COMBINAISONS DE L’IRIDIUM AVEC LE CARRONE
Lorsqu’on chauffe au rouge blanc, dans un creuset de terre n'ifractaire, de l’iridium avec du carbone, si celui-ci est absolument pur, l’iridium n’augmente pas de poids; ces deux corps ne semblent donc pas pouvoir se combiner directement ensemble. Si l’on emploie du charbon de bois ordinaire, l’iridium augmente de poids ; mais l’analyse montre, lorsqu’on grille le produit dans un courant d’oxygène, qu’il ne se dégage pas d’acide carbonique, et qu’il se forme de la silice, dont on doit attribuer l’origine aux cendres siliceuses du charbon. (Berzélius).
Boussingault a répété cette expérience et l’a confirmée. En chaulTant l’iridium avec une brasque silicifère, il a obtenu des augmentations de poids très notables, variant de il,7 à 7,0 "/o ; il a reconnu que cette augmentation de poids était uniquement due à du silicium : il explique ce phénomène en admettant que la silice est réduite par le carbone à température très élevée et que le silicium, à mesure de sa production, est retenu par l’iridium au lieu d’tUre entraîné par les gaz du foyer, comme cela a lieu lorsqu’on calcine un mélange de silice et de charbon seuls ; en effet, dans ce cas, on ne trouve pas de silicium libre dans le mélange après son refroidissement à l’abri de l’air (Boussingault, Compt. rend. Acad, des Sciences, t. I.XXXll, p. 591 ; — Ann. Chim. et Phys., [5], t. VIII, p. 145 à 175).
I.’iridium, chauffé dans la flamme de l’alcool, se recouvre d’une couche noirdtre qui prend feu par l’élévation de température au contact de l’air, et brûle en laissant un résidu d’iridium pur. Pour isoler cette combinaison, il faut la jeter dans l’eau à mesure qu’elle a pris naissance : c’est un carbure qui renferme 19,2 ®/o de carbone et 80,2 ®/'o d’iridium, et correspond ainsi à la formule IrC*. Ce carbure prend également naiss.ance quand on réduit les oxydes d’iridium dans un courant de vapeur d’alcool, d’éther, ou d’hydrocarbures. (Berzélius, Pogyend. Ann., t. XIII, p. 435, 527; t. XV, j». 208.)
La seconde expérience de Berzélius est en contradiction avec la première et avec celle de Boussingault. Il est plus probable que le corps dont il a observé la formation, dans la seconde expérience, n’est pas un carbure, mais une dissolu-
IRIDIUM
tion de carbone dans l’iridium; un phénomène analogue se produit avec le palladium et avec le rhodium.
Les recherches de Moissan, effectuées sur le platine, le palladium, l’iridium
le rhodium confirment cette opinion.
On fond l’iridium, comme on l’a vu pour le palladium et comme on le verra pour le rhodium, avec un peu de charbon de sucre, dans un creuset de charbon muni de son couvercle et placé lui-même dans un creuset rempli de charbon de sucre. On opère au four électrique avec un courant de 300 ampères et de 50 volts.
On obtient ainsi un culot de métal bien fondu, qui est recouvert de cristaux de graphite; ce métal est inaltérable; il se lime bien; il renferme de 0,63 à 0,84 «/o de graphite. Ce métal, déjà carburé, a été chauffé de nouveau dans les mêmes conditions, avec un courant de 930 ampères et de 30 volts; les qualités du nouveau métal étaient les mêmes que précédemment; il ne renfermait que du carbone (1,07 à 1,19 a/g sous forme de graphite. L’iridium dissout donc le carbone et l’abandonne par refroidissement, sans former avec lui de carbure (Moissan, Compt. rend. Acad, des Sciences, t. CXXIII, p. 10; — Bull. Soc. chiin., [3], t. XV,
KNCYCLOPÉDIE CimilQl'E
COMBINAISONS DE L’IUIDIUM