PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DE L’OSMIUM
Au point de vue chimique, le caractère fondamental de l’osmium métallique est la facilité avec laquelle il peut être transformé par oxydation en un oxyde volatil et très dangereux à respirer, le peroxyde d’osmium OsOL
OSMIUM
Action de l'oxygène. — I.'osmium très divisé, obtenu à froid par voie humide, est très oxydable : au contact de l’air, il émet dès la température ordinaire des vapeurs odorantes de peroxyde. Ces vapeurs peuvent parfois être assez faibles pour qu’on ne puisse reconnaître leur odeur spéciale ; mais leur existence ne pourra cependant pas être mise en doute, si l’on constate que les bouchons de liège, fermant les vases qui contiennent l’osmium ainsi préparé, se recouvrent promptement d’une poudre noire, qui est de l’osmium réduit par la matière organique du bouchon (H. Sainte-Claire Deville et H. Debray, Comptes Rendus, t. LXXXVII, p. 444 ; 1878). Une élévation de température facilite l’oxydation et peut provoquer la disparition complète du métal : « On ne doit pas cependant regarder ce phénomène comme une simple volatilisation; c’est une véritable combustion, qu’on reconnaît aisément à l’odeur suffocante de peroxyde qui se répand dans l’air» (Yauquelin, Ann. de Chimie, t. LXXXIX, p. 243; 1814).
L’osmium cristallisé, ou fondu, ou rendu compact par calcination à l’abri de l’air, est au contraire peu oxydable à basse température (H. Sainte-Claire Deville et H. Debray, loc. cit.). A froid, il est à peu près sans odeur, et peut être assez fortement chauffé sans fournir de peroxyde. Ce n’est qu’à partir d’une température correspondant à peu près à la fusion du zinc (environ 400°), qu’il commence à s’oxyder (H. Sainte-Claire Deville et H. Debray, Ann. des Mines, 5 e série, t. XVI, p. 11 ; 1859). A cet état compact, il cesse de s’oxyder quand on le retire du feu; au contraire, l’osmium très divisé, une fois enflammé, continue à brûler, « en s’entretenant lui-même à la chaleur rouge » (Berzelius, Ann. de Chim. et Phys., 2 e série, t. XL, p. 260; 1829). Ces expériences, comme toutes celles du reste dans lesquelles du peroxyde d’osmium peut prendre naissance, ne doivent être faites qu’avec « des précautions extrêmes : l’un de nous, qui l’a faite deux fois, a été pendant vingt-quatre heures presque aveugle, parce que le courant d’air qui devait le protéger contre les vapeurs abondantes de peroxyde, ayant changé de direction, l’a fait rebrousser sur lui d’une manière imprévue. On ressent alors dans les yeux la douleur que produit un coup vigoureusement asséné. L’osmium réduit à la surface de la conjonctive ne disparaît pas de suite et contribue, avec l’inflammation, à rendre la vue trouble » (H. Sainte-Claire Deville et H. Debray, loc. cit., p. 18).
Ot. Suie (Zcit. f. anorg. Chem., t. XIX, p. 332; 1899) a déterminé les températures auxquelles l’osmium métallique, chauffé dans un courant d’air ou d’oxygène, commence à subir une diminution de poids sensible à la balance. Il a opéré sur de l’osmium en poudre fine, de couleur bleue, qui lui a fourni les résultats suivants :
du couraut gazeux