II. — SESQUICHLORURE DE RHODIUM HYDRATÉ
Rh-Cl«,8H-0.
PRÉPARATION
1° On traite le chlorure double de rhodium et de potassium Rh*CI“.4 KCI dissous dans l’eau, par un léger excès d’acide hydrofluosilicique; la liqueur filtrée, privée du sel de potassium, est évaporée à sec; le résidu est repris par l’eau, afin d’éliminer un peu de fluosilicate de potassium; enfin, la liqueur filtrée de nouveau est évaporée àsec afin de chas.ser l’excès d’acide fluosilicique (Berzelius).
2° On dissout dans l’acide chlorhydrique le sesquioxyde de rhodium hydraté, après l’avoir préalablement privé par des lavages à l’acide azotique faible des traces de potasse ou de soude qu’il entraîne lorsqu’on le précipite par ces alcalis; la liqueur est ensuite évaporée à sec au bain-marie (Clans, N. Petersb. Akad. BwIL,II,p.l80).
En pratique, il est impossible d’enlever au sesquioxyde, par des lavages aux acides faibles, tout l’alcali qu’il retient. On a conseillé de reprendre par l’alcool
absolu le mélange de sesquiclilorure et de chlorure double que l’on obtient en dissolvant dans l’acide chlorhydrique le sesquioxyde récemment précipité par la potasse ou la soude du chlorure double de potassium ou de sodium. L’alcool est évaporé à froid pour éviter la réduction du sesquichlorure; enfin, le résidu sec est repris par l’eau et la solution filtrée est évaporée dans le vide sec, au-dessus de fragments de potasse ou de chaux vive à la température ordinaire (Debray). Ce procédé est de beaucoup préférable au premier, à condition d’employer de l’alcool absolumentexempt d’aldéhyde ou d’autres produits réducteurs.
3” Le procédé suivant a l’avantage : 1° sur celui de Berzelius, de donner ce chlorure exempt d’alcali; 2“ sur celui de Debray, d’éviter l’emploi de l’alcool qui est la cause presque inévitable de pbénomènesde réduction. 11 permet, de plus, d’éviter la cristallisation préalable d’un chlorure double, et d’opérer directement sur le produit qui résulte de l’attaque du rhodium par le chlore au rouge en présence d’un excès de chlorure de sodium.
Le sel double, ou le produit brut de l’attaque du rhodium par le chlore en présence de NaCl employé en excès, est dissous dans le double de sou poids d’eau; la dissolution filtrée est additionnée de son volume d’acide chlorhydrique (solution des laboratoires) et maintenue au froid pendant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, on sépare le liquide d’avec les cristaux de chlorure de sodium qui se sont déposés, et l’on y fait passer jusqu’à refus, en refroidissan à 0°, un courant de gaz acide chlorhydrique; on maintient la dissolution, placée dans un vase parfaitement bouché, dans une enceinte voisine de 0”, et, au bout de cinq à six jours, on décante de nouveau. La dissolution est évaporée doucement, à température peu élevée, jusqu’à consistance sirupeuse, puis placée dans le vide au-dessus de fragments de potasse, jusqu’à ce que la matière soit assez sèche pour pouvoir être détachée du vase qui la renferme.
(Leidié, Compt. rend. Acad, des Sciences, t. CXXIX, p. 1249.)
PROPRIÉTÉS
On obtient ainsi une matière am orphe, rouge brique foncé, très déliquescente. Celle-ci, chauffée à l’air, se décompose à partir de 100'’-105', en sesquioxyde Rh®0® et HCl. Au-dessous de 100”, entre 90” et 95”, elle conserve encore 41H0; Claus lui en attribuait 8 IHO. Pour la transformer en chlorure anhydre, il faut la dessécher dans un courant de gaz acide chlorhydrique sec; elle est complètement déshydratée à 180”, mais reprend de l’eau quand on n’a pas dépassé cette température; dès 360” (étuve à vapeur de mercure), elle commence à se transformer, dans une atmosphère de chlore ou de gaz acide chlorhydrique, en sa variété anhydre et insoluble lUPCl®; la transformation est très rapide à 440”.
Berzelius prétendait qu’une température élevée le changeait sans décomposition dans sa modification en anhydre et insoluble : cela n’est exact que si l’on opère à l’abri de l’oxygène, dans un courant de gaz acide chlorhydrique, et que l’on ne dépasse pas la température de 440“-450” ; tandis que si, au contraire, on le chauffe sans précautions à l’air, la chaleur le décompose en sesquioxyde et en acide chlorhydrique ; cette décomposition
RHODIUM.
commence dès la température de 100°, mais elle est très lente; elle s’effectue totalement et rapidement à WO“ (Leidié).
11 est soluble en toutes proportions dans l’eau, très soluble dans l’alcool même absolu, insoluble dans l’éther; sa dissolution alcoolique est rougeâtre, sa dissolution aqueuse est jaune.
Chauffé avec l’acide sulfurique concentré, il donne le sulfate de rhodium (Leidié). Bouilli avec un grand e.vcès d’ammoniaque, il donne naissance au chlorure chloropurpuréorhoriique. Clans lui attribue huit molécules d’eau de constitution; mais on a constaté que, suivant les conditions, la quantité d’eau renfermée dans le produit desséché à la température ordinaire dans le vide sec variait d’une expérience à l’autre; il ne semble donc pas être un hydrate défini.
(Leidié), Ann. Chim. et Pliyx. [6], t. XVII, p. 2(53, 264, TlO.tfiompt. rend. Acad, des Sciences, t. CVI, p. 1076, et t. CXXIX, p. 1249.)
Lorsqu’on mélange des dissolutions alcooliques de sesquichlorure de rhodium et de mercaptan, il se forme un précipité jaunâtre, amorphe, auquel Clae.sson donne la formule Rh*(C*H*[H*.S])* (Journ. für prackt. Chem. [2], t. XV, p. 193).