‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 17e cahier (volume 2)Chapitre 80 sur 83 · ÉTAT NATUREL · texte numérisé non relu

ÉTAT NATUREL

Trouvé par Wœhler, en 1866, dans les minerais de platine de Bornéo, puis, en 1869, dans les minerais de platine aurifère de l’Orégon.

PROPRIÉTÉS

Petits grains ou globules d’un gris noir foncé et d’un grand éclat. Un grand nombre de ces grains portent des facettes cristallines qui, d’après les mesures de Sartorius von Waltershausen (Ann. der Chem, und Pharm., t. LXIII [nouvelle série],p. 116; 1866), appartiennent àl’octaèdre régulier. Quelques cristaux

portent aussi les faces du cube et d’un solide à vingt-quatre faces. Sur un cristal on a trouvé les combinaisons :

sur un autre :

La dureté est supérieure à celle du quartz, plus faible que celle de la topaze; la densité est 6,99. La poudre est d’un gris foncé.

Chauffée, la laurite décrépite comme la galène. Elle est infusible au chalumeau, mais répand l’odeur d’acide sulfureux, puis celle du peroxyde d’osmium. Elle n’est pas attaquée par l’eau régale et par le bisulfate de potassium. Fondue au creuset d’argent avec du nitre et de la potasse, elle se comporte comme les composés du ruthénium, s’y dissout en donnant un flux verdâtre, qui, après dissolution, prend la couleur orangée caractéristique des ruthénates alcalins. La liqueur alcaline répand l’odeur du peroxyde d’osmium et l’acide azotique y détermine un précipité noir.

COMPOSITION

Chauffée dans l’hydrogène, la laurite dégage de l’hydrogène sulfuré; c’est ainsi que le soufre a été dosé. Le résidu repris par l’eau régale a donné le ruthénium ; l’osmium a été obtenu par différence.

Ru. 65,18

Os. 3,03

Wœhler suppose que la laurite est un sesquisulfure de ruthénium associé à un tétrasulfure d’osmium :

12 (Ru s S 3 ) -f OsS‘,

contenant :

Ru s S 3 .

RUTHÉNIUM.

UT

COMBINAISONS DU RUTHÉNIUM AVEC LE CYANOGÈNE.

Les seules combinaisons que Claus ait réussi à obtenir sont les ruthénocyanures, comparables par leurs modes de formation et leurs réactions aux ferrocyanures et aux osmiocyanures (Beitrâge zur Chemie der Platinmetalle,. p. 93). L’étude de ces combinaisons est encore fort incomplète.

RUTHÉNOCYANURE DE POTASSIUM, RuCy 6 K* + 3H 3 0.

PRÉPARATION

1° Claus fondait le sel rose qu’il croyait être une combinaison du chlororuthénate d’ammonium avec du cyanure de potassium en excès.

2° En évaporant à sec une dissolution de rùthénate de potassium avec un. excès de cyanure et calcinant légèrement, on obtient une masse saline blanche (A Joly). Celle-ci, reprise par une petite quantité d’eau froide destinée à éliminer l’excès de cyanure alcalin et d’alcali, puis par l’eau bouillante, donne, par le refroidissement de la liqueur, de petits cristaux tabulaires de ruthénocyanure. On purifie par de nouvelles cristallisations.

Les cristaux de ruthénocyanure de potassium sont incolores. L’absence detoute couleur distingue seule ces cristaux du ferrocyanure correspondant dont ils ont l’éclat et la forme cristalline, ainsi qu’il résulte des déterminationssuivantes dues à H. Dufet :

Cristaux clinorhombiques, aplatis suivant g 1 , et clivables suivait cette face;, présentant les faces m (110), e l (011), o l (101), s (121) et a 1 (101); les trois dernières ne se présentent que dans les rares cristaux qui ne sont pas maclés et ont des propriétés optiques normales. Dans les cristaux simples, le plan des axes est normal à g 1 et la bissectrice aiguë parallèle à ce plan ; il fait un anglede 56° avec l’axe vertical dans l’angle antérieur des axes a et c.

Ces propriétés optiques définissent le système cristallin, car les mesures cristallographiques conduisent à des axes rectangulaires; de plus, la forme est très voisine de la symétrie quadratique. Aussi les macles sont-elles extrêmement fréquentes comme dans le ferrocyanure de potassium qui est complètement isomorphe avec le ruthénocyanure :

Calculé. Observé.

Y mm (llO) (llO)...

L mg l (110) (010).

[ Ve 1 (Oll) (Olï).

rv (i 2 t) (loi).

[Va 1 (101) (107).

oV (101) (011).

me 1 (no) (Oll).

ms (llO) (l2l).

se 1 (l2l) (Oll).

e l a l (011) (tOl).

loi 0

ma 1 (110) (lOl).

Propriétés optiques. — Le plan des axes est non

mal à g 1 ] la bissectrice

aiguë négative fait un angle de 56° avec uni de 34° avec une normale à h 1 antérieur.

î normale à

p supérieur et un angk

On a mesuré dans la naphtaline bromée Pi

angle obtus des axes, et par réflexioi

totale l’indice moyen et l’indice maximum.

On trouve ;

ainsi pour la raie D :

ce qui donnerait :

(H. Dufet, Comptes rendus Acad, des sciences, t. CXX, p. 377 ; 1895).

Le sulfate ferreux colore la dissolution du ruthénocyanure en violet pâle; le chlorure ferrique donne une coloration violet foncé. Les sels de mercure, de plomb, de zinc donnent des précipités blancs.

Avec l’acide chlorhydrique, on observe un dégagement d’acide cyanhydrique et, au bout de quelques instants, on voit se former un dépôt d’un bleu violet foncé.

COMPOSITION

Calculé. Trouvé (Claus).

Ru.

6Cy.

RUTHÉNIUM.

ACIDE RUTHÉNOCYANHYDRIQUE, RuCy«H*.

En ajoutant de l’acide chlorhydrique, puis de l’éther, à la dissolution du ruthénocyanure de potassium, on précipite l’acide en petites écailles brillantes, incolores, solubles dans l’eau et l’alcool. La liqueur a une réaction acide et se colore en bleu lorsqu’on l’évapore à l’air (Claus).

Calculé. Trouvé (Claus).

Ru.

6Cy.

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