‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 17e cahierChapitre 15 sur 207 · II. — HYDRURE DE PALLADIUM · texte numérisé non relu

II. — HYDRURE DE PALLADIUM

Wurtz ayant découvert un hydrure de cuivre Cu®H’ fourni par la réaction de l’acide hypophosphoreux sur le sulfate de cuivre, et Wanklyn un hydrure de fer résultant de la réaction de l’iodure ferreux sur le zinc-éthyle, il était logique de chercher si le palladium, dont l’affinité pour riiydrogène est si grande puisqu’il s’y combine directement, ne pourrait aussi former par voie chimique un hydrure analogue. Les essais tentés dans cette voie n’ont pas donné de résultats conformes aux prévisions théoriques.

Graham {Ann. Chim. et Phys. [4], t. XIV, p. 32:2) et Wurtz {Compt. rend. Acad, des Sciences, t. LXVIII, p. 111) ont fait réagir l’acide hypophosphoreux, le premier sur le sulfate palladeux, le second sur le chlorure palladeux : ils ont obtenu un précipité noir, colloïdal, très difficile à recueillir, car il passait à travers tous les filtres, et très instable, car il se décomposait à 0“ en dégageant une grande quantité d’hydrogène. Le résidu final était un corps pulvérulent, noir, amorphe, qui non seulement ne renfermait pas d’hydrogène, mais qui de plus était incapable d’en condenser dans aucune condition ; ce n’était donc ni un hydrure, ni un métal ; sa constitution était inconnue.

Engel a répété cette expérience à deux reprises. D’abord il a observé que ce précipité noir relient de l’hydrogène, et qu’il le perd soit quand on le fait bouillir avec de l’eau dans laquelle passe un courant d’acide carbonique, soit lorsqu’on le chauffe au rouge naissant dans un courant de ce gaz ; mais il en renferme 10 à 12 fois moins que le composé Pd*IU. Il perd son activité si on le chauffe au rouge vif ; mais, si on l’a porté seulement à 100°, il reprend de l’hydrogène quand on le remet en présence d’acide hypophosphoreux. Il réagit sur l’acide hypophosphoreux et le transforme entièrement en acide phosphoreux sans trace d’acide phosphorique, et la quantité d’hydrogène qui se dégage est presque théoriquement celle qui correspond à la transformation de l’acide hypophosphoreux en acide phosphoreux. Engel explique ainsi le mécanisme de la réaction :

1° Cet hydrure s’empare de l’hydrogène de l’acide hypophosphoreux et l’abandonne aussitôt; 2“ le résidu de l’acide hypophosphoreux complète sa molécule en décomposant l’eau, formant de l’acide phosphoreux, et donnant un nouveau dégagement d’hydrogène. Une lame de palladium hydrogéné préparée par le procédé de Graham ne détermine aucun phénomène analogue (Engel, Compt. rend. Acad, des Sciences, t. GX, p. 786).

PALLADIUM

l’ius tard, Engel a observé que le corps ainsi précipité (métal ou hydrure) pouvait oxyder une quantité illimitée d’hypophospliite de baryum, lequel se transforme ainsi en phosphite avec dégagement d’hydrogène, et qu’il décomposait à froid riiypophospliite de cuivre encore avec un dégagement d’hydrogène, mais alors en donnant de l’acide hypophosphoreux en même temps qu’un dépôt qui est du cuivre métallique et non de l’hydrurede cuivre. Le palladium provoque donc à la fois une o.xydation et une réduction.

(Ph0ni2)2Cu -f 2 H®0 = 11“ -f 2 (PhO413) ^ Cu.

Le palladium ainsi précipité, étant additionné d’acide hypophosphoreux, réduit à froid, avec dégagement d’hydrogène, non seulement les sels de cuivre, mais encore ceux de bismuth et ceux d’antimoine ; la précipitation est complète (Engel, Compt. rend. Acad, des Sciences, t. GXXIX, p. 518).

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