IV. DÉRIVÉS IIEIAMINKIRIDIQUES
Ces dérivés correspondent en tous points aux dérivés hexaminés du chrome, du cobalt et du rhodium, qui portent les noms de sels lutéochromiques, lutéocobaltiques et lutéorhodiques.
Ils ont, comme eux, pour formule générale :
l (Ir2,12AzH-'<)X« {J.)
i (Ir. 6AzH3)X3 . [P.)
Dans cette formule, X représente un élément monovalent quelconque, et les 6 atomes de cet élément peuvent êti-e déplacés par six autres éléments monovalents, trois éléments divalents, etc.; en un mot, aucun d’eux n’est lié au radical (Ir^.l2AzII’)''' qui est hexavalent comme le radical aquopentamine iridique. En effet, si l’on traite, même à froid, le chlorure hexamineiridique par l’azotate d’argent, les 6 atomes de chlore jiassent à l’état de chlorure d’argent, et il se forme un azotate hexamineiridique. Uéciproquement, l’azotate liexamineiridique traité par l’acide bromhydrique concentré se transforme intégralement, par suite de l’échange de OAzO'> contre fdlr, en bromure hexamineiridique. Enfin, l’oxyde d’argent humide enlève au chlorure hexamineiridique ses 6 atomes de chlore, et l’hydrate hexamineiridique qui prend ainsi naissance, étant neutralisé par les acides, donne des dérivés hexaminés qui correspondent à ces acides. Sous ce rapport, ils ressemblent aux dérivés aquopentaminés (Ir^.l0AzH^.2IDO) Xf'; mais ils en diffèrent en ce sens qu'ils sont plus stables, et qu’ils ne peuvent, par perte de 2AzII3, se transformer en dérivés penlaminés, comme le font les dérivés aquopentaininés, qui, par perte de 2IDO se transforment en dérivés pentaminés.
Les dérivés hexamineiridiques prennent naissance lorsqu’on fait réagir
(1) PalmaPr, loc. cit., et Zeit. fur anorg. Chem., t. X, p. 376.
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l’ammoniaque concentrée sur un dérivé pentaminé, en opérant à la température de t iO”, et sous pression, en vase clos.
Ils sont solubles dans l’eau, et leur solution est neutre aux réactifs colorés. 1-p.s acides chlorhydrique, bromhydrique, iodhydri([ue, azotique, fluosilicique. Concentrés, les précipitent de leurs dissolutions en donnant- les chlorures, bromures, etc., correspondants. Le chromate neutre et le bichromate de potassium, le dithionate de baryum, les chlorures aurique,mercuriqueet platinique, le sesquichlorure et le tétrachlorure d’iridium, le ferrocyanure de potassium, précipitent leurs dissolutions, en donnant des cristaux microscopiques de sels doubles. Le phosphate de sodium additionné d’ammoniaque, le pyrophosphate de sodium et le ferricyanure de potassium, forment avec eux des combinaisons cristallisées peu solubles dans l’eau ; ces trois réactifs servent à les différencier des dérivés tétraminés et des dérivés aquopentaminés. La combinaison avec le Pyrophosphate de sodium, en particulier, sert aies séparer pratiquement d’avec les dérivés pontaminés; quant au précipité que le dithionate de baryum forme avec eux, précipité qui est soluble dans un excès de réactif et qui se précipite de nouveau sous l’inlluence de l’acide chlorhydrique, il peut servir à les différencier (lualitativement d’avec les dérivés pentaminés. Vis-à-vis des acides, les dérivés hexamineiridiques sont beaucoup moins stables que les dérivés hexamiuerhodiques ou lutéorhodiques, mais plus stables que les dérivés hexaminés du chrome et du cobalt. C’est l’azotate hexamineiridique, dont on verra plus loin la préparation, qui sert de point de départ pour l’obtention de tous les dérivés hexamineiridés.
CHLORURE HEXAMINEIRIDIQUE
i (IrL12AzH3)CI« (J.)
I (Ir. 6AzH3)C13 (P.)
PRÉPARATION
L’acide chlorhydrique concentré ne transformant que partiellement l’azotate hexamineiridique en chlorure, il est préférable, au point de vue du rendement, d’opérer de la façon suivante :
On dissout t partie d’azotate hexamineiridique dans de l’eau, on y ajoute tO parties d’acide chlorhydrique à 20 p. 100, et on évapore à sec au bain-marie; le résidu est, à trois reprises différentes, arroséd’acide chlorhydrique et évaporé à sec. On reprend ce résidu par 10 parties d’eau, et on précipite cette dissolution par 15 parties d’acide chlorhydrique fumant, en opérant à la température de la glace fondante. Les cristaux obtenus sont lavés successivement à l’acide chlorhydri(iue, à l’alcool et à l’éther, et séchés dans un courant d’air sec.
PROPRIÉTÉS
Ce sel, par cristallisation lente dans l’eau, se présente sous forme de grands prismes hexagonaux, aplatis, incolores. Il est soluble dans 4 à 5 parties d’eau à la température ordinaire.
ENCTCLOPÉDLK CHIMKJIJË
Détermination cristallographique :
CLINÜHUOM BIQUE a : b c 0,5843 : 1 : 0,6502 ? = 57',31’
Palmaër le considère comme isomorphe avec le chlorure lutéocobaltique, et il admet que les paramètres sont les mômes que ceux qui ont été donnés pour ce dernier sel par Klein [Liebig’s Annalen, t. CLXVI, p. 188; •— 1873). {Voir la note de la pa(je 238. i
Analyse ;
Calculé.
2Ir. 38.3,00 48,03
(lr2.12Azlh<)G16. 801,22 100,00
CHLOHOIRIDITE DE CllLÜREHE IIEXAMINEIIIIDIQUE
) (Ir2.12AzU3) Cl" + Ir2CI«] {J.)
I (Ir. 6AzH'i) Cl» + IrCDJ (P.)
On dissout 1 partie de chlorure liexamineiridique dans 400 parties d’acide chlorhydrique dilué et bouillant, puis l’on y ajoute une dissolution chaude renfermant une fois et demie la quantité calculée de sesquichlorure d’iridium; on maintient au bain-marie pendant une heure. Ee précipité qui est primitivement volumineux se tasse; on le jette sur un filtre, on te lave successivement à l’eau froide, à l’alcool, à l’éther; on l’essore et on le sèche.
C’est un corps cristallin, gris jaunâtre, se présentant au microscope sous forme de tables carrées, réunies en croix rectangulaires. Il est isomorphe avec le chloroiridite de chlorure pentamineiridique.
Il est assez stable ; l’acide sulfurique concentré ne l’attaque qu’à partir de 190“.
BROMURE IIEXAMINEIRIDIQUE
) (Ir».12Azll»)Br'' (J.)
I (Ir. 6AzH») Br» (P.)
Préparation. — On leprépare en précipitant, par 10 centimètres cubes d’acide bromhydique à 30 p. 100, une solution de 1 gramme de nitrate hexamineiridique faite avec 70 centimètres cubes d’eau. Ee précipité cristallin est lavé à l’acide bromhydrique, à l’alcool et à l’éther, puis séché dans un courant d’air.
IRIDIUM
Propriétés. — Ce sel cristallise en primes hexagonaux aplatis, semblables aux ■cristaux du chlurure correspondant. Il est soluble dans 20 à 30 parties d’eau, à ia température ordinaire.
lODUUEHEXAMINEIRlDIQUE
) (IrM2Az[I»)I>! {J.y
I (Ir. 6Azn»)Ir3 {P.)
Préparation. — L’acide iodhydrique, en réagissant sur une dissolution de nitrate hexamineiridique, donne un précipité qui renferme bien l’iodure correspondant, mais qui est mélangé de nitrate.
Pour préparer l’iodure pur, on sature par l’acide iodhydrique à iO p. iOO de Hl, une dissolution concentrée d’hydrate hexamineiridique. Le précipité, qui est assez volumineux, est essoré, puis lavé à l’alcool et séché.
Propriétés. — Le précipité microcristallin primitivement formé est presque incolore ; il apparaît comme un mélange de tables hexagonales et d’octaèdres; une fois recristallisé dans l’eau, il se montre sous forme de tables prismatiques ■et de pyramides incolores. Il est soluble dans 90 parties d'eau h -f 18°.
HYDRATE HEXAMINEIRIDIQUE
\ (lr2.12A/n3) (011)6 (J.)
I (Ir. GAzH'*J(OH)3 (P.)
Lorsqu’on triture le chlorure hexamineiridique ,avec un peu d’eau et 3 fois la quantité théorique d’oxyde d’argent, et qu’on filtre pour éliminer l’oxyde d’argent employé en excès ainsi que le chlorure d’argent formé dans la réaction, on obtient un liquide qui renferme en solution l’hydrate hexamineiridique.
Ce liquide, qui est incolore et alcalin aux réactifs colorés, déplace à froid l’ammoniaque de ses combinaisons, et attire l’acide carbonique de l’air; saturé par les acides chlorhydrique, iodhydrique, etc., il reproduit le chlorure, l’iodure hexamineiridique ; il donne, dans les solutions des sels de zinc et d’aluminium, un précipité de l’hydrate correspondant qui est soluble dans un excès de réactif.