T. — SELS DÉRIVÉS D’UN PROTOXYDE D’IRIDIUM
L’existence du protoxyde d’iridium n étd contesti^e ; on a vu plus haut sur quelles preuves on s’appuyait pour l’admettre. Une de ces preuves est la composition des sulfites de protoxyde étudiés par Clans, puis par Seubert. Dans ces sulfites, l’iridium se comporte comme un élément divalent, à la manière du platine dans les platosulfites.
SULFITES IRIDEUX DOUBLES
Le sulfite irideux neutre lr'’(S03), pas plus que le sulfite irideux acide Ir''(SO-'H)2, comparables respectivement aux sulfites neutres M^fSO^) ou aux sulfites acides, M' (SO^H)^, n'ont été obtenus jusqu’à présent. On ne connaît que les sels doubles qu’ils forment avec les sulfites alcalins.
Les sels doubles neutres peuvent être considérés :
Soit comme la combinaison d’un sulfite irideux neutre avec un sulfite alcalin neutre,
Ir'SOS + .1 (M-'iSO^)
Soit comme la combinaison d’un iridosulfite alcalin (dérivé d’un acide iridosulfureux) avec un sulfite alcalin :
Acide iridosulfureux : Ir'jSO^H)^
Sel double: Ir'(S03K)a + 2(M2S03);
cette manière de voir les rapproche des composés correspondants du platine acide platosulfureux et platosulfites.
IRIDIUM
Les sels doubles acides peuvent de même être envisagés :
Soit comme la combinaison d'un sulfite 'rideux acide avec un sulfite alcalin neutre ;
Ir' (S03H)2 + 3 (K2S03)
Soit comme la combinaison d’un iridosulfite alcalin (dérivé de l’acide iridosulfureux) avec un sulfite alcalin acide :
Ir' (S03K)2 + 2 (KHS03) + (K^SOS).
SULFITE IRIDEÜX NEUTRE ET SULFITE DE SODIUM
l Ir'SO3.3(Na2SO3),t0H'^O l Ir" (iNaS03)2.2(Na2S03),10H"-0
Préparation. — On addilionne une dissolution de chlorure indique, ou de sesquichlorure d’iridium, d'un grand excès de sulfite acide de sodium ; la liqueur se décolore, puis, lorsqu’on la cliaufTe, elle donne, par suite d’une série de réactions assez compliquées et peu connues, divers produits, savoir :
1° Un précipité blanchâtre, amorphe, qui se forme immédiatement, mais sur la composition duquel on ii’e.st pas fixé, et des écailles nacrées, jaune clair, qui se déjiosent par refroidissement. Ces dernières peuvent être séparées par lévigation, c’est le sulfite irideux double, neutre, qui correspond au sulfite platinosodique de Litton et Scbnederinann ;
2“ Par évaporation des eaux mères, on obtient d’autres cristaux qui constituent un sulfite acide; celui-ci cristallise, suivant les conditions, avec des quantités d’eau variables qui lui donnent des aspects différents (Voir plus bas).
Propriétés. — Écailles nacrées, d’un jaune clair, presque insolubles dans l’eau froide, décomposables par l’eau bouillante.
Les acides minéraux dilués le décomposent avec dégagement d’anhydride sulfureux, et formation d’un sel d’iridium dont les alcalis et les carbonates alcalins précipitent soit du sesquioxyde d’iridium, soit du bioxyde d’iridium, suivant la nature du sel (Seubert, Deut. chem. GeselL, t. XI, p. 1761).
SULFITE IRIDEUX ACIDE ET SULFITE DE SODIUM
( Ir-(S0''îH)2.3(Na2S03)-f aq ] Ir"(NaS02)2.2(iNalIS08).{Na2S03)-l- aq
Préparation, — Les eaux mères d’où le sel neutre précédent s’est précipité, laissent, par évaporation, déposer un sel acide qui, suivant les conditions de concentration ou de température, cristallise avec des quantités d’eau variables,
204 ENCÏCLOPÉDli: CllIMiyüE
(a) Par évaporaüoii à chaud, on obtient le sel ;
Ir' (SO'‘H)2.3 (Na2SO») + 4I12Ü.
<b) Par évaporation spontanée à froid, on obtient un autre hydrate : lr'(SOni)-2.3fNa2SO') + dOH^O.
Propriétés. — Le sel (a) cristallise en aiguilles larges, aplaties, blanchâtres.
Le sol (6) cristallise en fines aiguilles brillantes groupées en étoiles (Seuberf, loc. cil.).
On a vu plus haut qu’il se formait un précipité blanc dans la réaction d’un sulfite acide sur un chlorure d’iridium. Claus, qui est le premier à avoir étudié cette réaction, donne au précipité obtenu â l'aide du sulfite acide de potassium lu füi inule suivante, â laquidle nous laissons la forme dualistique :
lr0(S02)L3K2S0' ou IrO.âK^O.SSO*
Ce sel, peu soluble dans l’eau froide, se dissout dans l’acide chlorhydrique étendu en donnant lieu à un dégagement d’anhydride sulfureux, et la liqueur donne, par évaporation, des cristaux prismatiques qui auraient pour formule ;
Ir0(S02)2.6KCl.
Claus a obtenu ces dérivés d’eaux mères provenant de la préparation des sulfites de sesquioxyde d’iridium. Ces formules sont peu admissibles, et le mode d’obtention de ces sels permet d(! supposer que ce ne sont i)as des combinaisons définies, mais des mélanges (Claus, Journ. für prackt. Chem., [I], t. XLII, p. 359).
Dans l’action des sulfites acides sur les dissolutions des chloroiridites ou des chloroiridates, il se produit une coloration [lassagôre rouge. Pour obtenir ce produit, qui semble être peu stable dans ces conditions, Seubert a fait réagirl’acide sulfui’oux sur la solution du chloroiridate d’ammonium tni cliaulTant vers 70“. Il se produit d’abord du chloroiridite d'ammonium qui se dépose, pendant qu’il se dégage de l’acide chlorhydrique.
Les eaux mères étant refi-oidies brusquement fournissent des cristaux d’un rouge orangé, brillants, très solubles dans l’eau; pour les purifier, on additionne leur solution aqueuse d’alcool absolu; il se précipite une huile rouge, très dense, qui se prend en une masse rouge brique.
Ces cristaux ont une réaction acide. Ils ont pour com[iosition :
lrC12.S03H2.4AzH SCI.
iniDlDM
Ils représentent un corps à fonction acide, susceptible de chasser l’acide carbonique des carbonates, et de se combiner aux alcalis pour former des sels.
I.e sel de potassium la) et le sel d’ammonium (6) ontpour formules respectives :
(a) IrCP.S03Ka.4AzH<Cl
(b) IrC12.S03(AzlH)3.4AzH'Cl.
(Seubert, loc. cit.).
La constitution de ces sulfites ammoniés ne nous est pas davantage connue.