III. — CHUOROBROMURE D’IRIDIUM ET DE PHOSPHORE IrBrC2PC
On chauffe en tube scellé, pendant douze heures, à 27a", un mélange du bromure double Ir^Br®.6PBr-’<, de pentabromure de phosphore, et de trichlorure de phosphore.
On obtient ainsi un corps cristallisé, noir, à rellels verdâtres, que l’on sèche dans un courant d’air sec.
Ce composé dérive en réalité du bromure iridique IrBr*; il rappelle par sa formule le chlorure IrCH.âPCP, qui a été obtenu par l’action de la chaleur sur le chlorure phosphoiridique Ir^P^Cl^i'.
(Geisenheimer, Thèse, Faculté des Sciences de Paris (1891), pi 30, S2, 54.)
TÉTRABROMÜRE D’IRIDIUM
.Syn. : Bromure iridique
IrBr‘
PRÉPARATION
1" On dissout, dans une solution concentrée d'acide bromhydrique, l’hydrate iridique IrO»-(-ag, récemment précipité. Cette dissolution est très altérable, et abandonne le brome, même sous l’inlluence d’une légère élévation de température. 11 faut évaporer à la température ordinaire, dans une atmosphère desséchée par l’acide sulfurique, et maintenir dans cette dissolution un peu de brome libre, par des additions successives d’acide azotique fumant.
2" On précipite le potassium du bromoiridate de potassium, au moyen de l’acide hydrolluosiciliciue, comme on l’a vu pour le chlorure iridique; on évapore avec les précautions indiquées ci-dessus (Birnbauin, loc. cil.).
PROPRIÉTÉS
Masse d’un bleu foncé, déliquescente, soluble dans l’eau et dans l’alcool. Par calcination, elle donne l'iridium pur. 11 est probable que ce corps n’a pas la composition répondant à la formule IrBr*; ce doit être un bromhydrate de bromure.
BUOMOIRIDATES
Le bromure indique, comme le chlorure iridique, donne des bromures doubles ou bromoiridates.
BR0.\IÜIR1DATE DE POTASSIUM IrBr‘.2RHr
PRÉPARATION
Une solution concentrée de chlorure iridique, ou dechloroiridate de sodium, est additionnée d'une solution concentrée de bromure de potassium employé en excès; on chauffe au bain-marie, puis on abandonne le mélange au refroidissement dans une atmosphère maintenue sèche par de l’acide sulfurique, après avoir eu soin d’ajouter un peu d’acide azotique, pour mettre en liberté du brome qui transforme en bromoiridate le sesquibromure qui s’est formé. Les cristaux qui sedéposentsont lavésàl’eaubromée froide, puis traités par une petite quantité d’eau chaude; la dissolution est mise à évaporer avec les précautions indiquées ci-dessus.
PROPRIÉTÉS
Octaèdres réguliers d’un bleu noirâtre, opaques et très brillants; ils sont peu solubles dans l’eau froide, très solubles dans l’eau chaude, insolubles dans l’alcool et dans l’éther. La solution aqueuse se décompose facilement sous l’influence de la chaleur, en perdant du brome. Évaporé avec de l’eau de chlore ou avec de l’eau régale jusqu’ à siccité, il se transforme en chloroiridate (Birnbaum, loc. cit.).
Analyse :
Calculé Birnbaum
6Br. 478,56 63,88 63,20
IrBrL2KBr. 7i9,12 100,00 100,06
IRIDIUM
BROMOmiDATE DE SODIUM lrBr‘.2NaBr,nH20
Préparation. — On transforme par addition de brome ou d'acide azotique concentré, le bromoiridite de sodium en bromoiridate; on évapore à la température ordinaire sous une cloche, au-dessus d’acide sulfurique.
On pourrait également évaporer, dans des conditions analogues, le mélange des solntions concentrées de bromure indique et de bromure de sodium.
Propriétés. — Il cristallise en aiguilles noires, qui deviennent bleu clair par la déshydratation. 11 est soluble dans l’eau et dans l’alcool. Il est très peu stable; il se décompose facilement lorsqu’on le dissout dans l’eau, avec perte de brome et formation de bromoiridite (Birnbanm, loc. cit.).
BROMOIRIDATE D’AMMOXIUM IrBr‘.2AzIHBr
Préparation. — On dissout dans une dissolution concentrée et chaude de bromure de sodium, du chloroiridate d’ammonium linement pulvérisé. Le bromoiridate d’ammonium se dépose par le refroidissement.
Propriétés. — Petits octaèdres réguliers, d’un bleu noirâtre, moins solubles dans l’eau que le sel correspondant de potassium (Birnbaum, loc. cit.).
Analyse :
2AzH^. 36,00 5,09 »
6Br. 478,56 67,65 67,00
IrBrb2AzH<Br. 707,06 100,00
OXYBROMÜRE IRIDIQUE Ir3Br802={lrBr‘}2(IrO'^)
Préparation. — On chauffe à 300°, en vase clos, pendant vingt-quatre heures, du bioxyde d’iridium hydraté, avec deux ou trois fois son poids de brome. On sépare les cristaux qui se sont formés du liquide qui les baigne, on les lave avec du sulfure de carbone, et on tes sèche.
Propriété. — Aiguiles noires, microscopiques, solubles dans l’eau sans décomposition.
Calculé Geisenheimer
3Ir. 577,50 "46,29 46,55 46,47
8Br. 638,08 51,14 » 30.84
Ir3Bi-802. 1247,50 100,00 » ‘00,00
(Geisenheimer, Thèse Faculté des Sciences de Pan'.? (1891), P- 36.)
COMBINAISON DU BROMÜHE IRIDrQUE AVEC LE TRICIILORÜRE DE PHOSPHORE lrBr‘.2PC13
Ce composé résulte de l’action du triclilorure de pliospliore sur une combinaison que forme le sesquibromure d’iridium avec le tribromure de phosphore. Elle a été étudiée précédemment (Geisenhnimer) (Voir p. 187).
COMBINAISONS DE LlIlIDIUM AVEC LIODE
L’iridium ne se combine pas directement à l’iode, ni à froid, ni à la température de 100“ en vase clos; il est légèrement attaqué lorsqu’on fait passer des vapeurs d’iode sur son mélange avec l’iodure de potassium chauffé à fi0“-70“.
On ne connaît, quoique bien imparfaitement encore, que le sesquiiodure et le tétraiodure d'iridium ainsi que leurs chlorures doubles.
D’après Oppler, un sous-iodure, Irl-, pi-endi-ait naissance loi’squ’on fait passer un courant d’acide sulfureux dans de l’eau tenant en suspension de l’iodure indique; mais aucune analyse n’appuie cette hypothèse.
D’après lui, ce même sous-iodure existerait en combinaison avec le chlorure d’ammonium et prendrait naissance, comme produit de réaction secondaire, dans la préparation du sesquiiodure d’iridium et d’ammonium; mais l’analyse centésimale donnée par Oppler ne suffit pas à justifier l’existence de ce corps, qui pouri’ait bien être une base ammoniacale plus complexe, telle que celles que l’on a découvertes depuis. L’existence de l’iodure irideux n’est donc pas plus probable que celle du chlorure irideux (Oppler, Inaugur. Dissert. Gâttingen, 1857, pp. 22, 39).
SESQUIIODURE D’IRIDIUM
Ir^I"
Lorsqu’on mélange des solutions aqueuses d’iodoiridate de potassium et de chlorure d’ammonium,laliqueurse décolore, et il se forme un précipité noirâtre : ce serait, d’après Oppler, un mélange d’iode et de sesquiiodure d’iridium qui aurait pris naissance dans la réaction suivante :
2(IrI'.2KI) -i- 4AzH'Cl = 4KC1 4 AzlI 'I + P + Ir^io
En enlevant l’iode au moyen de l'alcool, on obtient une poudre verdâtre, peu soluble dans l’eau froide et dans l’alcool, assez soluble dans l’eau chaude (Oppler).
ENCYCLOPÉDIE CimiIQLE
Cette explication est peu admissible, car le sesquiioJure d’iridium donne, avec l’iodure d’ammonium,un sesquiiodure double qui est très soluble dans l’eau; ce sesquiiodure devrait donc se redissoudre, l’iodure d’ammonium se trouvant en excès. D’autre part, la méthode analyti([ue employée par l’auteur et les analyses elles-mêmes laissent à désirer ; comme le sesquiiodure existe dans des iodures doubles, son existence n’a pas lieu d’être mise en doute ; seulement un autre mode de [iréparation est encore à trouver.
SESQUIIODURES DOUBLES
Syn. : lodoiridites
Aux chloroiridites et bromoiridites correspondent des iodures doubles d’iridium ou iodoiridites.
lODOmiDITE DE POTASSIU.M Ir^Ir'-’.eKI
Préparation. —- On verse dans une dissolution de sesquichlorure d’iridium une solution concentrée d’iodure de potassium; il se forme un précipité vert brillant qui se rassemble immédiatement si l’on porte la li(iueur à l'ébullition.
Propriétés. — Petits cristaux verts, insolubles dans l’eau et dans l’alcool, difficilement décomposables par les acides; la potasse les dissout à chaud et abandonne par refroidissement des aiguilles vertes qui sont l’iodure d’une base ammoniacale (Oppler).
Analyse ;
Calculé’ Oppler