CHLORURE PIIOSPIIOIRIDIQUE [lr2Cl«.3PCl3.3PGI
PRÉPARATION
On mélange 1 partie de bioxyde d’iridium hydraté avec 10 parties de pentachlorure de phosphore et la à 20 parties de trichlorure de phosphore, de façon à obtenir un mélange fluide; on chauffe le tout en tubes scellés à 150“-175“ pendant trois heures environ ; on ouvre les tubes pour laisser échapper la grande quantité d’acide chlorhydrique qui a pris naissance, puis on les ferme à nouveau, et on les chauffe pendant vingUquatre à trente-six heures, à la température de 27a“-300“ en plaçant les tubes dans une position verticale. Au fond se dépose l’oxyde d'iridium inaltaqué; quant au liquide, il se partage en deux couches : la plus lourde est rouge grenat foncé, elle contient le chlorure Irapccb'o ; la plus légère est jaune clair, elle contient un autre chlorure lr®P*CP'* ; ces deux chlorures se trouvent dissous dans l’excès des chlorures de phosphore. Par le refroidissement les deux couches liquides se solidilient, et, en brisant le tube, on peut les séparer mécaniquement.
La portion rouge grenat foncé est enfermée dans un tube scellé avec de l’oxychlorure de phosphore, et chauffée à 2oü“; par le refroidissement, il se dépose des cristaux de chlorure phosphoiridique ([ui sont recueillis, essorés, et séchés dans un courant d’air sec.
na
KMIYCLOPÉDIE CHIMIQUE
PROPRIÉTÉS
Ce clilorure constitue des cristaux jaune clair, fumant à l’air, fusibles à loO’ sous pression, décomposables par la chaleur à l’air libre, ou même dans un courant de chlore. 11 est décomposable par la benzine, le sulfure de carbone, le trichlorure de phosphore, le chloroforme ; de ces décompositions résultent des corps moins riches en chlorures de phosphore, qui constituent une série assez régulière de composés définis. Traité par l’eau, il donne un acide susceptible de former des sels et des éthers.
L’étude des produits qui résultent de la décomposition de ce corps par la chaleur, et celle des acides qui prennent naissance sous l’influence de l’eau ont conduit (leisenheimer à donner à ce chlorure, qui a pour formule brute Irpscps, une formule double Ir^P^CP». Cette formule développée devient :
lr2Cl».3PC13.;iPC15.
Elle montre la relation qui unit le sesquichlorure d’iridium aux deux chlorures de phosphore, pour en faire la molécule d’un chlorure complexe, susceptible de donner, sous l’influence de l’eau, l’acide chlorophosphoiridique (lr*Cl'’',3P03H3,;jP0<H''*), corres()ondant.
Soumis à l’action de la chaleur le chlorure phosphoiridique donne ;
A 70“-S0‘>, dans un courant de chlore, le corps ; (lr2Cl®,4P('13,2PCl*).
A 1200-123», — — ; (Ir^Cl'sePCf').
A 190», — — : (lr3G12,6PC13).
A 130“ (sous la pression de50 à 70 centimètres) lest (lr2Cl®,2PCP,2PCl“).
corps : I (21r2Clf',4PCP,2PCF>).
A 160“ (sous la pression ordinairej le corps: (lrCl‘,2PCP).
Lorsqu’on le dissout à froid dans le sulfure de carbone, ou dans le trichlorure de phosphure, il donne le chlorure : lr'-Cl®.6PC13.
Dissous à 130“, en vase clos, dans le chloroforme, il donne le chlorure : lr2Cl«,4PClA
Enfin, sa dissolution dans la benzine se décompose lentement à froid, rapidement à chaud : il se forme de l’iridium réduit et de l’hexachlorure de benzine (Geisenheimer, Thèse Facultédes Sciences de Paris (1891), p. 16).
ACIDE CHLOROPHOSPHOIRIDIQUE
[lr2Clo.3P03H3.3POiH-’]
11 prend naissance quand on traite le chlorure phosphoiridique (IrîCl'fSPCD.SPCl’’) par l’eau chaude employée en excès; lorsque le dégagement d’acide chlorhy-
IRIDIUM 173
drique a cessé, on concentre légèrement, et on additionne la solution d’un excès d’alcool ; il se forme un précipité blanc, floconneux, qui est l’acide pliosphoiridique.
Cet acide forme des sels et des éthers.
Sel acide de potassium : (Ir^Cl*’.3P03H'K.3P0'H^K).
On neutralise l’acide au moyen de la potasse, en présence d'hélianthine ; c’est une masse gommeuse incristallisable.
Sel neutre d’ammonium: [Ir2CP''.3Pü3H (A!!H<)2.3POîfl lAzIli)*].
On le prépare par l’addition d’une solution alcoolique de gaz ammoniac à l’acide chlorophosphoiridique : cristaux jaunes, décomposables par l’eau chaude.
he sel acide d'argent correspond à celui de potassium. On l’obtient en versant du nitrate d’argent dans une dissolution du set de potassium : précipité jaune caillebolé, soluble dans l’ammoniaque.
Le sel neutre de plomb correspond à celui d'ammonium : c’est un précipité blanc qu’on obtient en traitant la solution de l’acide par une solution d’acétate neutre de plomb.
Éther éthylique. — Lorsqu’on fait réagir le chlorure phosphoiridique sur l’alcool absolu, il se dégage de l’acide chlorhydrique, et la température s’élève; on obtient alors un liquide jaune qui, évaporé dans le vide sec, finit, au bout d’un certain temps, par se solidifier en prenant un aspect cristallin. Mais l’éther ainsi obtenu n’est pas celui que la théorie permettait de prévoir, savoir :
[(IraCl«)3{P03.H.2C2H»)3(P0‘.H.2C2HS)i.
Sa formule est beaucoup plus complexe; elle serait, d’après l’analyse :
[(Ir3Cl')3(P03.H.2GSHS)(P0'.H.2C2H»)2{P0'.H2.C»lP)]
(Geisenheirner, Thèse, toc. cit., p. 24 à 29).