SULFURE DE RHODIUM ET DE SODIUM
lUi-S^3 Na«S.
Préparation. — Ou chauffe en vase clos, à la température de 100°, jusqu’à décoloration complète, une dissolution de chlorure double de rhodium et de sodium additionnée d’une dissolution concentrée de inonosulfure de sodium employé en grand excès; on opère de façon que le volume total du mélange renferme au plus trente-deux molécules d’eau pour une molécule de monosulfure alcalin. Le précipité formé dans ces conditions possède la composition d’un sulfosel Rh-S“.3 Na*S, correspondant au sulfliydrate de sulfure Rh*S^31DS.
Lorsqu’on opère avec des dissolutions très diluées, le volume total du mélange représentant au moins cent dix molécules d’eau pour une molécule de monosulfure de sodium, le précipité est constitué par du sesquisulfure Rh*S“ accompagné de traces d’alcali.
Entre ces deux limites de dilution, il se forme des corps intermédiaires que l’on peut considérer comme le sulfosel primitif plus ou moins dissocié par l’eau.
Enfin, lorsque la dilutiou du mélange dépasse cinq cent cinquante molè-
eûtes d’eau |»our une molécule de monosulfure alcalin, le précipité formé à froid (par suite de la transformation du monosulfure de sodium en soude et hydrogène sulfuré) est jaune et constitué non par le sescpiisulfure, mais parle sesquioxyde, et celui-ci ne se transforme plus ou moins complètement en sesquisulfure que par une ébullition prolongée en présence de la liqueur dans laquelle il a pris naissance. On peut même se servir de cette réaction comme d’une e.\périence de cours propre à montrer l’action de l’eau sur les sulfures dissous : Na'S + 2H^O = 2Na(OH)-f Il^S.
Il en résulte que l’on ne doit pas employer les sulfures alcalins pour préparer le sesquisulfure Rh^S^; en effet, dans les dissolutions concentrées il est accompagné de sulfure alcalin, et dans les dissolutions étendues il peut être souillé de sesquioxyde non transformé, ayant entraîné lui-même un certaine quantité d’alcali.
Propriétés. — C’est un précipité noir, très volumineux, insoluble dans les sulfures alcalins, facilement attaquable par le brome et par l'eau régale, surtout à 100“. Ce corps est inaltérable en présence des sulfures alcalins concentrés, mais il est décomposable par l’eau pure; il ne peut donc être isolé : on met sa formation et sa constitution en évidence par une méthode indirecte «l’analyse analogue à celle qui a été employée pour le sulfliydrale de sulfure. Les acides chlorhydrique et azotique étendus le décomposent en dissolvant le sulfure alcalin et en laissant le sesquisulfure de rhodium.
(Leidié, Ann. Chim. et Phys, [ti], t. XVII, p. ât).').)
Le chlorure double de rhodium et de potassium donne avec le monosulfure de potassium un composé analogue, Jouissant de propriétés semblables.
Enfin, il faut signaler un écueil analytique qui expliquerait jusqu’à un certain point les contradictions apparentes que l’on rencontre dans les ouvrages anciens relativement à la solubilité du sesquisulfure de rhodium dans les sulfures alcalins.
Lorsqu’on précipite par l’hydrogène sulfuré un sel de rhodium en présence d’un sel d’or, d’étain, d’arsenic ou d’anlimoine, et que l’on essaye de séparer le sulfure de rhodium d’avec les sulfures des autres métaux en traitant le mélange des sulfures par un sulfure alcalin, le sesquisulfure de rhodium se dissout dans ce réactif en quantités assez notables à la faveur des autres sulfures qui y sont solubles, probablement par suite de la formation d’un sulfure double, phénomène analogue à celui que Riban (Bull. Soc. chim., t. XXVIII, p. 211) a signalé pour le sulfure de platine (Leidié, Ann. Chim. et Phys, [ti], t. XVII, p. 3Ü0).
COMBINAISONS DU BIIODIUM AVEC LE l’IIOSPHORE.
En chauffant dans l’hydrogène le phosphate basique de rhodium, on obtient un résidu d’apparence métallique constitué par du rhodium accompagné d’une assez grande quantité de phosphore (Elans) : ce phospliurc semble être plutôt un mélange qu’une combinaison définie.