COMBINAISONS DU PALLADIUM AVEC L’IODE
lODURE PALLADEUX.
Pdl«.
PRÉPARATION
Le palladium exposé aux vapeurs d’iode brunit lentement ; traité par l’iode dissous dans l’alcool, il brunit ; on a attribué cette réaction non à l’iode, mais à l’acide iodhydrique, car avec l’iode dissous dans le sulfure de carbone, elle ne se produit pas ; chauffé avec de l’iode, tous deux étant en poudre fine, la combinaison est assez lente et toujours incomplète ; avec un mélange d’acide iodhydrique et d’acide azotique elle s’effectue aussi avec lenteur et incomplètement ; cela tient à ce qu’une couche d’iodure palladeux insoluble dans ces dissolvants revêt le métal non attaqué et préserve l’intérieur d’une attaque plus complète.
On prépare l’iodure palladeux en précipilant un sel palladeux (le chlorure de préférence) par l’iodure de potassium employé en quantité insuffisante ; on lave le précipité gélatineux à l’eau bouillante et on le sèche dans le vide sec (Lassaigne, Journal de Chimie médicale IX, p. 447; t. XI, p. 57).
On peut remplacer l’iodure de potassium par l’iode dissous dans l’eau :
3PdCl» + 8l=3PdI3 + "2CPI.
(Grampe, Deut. chem. GeselL, t. VII, p. 1721.)
PROPRIÉTÉS
Poudre noire, inodore et insipide, insoluble dans l’eau, l’alcool, l’éther, l’acide iodhydrique étendu, peu soluble dans l’acide iodhydrique concentré (ce qui le différencie d’avec le platine), assez soluble dans les dissolutions concentrées d’iodure de potassium. Si on le dessèche simplement à l’air, il retient toujours environ 5,05 pour 100 d’eau, ce qui représente à peu près une molécule d’eau pour la formule PdI®,H*0 (Lassaigne, loc. cit.). A100°, il n’abandonne que des traces d’iode; de 300° à 360° il se décompose pre.sque complètement ; les dernières traces d’iode ne peuvent être chassées que par un courant d’hydrogène au rouge vif (H. Rose).
La potasse aqueuse à l’ébullition le décompose en donnant de l’oxyde paliadeux noirâtre; l’ammoniaque donne lieu à la formation d’iodure de palladoammonium (Lassaigne). L’insolubilité presque absolue de ce composé en fait un des réactifs de l’iode le plus sensible que l’on connaisse; une dissolution contenant quelques dix-millièmes d’iodure de potassium à laquelle on ajoute du chlorure palladeux prend une teinte rouge, mais le précipité ne se manifeste avec sa couleur noire que si l’on fait bouillir pendant quelques inslants la liqueur; celle-ci alors devient incolore (Lassaigne. Journ. Chim. méd. [3], t. 7, p. 142; JoMrw. Pharm. et Chim. [3], t. XIX, p. 428).
L’iodure palladeux forme, comme le chlorure et le bromure palladeux, des iodures doubles ou iodopalladites.
lODOPALLADITE DE POTASSIUM.
Pdl=.2 Kl.
On dissout, jusqu’à saturation, de l’iodure palladeux dans une dissolution concentrée d’iodure de potassium ; le sel double se dépose par évaporation du dissolvant.
Cristaux cubiques, d’un gris noirâtre, très hygroscopiques (Lassaigne, loc. cit.).
lODURE PALLADIQUE.
Pdl*.
Ce composé, pas plus que le bromure palladique, n’est connu à l’état libre ou sous forme d’iodure double.