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PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DU PALLADIUM

Le palladium s’unit directement à presque tous les métalloïdes, à des températures variables et dans des conditions diverses.

A la température ordinaire, le fluor (Moissan) et le chlore sont sans action, l’eau de chlore l’attaque lentement (Fischer), le brome dissous dans l’éther l’attaque à peine (Nicklès), l’iode dissous dans le sulfure de carbone ne l’attaque pas du tout (Gmelin et Kraut). Une goutte de teinture alcoolique d’iode versée sur une feuille de palladium donne, après évaporation spontanée de l’iode, une tache noire d’iodure palladeux ,(Berzelius), réaction qui le différencie du platine; mais cette réaction est due à l’acide iodhydrique que renferme toujours la teinture d’iode; si l’iode est dissous dans le sulfure de carbone, elle n’a pas lieu. L’acide iodhydrique, en effet, attaque le palladium, commeFargent, avec dégagement d’hydrogène (II. Sainte-Claire Deville, Compt. rend. Acad, des Sciences, t. XLII, p. 894). Au rouge sombre, le fluor (Moissan) et le chlore (Berzelius) le transforment en fluorure et en chlorure.

Le palladium aggloméré par la fusion ou le forgeage n’occlut pas l’oxygène comme il occlut l’hydrogène (Graham); mais le métal très divisé obtenu à l’état de mousse par le grillage et la réduction du cyanure palladeux en occlut des quantités assez notables, surtout si l’on opère dans des conditions spéciales et principalement sous pression (Cailletet et Collardeau. Fotr p. 13).

Le palladium ne s’oxyde pas à la température ordinaire, en présence de l’air ou de i’o.xygène sec ou humide; l’ozone sec ou humide est sans action sur lui. Il s’oxyde facilement au rouge sombre, mais l’oxyde ainsi formé se réduit à température plus élevée; aussi, quand on le laisse refroidir dans l’air après l’avoir

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chauffé au rouge vif, il prend el conserve à sa surface une teinte bleuâtre particulière. Si on le fond dans' une atmosphère oxydante, il roche comme l’argent au moment de sa solidification ; seulement, l’oxygène, ne se dégageant qu’au moment où la couche supérieure du métal est solidifiée, le lingot qui a radié, bien que sa surface soit parfaitement régulière, est caverneux et rempli de soufflures qui nécessitent qu’on le passe au marteau ou au balancier après l’avoir chauffé de nouveau. A la température du chalumeau oxyhydrique, il fond, et se volatilise vers le point de fusion de l’iridium, en produisant des vapeurs vertes qui se condensent en une poussière de couleur bistre, et qui sout constituées par un mélange du métal el de son oxyde (H. Sainte- Claire Deville et Debray, Ann. Chim. et Phys. [3], t. LVI, p. 413).

Dans les essais d’or par coupellation, le palladium n’empêche nullement la surfusion et le phénomène de l’éclair; on peut ajouter jusqu’à 0,022 de palladium à une partie d’or pur ou cuivreux, et à son alliage avec l’argent cuivreux, sans que le phénomène de l’éclair diminue d’intensité (Riemsdyk, Ami. Chim. et Phys. [5], t. XX, p.66, 72).

Lorsqu’on emploie le palladium comme électrode positive dans l’électrolyse de l’eau acidulée, il s’oxyderait d’après F. Wëhler, et se couvrirait, au bout de plusieurs heures, d’un dépôt noirâtre de peroxyde susceptible de dégager du chlore en présence d’acide chlorhydrique et de l’anhydride carbonique en présence d’acide oxalique {Ann. der Chem, und Phann., t. CXLVI, p. 352).

Il s’unit au soufre, au sélénium, sous l’influence d’une légère élévation de température avec dégagement de chaleur et de lumière; la combinaison s’effectue moins énergiquement avec l’arsenic el le phosphore ; elle u’a lieu qu’au rouge blanc avec le silicium; il ne se combine pas au carbone (Th. Wilm; Moissan. Voir p. 84).

Le palladium ne décompose l’eau à aucune température, quelque élevée qu’elle soit (Régnault). L’acide chlorhydrique gazeux n’est pas décomposé vers 550°, ce qui s’explique par la faible chaleur de formation de ses chlorures, et par leur défaut de stabilité à la température nécessaire pour provoquer la réaction entre le gaz et le métal (Berthelot, Ann. Chim. et Phys.[b], t. XVI, p. 433).

L’acide chlorhydrique en dissolution concentrée attaque à peine le palladium s’il est compact ; s’il est au contraire en feuilles minces ou en limaille, ou s’il est très divisé comme celui qu’on obtient en réduisant certains sels par l'hydrogène au rouge ou bien certaines dissolutions par le fer, le zinc ou les formiates alcalins, la dissolution s’effectue plus facilement : elle est hâtée par le contact de l’air, surtout à chaud (Gock, Fischer, Th. Wilm), et par un courant de chlore (Fischer). L’acide azotique étendu l’attaque lentement; concentré (D = 1,35), et surtout s’il est chargé de produits nitreux, il le dissout facilement (II. Rose); l’alliage avec le cuivre ou avec l’argent le rend attaquable par l’acide azotique étendu (Gock). L’eau régale le dissout très rapidement; la dissolution peut servir à préparer soit l’azotate palladeux, soit le chlorure palladeux, soit le chlorure palladique, suivant que c’est l’acide azotique ou l’acide chlorhydrique ou le mélange des produits chlorés fournis par l’eau régale qui prédomine à la fin dans la dissolution (Fischer, Rose). L’acide iodhydrique ne

l’allaque que s’il est concentré, en donnant de l’iodure palladeux et de l’iiydrogène; cette attaque a lieu dès la température ordinaire (Rose ; II. Sainte-Claire Deville). Il réduit l’acide sulfureux lorsqu’on le chauffe dans un courant de ce gaz,

11 seformedu sulfure palladeux et de l’anliydridesulfurique (\]h\, Deut. chem. GeselL, t. XXIII, p. 2151). L’acide sulfurique concentré le dissout à l’ébullition avec dégagement d’acide sulfureux et formation de sulfate palladeux (Fischer); ce dernier prend aussi naissance par l’action du bisulfate de potassium fondu au rouge vif. La fusion avec la potasse et le nitrate de potassium ne l’oxyde pas.

Le palladium s’unit à la plupart des métaux en donnant des alliages intéressants par leurs propriétés. Il est déplacé de ses dissolutions par le fer, le zinc, le magnésium, le platine, le .mercure; il réduit la solution de perchlorure de fer et s’y dissout en petite quantité (Saint-Pierre, Conipt. rend. Acad, des Sciences, t. LIV, p. 1077); c’est le seul métal qui déplace le mercure de son cyanure : c’est là la réaction qui a permis à Wollaston de l’isoler, après l’avoir caractérisé par sa solubilité dans l’acide azotique.

Une des propriétés les plus remarquables du palladium, propriété qu’on ne rencontre à un degré semblable dans aucun autre métal, c’est la faculté qu’il possède d’absorber l’hydrogène dans des conditions diverses, en augmentant de volume. Celte absorption résulte, non pas d’une occlusion comme il arrive dans le cas de certains corps poreux, mais de la formation d’un alliage ou de la dissolution de l’hydrogène dans le palladium. Le palladium hydrogéné, en raison de son importance, sera étudié à part ( Voir p. 17) ; nous ne signalerons ici que les applications physiques, chimiiiues et analytiques, pour lesquelles on a utilisé cette affinité puissante du palladium pour l’hydrogène.

A basse température, le palladium est imperméable à l’hydrogène; à température élevée, au contraire, il est perméable au plus haut degré et peut même ainsi opérer entre plusieurs gaz une sorte de sélection physique : le passage de l’hydrogène commence à 24ü“ et augmente avec la température. Voici l’explication du phénomène : à la température ordinaire, le palladium absorbe l’hydrogène en quantité inappréciable (à moins que celui-ci ne soit à l’état naissant); il l’absorbe, au contraire, en quantités considérables à partir de 100", et la combinaison qui en résulte est stable à la température ordinaire, mais décomposable avec d’autant plus de facilité que la température est plus élevée. Il conserve donc, à basse température, le gaz qu’il a pu absorber, mais l’abandonne si l’on élève cette température : il en résulte que cette combinaison, qui se détruit à mesure qu’elle se forme, abandonne d’une façon continue le gaz avec lequel elle contracte une union passagère indéfiniment renouvelée : ainsi, une lame de palladium ayant une épaisseur de 1 millimètre et une surface de 1 mètre carré laisse passer en une minute une quantité d’hydrogène qui est de 423 centimètres cubes à 240°, et de 4 litres à 1200" (point de fusion de l’or).

Un tube de palladium, chauffé au rouge vif et traversé par un courant gazeux formé d’acide carbonique et d’hydrogène à volumes égaux, laisse passer seulement le dernier de ces gaz. Dans les mêmes conditions, avec le gaz d’éclairage, il passe en une minute, par mètre carré de surface, 57 centimètres cubes

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d’hydrogène pur, sans traces d’hydrocarbures; ici, il y a décomposition de l’hydrocarbure en carbone qui reste à la surface de contact du gaz d’éclairage avec le palladium, et en hydrogène [Voir plus loin).

On peut faire avec le palladium l’e-xpérience de la lampe sans flamme. On chauffe une lame de ce métal dans un brûleur de Bunsen; puis, lorsqu’elle est chaude, on ferme l’arrivée du gaz, et on la rétablit quand la lame cesse d’être rouge. L'hydrogène provenant de la décomposition des carbures du gaz d’éclairage s’est condensé dans le métal ; au contact du mélange de gaz et d’air, l’oxygène se combine avec l’iiydrogène condensé, dégage de la chaleur, et, déterminant la combustion du gaz, fait rougir le métal. Si l’on répète l’expérience avec un courant gazeux formé d’oxygène et de gaz ammoniac, il se forme de l’eau et, en même temps, soit de l’acide hypoazolique, soit de l’azolite d’ammoniaque, suivant que la proportion d’oxygène est plus ou moins considérable : il y a là un phénomène d’oxydation du gaz ammoniac provoqué par les mêmes causes (Kraut, Deut. chem. GeselL, t. XX, p. 1113).

Sur une spirale de palladium légèrement chauffée, fait-on passer un courant d’hydrogène chargé de vapeurs de chlorure de benzoyle ou de nitrohenzine, il y a, par suite de la réduction opérée par l’hydrogène occlus, formation respective d’acide chlorhydrique et d’un mélange d’alcool et d’aldéhyde benzylique dans le premier cas, d’aniline dans le second (Kolbe, Journ.für prackt. Chem, [’â], t. IV, p. 418).

Si l’on fait passer sur une spirale de palladium rougie un courant d’air chargé d’un hydrocarbure volatil, il se produit la même série de phénomènes que dans la lampe sans flamme : décomposition de l’hydrocarbure, condensation de l’hydrogène, oxydation de celui-ci au contact de l’oxygène et oxydation simultanée du carbure non décomposé : c’est ainsi que le toluène donne de l’eau, de l’hydrure de benzoyle et de l’acide benzoïque ; l’éthylène, de l’eau et de l’acide acétique; le formène, de l’eau et de l’acide formique (Coquillion, Compt. rend. Acad, des Sciences, t. LXXVII, p. 444).

On peut accentuer encore cette propriété du palladium, et même provoquer des combustions, en multipliant de différentes façons la surface du métal, par exemple en employant de l’amiante palladié (Philips, Zeit. fiir anorg. Chem., t. VI, p. 213), ou encore l’oxyde de cuivre palladié (Campbell, Americ. chem. Journ., t. XVII, p. 681); la température à laquelle s’effectue la réaction est plus basse. L’amiante et l’oxyde de cuivre palladiés se préparent en imbibant de l’amiante ou de l’oxyde de cuivre granulé avec une solution concentrée de chlorure palladeux, desséchant, et réduisant à basse température dans un courant d’hydrogène.

Le palladium chauffé jusqu’au rouge blanc ne détermine pas l’explosion d’un mélange d’hydrogène et d’oxygène, de formène et d’oxygène, d’air et de grisou, même dans les proportions d’un volume de formène pour deux volumes d’oxygène; il y a seulement combustion lente et diminution de volume, tandis que ces mêmes mélanges s’enflamment avec une forte explosion à l’approche d’une bougie. Sur ce principe on a construit des appareils appelés grisoumélres, qui permettent d’évaluer approximativement la proportion de gaz carbonés contenus dans les galeries de mines; la graduation est basée sur

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l’évaluation de la quantité d’acide carbonique qui résulte, avec l’eau, de la combustion de carbure d’hydrogène par l’oxygène, combustion qui est déterminée sous l’influence d’une spirale de palladium portée au rouge blanc par un courant électrique : les gaz sont mesurés avant l’expérience et après la combustion suivie d’absorption par la potasse. Un fil de palladium est préférable à un fil de platine; l’explosion est moins violente. Dans les expériences qui ont pour but d’utiliser les grisoumèlres, l’oxygène est toujours en excès; si le contraire avait lieu ou si le gaz carboné se trouvait seul, l’hydrogène mis en liberté serait absorbé par le palladium dont la surface se couvrirait d’un dépôt de carbone (Coquillion, Compt. rend. Acad, des Sciences, t. LXXVII, p. 444; t. LXXX, p. 1089; t. LXXXIII, p. 394, 709; t. LXXXIV, p. 458, 1503 ; t. LXXXV, p. 1106; t. LXXXVII, p. 795).

D’après Ilempel, l’explosion dans ces conditions ne serait pas toujours empêchée {Dent, cltem. Gesell., t. XII, p. 636, 1006).

Le palladium chargé d’hydrogène peut servir de réducteur en chimie organique. Pour cela, on verse sur de la tournure de zinc une solution de chlorure palladeux (à 1 ou 2 pour 100) acidulée par de l’acide chlorhydrique; le zinc se recouvre d’une couche de palladium, on le lave à l’alcool et on le sèche. On place alors ce couple zinc-palladium dans un ballon, on le recouvre incomplètement d’alcool, et on y laisse tomber peu à peu de l’acide chlorhydrique en refroidissant à 0°. L’hydrogène qui se dégage est tout d’abord absorbé; mais, quand il commence à se dégager, on adapte à l’appareil un réfrigérant à reflux et l’on y introduit alternativement le corps à réduire et de l’acide chlorhydrique, en évitant l’élévation de la température. C’est ainsi que Zelinsky a transformé les iodures et les bromures de certains carbures cycliques en carbures correspondants, avec un rendement de 70 à 75 pour 100 (Zelinskv, Dent. chem. Gesell., t. XXXI, p. 3223).

Cette affinité du palladium pour l’hydrogène a trouvé encore des applications curieuses au point de vue physique et au point de vue analytique.

Si l’on elfcctue la décomposition de l’eau par un courant électrique dans un voltamètre dont les deux électrodes sont constituées par des lames de palladium, il arrive que dans les premiers instants de l’opération l’oxygène se dégage seul au ;.pôle positif, et l’hydrogène à ta fin seulement au pôle négatif quand le métal est saturé de ce gaz. Si, au contraire, ces électrodes sont constituées par des masses de palladium pris sous forme de mousse, non seulement le palladium se combine à l’hydrogène, mais il condense aussi de l’oxygène, et le courant passe sans qu’il se dégage de gaz à aucun des deux pôles. De plus, ces deux pôles ainsi chargés d’oxygène et d’hydrogène conservent, après la rupture du courant, une différence de potentiel, de sorte qu’en les réunissant par un fil conducteur on obtient un courant de décharge ; l’appareil est un véritable accumulateur d’énergie électrique qui fonctionne comme la pile à gaz de Grove,maisen donnant des courants beaucoup plus intenses. On observe, comme pour le platine, une période de chute rapide à la décharge, puis un débit constant.

L’expérience devient très intéressante si l’on opère en vase clos et sous

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pression; la quantité des deux gaz occlus augmente, et avec celle-ci la quantité d’énergie électrique accumulée. Ainsi, étant données dos conditions identiques pour la charge de raccuinulateiir, si l’on obtient à la pression atmosphérique 2,4 ampère-heures par kilogramme de palladium, on obtiendra sous la pression de COO atmosphères 176 ampère-heures. A pression égale et à poids égal de matière active, la capacité de l’accumulateur au palladium est trois ou quatre fois plus grande que celle de l’accumulateur au platine.

L’oxygène étant condensé en quantité moindre que l’hydrogène, il faut employer au pôle positif une masse de palladium double de celle employée au pôle négatif; le dégagement des deux gaz est alors à peu près simultané aux deux électrodes, ce qui, étant donnée la composition de l’eau en volumes, semblerait démontrer que l’occlusion de l’o.xygène par le palladium est quatre fois moindre que celle de l’hydrogène pour une pression donnée. Ainsi, pour une pression de 600 atmosphères, le volume de l’hydrogène occlus est égal à 2420 fois, et l’oxygène occlus à 605 fois le volume du métal (les volumes gazeux étant ramenés à la température de 0“ et à la pression de 760 millimètres, la densité du palladium poreux étant prise égale à 11,00).

Les propriétés précédentes semblent être communes aux autres métaux de la mine de platine et en particulier au platine, à l’iridium et au ruthénium, à l’exclusion des métaux qui sont facilement oxydables (Cailletet et Collardeau, Compt. rend. Acad, des Sciencés, t. CXIX, p. 830, 834).

Tschirikolî a proposé l’emploi du palladium pour l’absorption de l’hydrogène ^ui se dégage dans certaines réactions effectuées en tubes scellés, et même pour son dosage ultérieur; il a proposé également de préparer l’hydrogène pur destiné à l’analyse des gaz, en chauffant le palladium hydrogéné {Bull. Soc. «fttm. [2], t. XXXVIII, p. 171).

Mais, lorsqu’on veut doser l’hydrogène dans un mélange gazeux en l’absorbant par le palladium, on rencontre souvent des difficultés inattendues, en raison précisément de cette propriété du palladium de favoriser la combinaison de certains gaz ou vapeurs. Ainsi, lorsque dans un mélange gazeux se trouve de l’oxyde de carbone, on observe des irrégularités et des perturbations dans le coefficient d’absorption. Jahn {Deut. chem. Gesell., t. XXII, p. 989), ayant fait passer sur de la mousse de palladium un mélange d’hydrogène et d’oxyde de carbone, et absorber le produit de la réaction par de l’eau, a observé que celle-ci, après le passage de 2 litres de gaz, possédait l’odeur de l’aldéhyde formique et réduisait l’azotate d’argent ammoniacal ; c’est une synthèse directe : CO + H' = CH-O = (II.COII).

Voici encore une application ingénieuse des propriétés absorbantes du palladium pour l’hydrogène. On sait que l’analyse de l’eau sert à fixer le poids atomique de l’hydrogène et celui de l’oxygène : on pèse l’eau, puis l’oxygène qui résulte de sa décomposition, et l’on déduit par différence le poids de l’hydrogène. Inversement, Keiser {Deut. chem. Gesell., t. XX, p. 2323) fait absorber de l’hydrogène par du palladium, prend le poids de l’hydrure, le décompose par la chaleur et fait passer l’hydrogène sur de l’oxyde de cuivre chauffé. Il connaît le poids de l’hydrogène par différence, et le poids de l’eau formée, par unepesée

Il ENCYCLOl'ÊÜIE CHIMIQUE.

directe : il en déduit le poids de l’oxygène combiné. Il a trouvé ainsi pour le poids atomique de l’oxygène : 0= 15,872 pour 11 = 1,000.

Lorque la réduction d’une des combinaisons du palladium a été effectuée par l’hydrogène à température plus ou moins élevée, on doit toujours laisser refroidir complètement le métal réduit dans un courant d’un gaz inerte, azote ou acide carbonique, pour [éviter l’augmentation de poids du métal et la formation d’eau qui pourrait se produire lorsque l’air aurait accès dans l’appareil.

La mousse de palladium enlève de l’alcool à un mélange d’alcool et d’eau : le mélange qui reste est moins riche en alcool que le mélange primitif ; l’alcool que l’on distille en présence de mousse de palladium est moins riche en alcool que le mélange primitif (Graham).

Le palladium est perméable aux vapeurs d’éther, même à la température ordinaire, mais à un très faible degré dans ce dernier cas (Graham).

L’hélium n’est pas absorbé par la mousse de palladium; cette propriété a été utilisée pour le séparer d’avec l’hydrogène dans les mélanges gazeux (Ramsay, Journ. of the chem. Soc.,l. LXVII, p. 684; Tilden, ibid., t. LXX,p.G56).

Le palladium se comporte comme un métal tantôt divalent, tantôt tétravalent. Il donne deux séries de combinaisons : les composés palladeux PdX- et les composés palladiques PdX*. Les premiers senties plus stables, les plus faciles à préparer, les mieux connus ; les seconds sont moins stables et se transforment facilement sous l’influence de divers réactifs, de l’eau notamment, en composés palladeux.

Les combinaisons du palladium offrent avec celles du platine de grandes analogies ; beaucoup d’entre elles sont isomorphes. Comme le platine, il donne avec l’acide sulfureux et les sulfites alcalins, ainsi qu’avec les azotites alcalins, des sels jouissant de propriétés spéciales. Avec l’ammoniaque il forme des bases, les palladamines, dont la constitution est analogue à certaines plat inamines, c’est-à-dire que l’hydrogène de l’ammoniaque est partiellement remplacé par une quantité équivalente de palladium ; ces bases prennent naissance aux dépens des sels hydrogénés ou oxygénés, sous l’influence de l’ammoniaque en solution aqueuse.

Les combinaisons du palladium sont toutes décomposables par la chaleur, et réductibles par l’hydrogène. Elles sont réduites, sauf les sels de palladoammonium, par l’hydrogène, le phosphore, l’oxyde de carbone, le gaz d’éclairage, le formène, l’éthylène, le phosphure d’hydrogène, l’aldéhyde formique, l’acide formique, le sulfate de fer, l’alcool : la réduction, lente à froid, est hâtée par la chaleur et par la présence d’un excès d’alcali.

Le zinc, le fer, le magnésium, le mercure déplacent le palladium de ses dissolutions; avec les trois premiers métaux le dépôt de palladium renferme une partie de l’hydrogène qu’ils ont dégagé aux dépens de l’eau si la dissolution est acide.

(Wollaston, Vauquelin, Berzelius, H. Rose, Glaus, Fischer, Brünner, Dœbereiner, Bôttger, Voir Index bibliographique.)

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DONNËES THERMIQUES.

Un petit nombre île recherches ont été effectuées sur ce sujet; les données suivantes sont extraites des mémoires de Thomsen, d’Isambert et de Joannis; elles ont été rapportées à la grande Calorie et à Pd = 106,30.

Réactions.

Chaleur dégagée.

Chaleur de formation des l sels halogènes et des hy- é drates de palladium. /

Chaleur de dissolution des chlorures doubles.

Chaleur de formation des chlorhydrates de chlorures en solution aqueuse.

Chaleur dégagée par la 1 dissolution des hydrates • dans l’acide chlorhydrique. ]

(Pd,CF,2KCI).

. 52,67 Cal.

(Pd,Cl*,2KCI).

(Pd,F,H*0).

(Pd,0,H*Oj.

(Pd,02,2H^O).

(PdCPK3,Aq).

.— 13,63 Cal.

(PdCFK3,Aql.

(Pd,CF,2HCIAq).

. 47,92 Cal.

(Pd,Cl*,2HClAq).

(Pd,0,.iHCIAq).

(Pd,O^GflCIAq).

(PdO*H’,4HCIAq).

. 14,93 Cal.

(PdOW,6HCIAq).

Les nombres relatifs aux combinaisons palladiques ne sont qu’approchés, car celles-ci Sont partiellement décomposées par l’eau.

(Thomsen, Journ. fur prackt. Chem. [2], t. XV, p. 435, 454.)

Chaleurs de formation des chlorures et iodures de palladoammonium et de palladodiammonium (1).

f'dCP +2AzH’

Pdl’ 4- 2AzIF

Pd(AzH’)=CP -t-2AzFF Pd(AzH3)4® -f- 2AzlF

Pd(.AzH4=Cl’.. 40,00 Cal.

Pd(AzlF)M*... 34,00 — Pd(AzH3)«CF.. 31,12 — Pd(AzlF)*F... 25,76 —

(Isamhert, Compt. rend. Acad, des Sciences, t. XCI, p, 768.)

(1) La méthode directe (action de l’ammoniaque sur le chlorure ou l’iodure palladeux) n’a pu être employée pour les expériences relatives à la formation de Pd(AzH’)CP et de Pd(AzH*/l*, parce qu’un peu de chlorure ou d’iodure de palladodiammonium prend toujours naissance comme réaction secondaire. On a déduit ces nombres des quantités de chaleur dégagées sous l’inlluence de l’action décomposante que l’acide chlorhydrique exerce sur le chlorure ou sur l’iodure de palladodiammonium suivant les réactions :

Pd(AzH»i‘Cl* + 2HC1 = Pd(AzH’)’Cl> + 2 AzH'CI. Pd(AzH’)‘I> +2HCl = Pd(AzH71‘ +2AzH‘CI.

Chaleurs de formation des chlorure, bromure, iodure, cyanure et oxyde anhydres.

Chaleurs de | neutralisation j (sels inso- , lubies). I

Pd-|-Cl=.—

PdCI® solide.

40,48 Cal.

PdCl- solide 2KC1 dissous =

PdCI®,2KCl solide....

PdCl®,2KCl dissous...

Pd Br® liquide.=

PdBr® solide.

PdBr® gaz.

Pdlîr’ solide -j- 2KBr dissous =

PdBr®,2KBr solide

PdBr®,2 KBr dissous...

Pd-f 1® solide.—

Pdl® précipité.

Pd-f Cy®gaz.=

PdCy® précipité.

Pd -f 0.—

PdO précipité.

PdO précipité-[-2 HCl étendu =

PdCl® précipité-fH®0.

Ca!.

PdO — -l-SHBr — =

PdBr* — -fH®0.

PdO - -|-“211I — =

Pdl® — -f H®0.

PdO - -f2HCy — =

PdCy® — -fH®0.

L’acide cyanhydrique l’emporte donc sur les trois autres hydracides; il décompose non seulement le chlorure et le bromure palladeu.x dissous dans le chlorure et le bromure de potassium, mais encore l’iodure palladeux précipité.

(Joannis, Compt. rend. Acad, des Sciences, t. XGV, p. 295.)

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