’hydrogène a donné :
RuO s .