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PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DU PALLADIUM

Le palladium natif est dimorphe : il cristallise tantôt dans le système cubique, tantôt dans le système hexagonal. On a rencontré dans les sables platinifères du Brésil, de Saint-Domingue, de l’Oural, des agglomérats d’apparence fibreuse, se laissant facilement séparer de la masse environnante qui renferme les autres métaux de la mine du platine, et résoudre par clivage en octaèdres réguliers de palladium pur. Celui qui a été trouvé à Tilkerode est cristallisé en prismes hexagonaux microscopiques, clivables suivant la base : il est blanc et brillant et se sépare facilement, lui aussi, des lamelles d’or compact qui l’emprisonnent (Rose, Poggend. Ann., t. LV, p. 329; t. LXXYII, p. 143,150).

L’aspect du palladium est intermédiaire entre celui du platine et celui de l’argent. La densité du palladium fondu, primitivement donnée par Cloud, Cock, Wollaston, Lampadius, comme comprise entre 11,04 et 11,85, comme égale à 12 par Vauquelin, à 12,14 par Lowy, est réellement plus faible. H. Sainte-Claire Deville et Debray ont fixé à 11,40 la valeur de la densité du palladium pur, fondu et non écroui, prise à la température de 22“,5. Violle (1878) lui a donné pour valeur à 0“ : D = 11,97. Le palladium est un peu moins ductile que le platine; sa dureté est égale à celle du platine; sa ténacité est plus grande que celle du platine et que celle de l’argent (Baudrimont) ; il se laisse facilement laminer et forger; tes fragments de palladium pur peuvent être agglomérés par la chaleur (Biewend), car il possède, comme les autres métaux de la mine du platiue, la propriété de se ramollir avant de fondre et par conséquent de se souder à lui-même à une température inférieure à 1500°. C’est le plus fusible des métaux du platine; il fond sous l’influence d’un feu de forge alimenté par l’oxygène ou d’une soufflerie alimentée par le gaz d’éclairage et l’air. Vauquelin en facilitait la fusion en l’additionnant d’un peu de soufre qu’il chassait ensuite en élevant la température; mais le métal ainsi obtenu est toujours cassant, parce qu’il retient des traces de soufre que la chaleur est impuissante à lui enlever et qu’une oxydation énergique, comme la fusion au chalumeau oxyhydrique, peut seule chasser entièrement ; la perte en palladium est alors considérable. Despretz l’a fondu avec 000 éléments Bunsen {Conipt. rend. Acad, des Sciences, t. XXIX, p. 545). On doit pouvoir volatiliser facilement le palladium au four électrique, étant données les observations de Moissan sur la volatilité du platine réalisée dans ces conditions.

La chaleur spécifique croît régulièrement avec la température. D’après Violle, elle est de :

0,0592 entre 0° et 100°.

0,0634 — 0° et 626°.

0,0046 — 0° et 892°.

0,0694 — 0° et 1161°.

0,0698 — 0° et 1200°.

0,0714 — 0° et 1265".

PALLADIUM

La chaleur spécifique moyenne, entre 0° et T°, est donnée par la formule =0,0582+ 0,000010 T, dont les coefficients ont été déterminés par les mesures faites entre 0° et 1300“ qui sont citées ci-dessus; les températures ont été évaluées, soit indirectement par comparaison avec une masse de platine, soit directement au moyen du thermomètre à air.

La chaleur spécifique vraie à T“, ^ , est alors exprimée par la formule f = 0,0582+0,000020T; ce qui donne :

(Violle, Compt. rend. Acad, des Sciences, t. LXXXVIl, p. 981.)

Régnault avait donné comme valeur de la chaleur spécifique moyenne le nombre 0,059-28 {Ann. Chim. et Phys. [2], t. LXXIII, p. 47).

En coulant dans un calorimètre du palladium fondu et pris à la température même de sa fusion, et connaissant sa chaleur spécifique à la température de l’expérience, on a déterminé la chaleur totale de fusion qui est de 146'',! pour 1 gramme de métal; si l’on retranche de cette chaleur L = 146“, 1 la quantité de chaleur 109",8 nécessaire pour échauffer 1 gramme de palladium de 0“ à 1500“, quantité de chaleur donnée par le calcul, on a, par suite, la chaleur latente de fusion du palladium X = 30“,3. La formule C* =0,0582 + 0,0000101 permet alors de calculer la température de fusion, en admettant que cette formule obtenue par extrapolation soit applicable jusqu’au point de fusion. C’est par cette méthode, et aussi en opérant comparativement avec une masse de platine dont on connaît les constantes physiques, que Violle a fixé à 1500“ le point de fusion du palladium (Compt. rend. Acad, des Sciences, t. LXXXIX, p. 702). Becquerel avait donné tes nombres moyens: 1460°-1480“ déterminés au pyromètre thermo-électrique, et 1360°-1380“ déterminés au pyromètre à air (Compt. rend. Acad, des Sciences, t. LVII, p. 855).

Holborn et Wien (Journ. ofthe cheiii. Soc., f. LXX, ü, p. 87)'ont récemment vérifié la valeur de ce point de fusion, en comparant un couple thermo-électrique de Le Chalelier avec le thermomètre à air, et ont trouvé le nombre très voisin de 1587“.

Le coefficient de dilatation linéaire du palladium forgé et recuit est égal à 0,00001176 entre 0“ et 100“ (Fizeau, Compt. rend. Acad, des Sciences, t. LXVIII, p. 1125).

Le coefficient de conductibilité calorifique est de 7,3 dans le vide et de 6,3 dans l’air (celui de l’argent = 100) (Wiedemann et Franz, Ann. Chim. et Phys. [3], t. XLI, p. 107). Le coefficient de conductibilité électrique est de 5,9 à la température ambiante d’après Iliess, et de 12,64 à + 17“,2 (celui de

l’argent = 100) d’après Matthiessen {Poggend. Ann., t. GUI, p. 428). Il est égal à 13,977 quand il a été écroui par son passage au travers d’une filière (Becquerel, Ann. Chim.et Phys. [3], t. XVII, p. 254).

Les longueurs d’ondes des raies brillantes du palladium, avec leur intensité relative, ont été déterminées par Thalèn (Ann. Chim. et Phys. [4J, t. XVIII, p. 237). Son spectre montre un assez grand nombre de raies brillantes dont les longueurs d’ondes sont comprises entre :

X=()12(x,9 et X = 42l,|i2 avec une raie principale dans le bleu correspondant à X = 478, g.7.

Dans ses recberches sur les flammes colorées, Gouy a fait voir que certains métaux, volatilisés par un artifice particulier dans les flammes du gaz, donnent sur une très petite hauteur un spectre qui se rapproche du spectre électrique du même métal ; le palladium a été essayé sans donner de résultats (Ann. Chim. et Phys. [5], t. XVIII, p. 100).

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