CHLORURES DOUBLES FORMÉS AVEC LE PLOMB, L’ARGENT ET LE MERCURE
Lorsqu’on verse dans une dissolution de sesquichlorure de rhodium une dissolution d’azotate de plomb, d’azotate d’argent ou d’azotate mercureux, on obtient des précipités plus ou moins colorés en rose. Claus (Beitr., 1854, p. 73), les considérant comme des chlorures doubles analogues aux chlorures doubles alcalins, leur a assigné, sans en donner d’ailleurs l’analyse, des formules correspondantes :
Rh*Gl«.3PbCl* — Rh»Cl«.6AgCl — Rh»Cl«.3Hg*Cl>.
En réalité ces précipités ne sont pas des combinaisons, mais plutôt des espèces de laques constituées par du chlorure de plomb, du chlorure d’argent, du chlorure mercureux ayant entraîné avec eux dans leur précipitation des quantités de rhodium souvent assez considérables, mais variables avec la concentration des liqueurs (Leidié),
CHLORURE DE RHODIUM ET CHLORURE LUTÉOCOBALTIQUE.
Rh*Cl»[Co*Cl«.12AzH3].
Lorsqu’on mélange des dissolutions aqueuses de chlorure double de rhodium et de potassium et de chlorure lutéocobaltique, il se forme un précipité jaune pâle complètement insoluble dans l’eau bouillante ainsi que dans l’acide chlorhydrique étendu bouillant. La potasse le décompose, il se dégage de l’ammoniaque, et le résidu se dissout dans l’acide chlorhydrique avec formation de chlorure de rhodium et de chlorure de cobalt (Gibbs, Sill. Amer. Journ. [2], t. XXXVII, p. 57; Journ. fur prackt. Chem. [1], t. XCIV, p. 10).
La formation de ce sel avait été utilisée par Gibbs pour la séparation des métaux du platine entre eux. Cette méthode n’a jamais pu être mise en pratique.
KNCYCLOI'ÉDIE CHIMIQUK.
CHLORURE DE RHODIUM ET CHLORHYDRATES DE MÉTHYLAMINES.
Le sesquichlorure (le rhodium se romhine aux chlorhydrates de inonoinéthylamine, de diméthylamine et de triinéthyhuniue. Ou prépare ces combinaisons en mélangeant les dissolutions concentrées et chaudes du sesquichlorure de rhodium et du chlorhydrate de l'amine, l’ar refroidissement, et surtout par évaporation dans le vide, on obtient le chlorure double cristallisé ; on facilite la cristallisation en employant un excès du chlorhydrate de l’amiiie dans lequel le chlorure double est moins soluble que dans l’eau pure. C’est ainsi que l’on a préparé les corps suivants (Vincent, Coinpt. rend. Acad, des Sciences, t. CI, p. 322) :
1“ Avec la monométhylamine : l{b^CI“.8(AzH-[CIP].IICl).
Longs prismes minces, rouge grenat foncé, anhydres, stables jusqu’à l iO", paraissant orthorhombiques (Vincent).
2” Avec la diméthylamine : Rh«Cl''.6(AzH[CH'']-.HCl),3II*0.
Prismes orthorhombiques rouge grenat,efflorescents (Vincent).
Détermination cristallographique {'). —Leur forme prirnitiveestorthorhombique : mm = 76°,1 (angle des normale.s), è//t = 2,0126. Ils présentent les faces A* 6* A*, cette dernière peu développée.
Calculés. Mesurés.
A* b- en avant. t 53“ 28' 5"
A’de côté. » 70* 17'5"
h^Ji' . 68“ 40' 66 à 68“ 4'0"
mm . 76“ 1' >
(Friedel, Compt. rend. Acad, des Sciinces, t. CI, p. 322.)
3“ Avec la triméthylamine : Rh*Cl“.6(Az[CIF]3.IICl),0 H^O.
Longs prismes rouge grenat, tri'is solubles dans l’eau (Vincent).
CHLDRDNITRATE DE RHDOlUM ET D'AMMDNIUM.
Rh5a8.6AzH*CI,2AzH*AzO'.
Préparation. — On obtient ce corps en ajoutant à une dissolution de sesquichlorure de rhodium de l’eau régale et un grand excès de chlorure d’ammonium, ou à une solution fortement chlorhydrique de sesquichlorure de rhodium de l’azotate d’ammonium ; la li(|ueur aliaudonnée à elle-même laisse déposer au bout d’uii certain temps des écailles d’un rouge violacé semblables à du sesquichlorure de chrome : on les recueille, on les essore sur un corps poreux et on les dessèche dans le vide au-dessus de fragments de chaux vive.
(1) Voir la note de la page 291.
KHÜDIUM.
Propriétés. — Ce corps supporte une température de 100° à 105° sans sa décomposer. Il est insoluble dans les dissolutions saturées et froides de chlorure d’ammonium. Il est très soluble dans l’eau, mais décomposable parelle : pendant cette dissolution, il se forme des produits uitrés et chlorés analogues à ceux (|ui résultent de l’aclioii réciproque des acides azotique et chlorhydrique l'uu sur l'autre et de l’eau régale sur l’ammoniaque; le liquide abandonné à luimôme laisse déposer, par évaporation spontanée, des cristaux du chlorure double Rli^GI“.üAzIPCI,3H-0, et les eaux mères renferment, outre une partie de ce sel, du sesquichlorure de rhodium; d’après Th. Wilm, elles renfermeraient aussi le chlorure double Rh®Cl“.4AzH*CI,2H*0 (Deut. clieni. Geseli., t. XXVI, p. 143). Ce chloronitrate n’est stable qu’en présence de l’eau régale et du chlorure d’ammonium. La formation de ce composé pourrait être ulilisée pour la séparation du rhodium d’avec d’autres métaux lorsqu’on traite la mine de platine par le procédé de Claus pour en extraire le rhodium ; mais alors il faut bien tenir compte de la faible solubilité de ce produit dans l’acide azotique lorsqu’on veut se servir de la solution concentrée de chlorure d’ammonium pour séparer le platine et l’iridium d’avec le rhodium, car, dans ces conditions, les trois métaux se précipiteraient simultanément (').
(Leidié, Ann. Cliim. et Phys, [ü], t. XVII, p. 277.)
Rb. 23,OC pour!00 23,03 23,15 23,23 pour 100.
Az total. 15,51 — 15,95 15,97 15,77 —
Az ammoniacal. 12,41 — 12,43 1 2,40 1 2,33 —
Az nitrique (p. dilf.).... 3,10 - 3,52 3,57 3,39 —
Cl. 47,22 — 47,15 47,00 il fil —
(I) Le mode de formation de ce sel explique l’erreur dans laquelle est tombé Kern, qui, en 1877, décrivit sous le nom de Oatvyum un préiendu métal nouveau, qui n’clait en réalité qu’un mélange en proportions variables d’iridium et de rliodium avec, peut-être, des traces de rutliénium (S. Kern, Chemical Xeuis, t. XXXVI, p. 4, 114,155; Compt. rend. Acad, des Sciences, t. LXXXV, p. 72, 623, 667).
four préparer le dawyum, Kern traitait le sable plalinifère par la méthode de Bunsen; puis il prenait les eaux mères résiduelles, d’où il croyait avoir éliminé co i plètemeut l’iridium, cl, pendant qu’elles étaient encore fortement aciiles, il les cliauffait avec un grand excès de elilorliydrale et d’azotate d’ammoniaque. 11 obtenait ainsi un précipité d’un rouge foncé; il le calcioaitct obtenait un métal dont les propiiétés participaient de celles de plusieurs des métaux du platine.
I.’aulcur de cet ouvrage a en, depuis cette époque, en IS'96, l’occasion d’examiner pour MM. Mattbcy, de Londres, un éebantillon du prétendu dawyum. 11 était composé de:
Iridium.
llbodiiim.
Kli nienls vnlalil.s et Hulin Éléments divers et perles
par dilférence.
En 1898, J.-W. Mallet (Americ. chem. Journ., t. XX, p. 776-783) ayant examiné des cristaux rosés qui réiiotidaiont au si|;nalcment d*un olilorure double de dawyum et de soilium, et qui avaient élé obtenus chez MM. Malthey en évaporaut à siccité les eaux mères prove aiit des Iraitemenls de la mine de platine en présence d’iiii grand excès de chlnriire d’ammonnim et de chlorure de siKlinm, .1 trouvé que le métal qui les con.stituail était un mélange d’iridmm et de rhodium (dont il n’a pas donné les proportions) avec des traces de fer.
ENCYCLOI’ÊDIK CHIMIQUE.