‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 17e cahierChapitre 120 sur 207 · ItlOXYDE I)'mil)li:.M ANHYDRE lr · texte numérisé non relu

ItlOXYDE I)'mil)li:.M ANHYDRE lr

PIIÉPAHATION

1“ On chauffe au rouge vif, â la température maxima que peut donner un brûleur de Bunsen, de l’iridium finement pulvérisé que l’on a placé dans un creuset de platine ouvert et incliné dans la ilamme. Le métal noircit et, au bout de dix-huit heures, cesse d’augmenter de poids après avoir absorbé 14,43 % d’oxygène, ce qui correspond à la formule d’un bioxyde (Geisenheiiner, Thise Faculté des Scicrtccs de Paris (1891), p. 13).

On a vu précédemment (jue, dans des conditions à peu près identiques, Th. Wilm n’avait obtenu qu’une absorption de 4,‘;‘> ®/o, ce qui correspond k un oxyde intermédiaire Ir^O.IrO.

2” Lorsqu’on chauffe de l’iridium, pendant deux heures environ, avec un

IRIDIUM

mi'-Iange do potasse et d’azotate de potassium eu fusion, et que l’on reprend par IVau la masse refroidie, on obtient : a) une dissolution bleue renfermant un iridate basique, sui- la formule ducjuel on n’est pas bien fixé; b) une masse cristalline, insoluble dans l’eau, soluble dans les acides, que l’on admet être constituée par un iridate acide (2(lr0^j K-O] (?).

ba matière insoluble est séchée, ])uis chauffée pendant deux heures au rouge vif avec lë fois son poids d’un mélange fait à molécules égales de chlorure de potassium et de bromure de potassium ; en présence de ce mélange salin neutre, l'iridate se dissocie en alcali libre et en acide indique; celui-ci, instable, à la température de l’opération, se détruit aussitôt, perd le tiers de son oxygène, et se transforme en bioxyde qui cristallise au sein du fondant (Geisenbeimer, T/ié.ve,- loc. cit., p. 12; — Compt. rend. Acad, des Sciences, t. CX, p. 8:iü^

PROPRIÉTÉS

Obtenu par le luemier procédé, il est amorphe; parle second procédé, il est cristallisé en linos aiguilles microscopiques très brillantes. Il est insoluble dans l’eau régale et dans tous les dissolvants acides ou alcalins. Il est complètement réductible par l’hydrogène à Icuipérature élevée.

Trouvé

Culcolé (Geisenheimor)

Ir. ll)2dîÔ^ "^^8

IrO-i. 224,42 190,00 99,97 99,99

II. - HIOXYDE r) ItilÜIL'.M IHIIYDR.VTÉ li0!,211^0 = Ir(t)n)‘

préparation

1° Il prend naissance quand on fait réagir sur une dissolution de chlorure iridique liCl'iOu de cbloroiridate de sodium,un excès de soude ou de potasse. I.a réaction ne se passe pas aussi simiilement que semblerait devoir l’indiquer la formule :

IrCl' -t- 4K01I r - IrO’^ -f 4KC1 f 2t|20

Cetle réaction est, en réalité, jjlus compliquée, et s’elTeclue en idusieurs phases. Si les solutions sont étendues, il peut arriver que la précipitation n’ait pas lieu immédiatement, (pie la solution soit ou non à l’abri de l'air. Si les solutions s(jnt concenlr(''es, il y a précqiitation immé-diate, mais d’une partie seulement de riridium sous forme de bioxyde; une partie reste dissoute à la faveur de l'excès d’alcali: la solution exhale l’odeur d’acide hypochloreux,et la précipitation s’elfectue lentement; elle (>st accélérée par l’addition d’eau oxygénée. Il y a donc un partage : une partie se piécipitede suite; le restene se précipite que

ENCYCLOPÉDIE CHIMiyCE

pir suite d’une oxydation ultérieure du sesquioxyde, oxydation effectuée sous l’influence de l’acide hypochloreux qui provient de la décomposition d’une partie de chlorure iridique. Les équations suivantes rendent coin[ite de cette séyie de réactions :

Réaction principale : IrCP + 4KOI1 IrO^ -(- 4KG1 + 211^0

, 21rCl‘+ 7K011 ^ : Ir203+ 7KC1 + Oll^O + CIOH

Réaction secondaire : GIOH + Küll RSO + Iv^il 4- O

' Ir-iO» + O — 2lr03

Réaction finale : OlrCl* + lâlvOlI OlrO^ +f2KGl + ÔU^O

C’est pourquoi on prescrit, dans cette préparation, de faire bouillir les liqueurs au contact de l’air, afin d’accélérer la précipitation du bioxyde. On a vu plus haut combien étaient oxydables les solutions de sesquioxyde d’iridium dans les alcalis; on peut mettre cette oxydabilité en évidence en y versant de l’eau oxygénée ; la précipitation de l’iridium sous forme de bioxyde est immédiate et complète (Leidié).

Le bioxyde ainsi obtenu est lavé par décantation, car il est colloïdal au moment oùlasolution (]ui le baigne cesse de contenir des sels. On le sèche dans l’airsec.

Il retient toujours de 3 à 4 “/y d’alcali, qu’on ne peut lui enlever par des lavages à l’eau.

2“ Lorsqu’on précipite par un alcali la dissolution du sulfate double d’iridium et de potassium, la même oxydation a lieu (|ue dans le cas [irécédent; mais ici c’est l’oxygène de l’air qui intervient (Lecoq de Itoisbaudran, Compt. rend. Acad, des Sciences, l. XCVI, p. 1336, 1406, 1551);

3“ On fait bouillir à plusieurs la-prises, et plusieurs heures chaque fois, le sel que nous avons désigné plus haut sous le nom d’iridate de potassium, et auquel nous avons attribué la formule 2(lrO-’>) K^O, avec une dissolution de chlorure d’ammonium à 30 %. 11 se dégage de l’ammoniaque ; les cristaux se détruisent peu à peu; on jette le précipité sur un filtre, on h^ lave et on le sèche (Ceisenheimer, Compt. rend. Acad, des Sciences, t. CX, p. 856 ; — Thèse Faculté des Sciences, Paris (1891), p. 14) ;

4“ fl est plus rapide d’employer la solution hleuo que l’on obtient en lessivant par l'eau le produit brut qui résulte de l’altaque de l’iridium par le mélange de potasse et d’azotale de potassium, liciueur que nous avons supposé tenir en dissolution un iridate basique de potassium IrO^.lK^O + n(KOII). Ün l’additioniie de chlorure d'ammonium en excès; on voit la précipitation commencer à fi oid, et s’effectuer immôdiatennmt lorsciu’on chauffe (Geisenheimer, Thèse, loc. cit., p. 14) ;

5“ On maintient en fusion, pendant deux ou trois lieures, dans un creuset d’or ou d’argent, 3 grammes d’iiidium finement pulvérisé avec 10 grammes d’hydrate de sodium déshydraté et 3 grammes d’azotate de sodium. La masse refroidie est traitée par l’eau ; il s’est très prohablement formé un iridate de sodium analogue à celui de potassium, car ou en distingue les cristaux; mais cet iridate est très instable, car il se décompose immédiatement au contact de l’eau avec dégagement d’oxygène et préci|)itation de bioxyde d’iridium hydraté ;

IRIDIUM

celui-ci est jeté sur un filtre, lavé à l’eau chargée de chlorure d’ammonium, puis à l’eau distillée, enfin séché à 100“ (Geisenheimer, Thèse, toc. cit., p. 14).

PROPRIÉTÉS

C’est une poudre d’un bleu indigo foncé. Il jouit de propriétés qui semblent varier avec le mode de préparation que l’on a employé. Il serait insoluble dans les acides sulfurique eta/.otique étendus, d’après Claus; soluble au contraire, dans l’acide sulfuriciue étendu, d’après Lecoq de lloisbaudran ; soluble dans les acides étendus et même dans l'acide acétique, d’après Geisenheimer. Lorsqu’on le traite par l’acide chlorhydrique concentré, il se dissout à froid : la liqueur est bleu foncé ; lorsqu’on le dissout à chaud, la liqueur, du.vert, passe au bleu (par une composition de couleurs), puis au brun foncé ; elle contient alors du chlorure iridique. Il est attaquable par les chlorures de phosphore, tandis que le bioxyde anhydre ne l’est pas.

III. — HIOXYDE D’llîIDIi:.M MO.NOIlYÜR.VTÉ Ir02,H20= IrO (011)2

Le bioxyde d’iridium monohydraté lr02,H20 = IrO (OH)^, bien qu’il n’ait pas été isolé, se comporte comme un corps à fonction acide, dans des sels qui ont été étudiés par Leidié et Joly, et qui sont des dérivés d'un acide hexa-irideux condensé : 6[IrO(üH)2J—:iI12Ü=;[(Ir02)»1120J. (Voirpp. 213, 214).

ACIDE IRIDIQUE

IrO»

Lorsqu’on maintient pendant plusieurs heures, dans un mélange de potasse et d’azotate de potassium chauffés au rouge sombre, de l’iridium en poudre fine, on obtient, quand l’azotate de potassium est en grand excès, une masse bleu noir foncé. Lorsqu’on traite celle-ci par l’eau, on obtient : 1“ un résidu insoluble que l’on a considéré comme un iridate acide de potassium (IrO'*) 2K'20 ; 2“ une liqueur bleu indigo foncé, que l’on admet contenir en dissolution un iridate basique Irü3.4K''iÜ (Voir p. 199).

L’acide iridique IrO^ n'a jamais été isolé de ces combinaisons.

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