‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 1er cahierChapitre 2 sur 171 · CLASSIFICATION DE THÉNARD · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DE THÉNARD

Dans son Traité de chimie, paru en 1813, Thénard divisa les corps simples en métalloïdes et en métaux.

11 réunit les métalloïdes en un seul groupe. 11 adopta pour les métaux une classification artificielle, basée sur leur affinité pour l’oxygène. Cette affinité peut se déterminer d’après trois caractères :

1° Par l’action de l’oxygène sur les métaux ;

2° Par l’action de la chaleur sur les oxydes ;

3“ Par les aptitudes diverses des métaux à décomposer Peau pour se transformer en oxydes.

Nous reproduisons ici cette classification, avec les modifications que Régnault lui a fait subir.

section.

Potassium. Lithium. Strontium.

Sodium. Baryum. Calcium.

Ces métaux s’oxydent facilement; leurs oxydes sont décomposables par la chaleur; ils décomposent l’eau à la température ordinaire.

2" section.

Magnésium. Aluminium. Manganèse. Métaux rares.

Ces métaux ne s’oxydent qu’à une température élevée; leurs oxydes sont irréductibles par la chaleur; ils décomposent l’eau vers 100 degrés.

H® section.

Per. Cadmium. Cobalt. Vanadium.

Nickel. Chrome. Zinc.

Les métaux de la troisième section ne se combinent avec l’oxygène qu’à une température assez élevée; leurs oxydes, indécomposables par la chaleur, se réduisent aisément par l’hydrogène, le charbon et l’oxyde de carbone. Ils décomposent l’eau au rouge, ou à la température ordinaire en présence des acides.

section.

Tungstène. Osmium. Titane. Niobium.

Molybdène. Tantale. Étain. Ruthénium.

Ces métaux décomposent faiblement l’eau au rouge, mais ils ne la décomposent pas en présence des acides. Par suite de leur tendance à former des acides, ils décomposent l’eau en présence des bases alcalines.

5® section.

Cuivre. Plomb. Bismuth.

Les métaux du cinquième groupe sont facilement oxydables ; leurs oxydes, irréductibles par la chaleur, se réduisent facilement en présence de l’hydrogène et du charbon. Ils décomposent faiblement l’eau au rouge blanc, mais ne la décomposent pas, à froid, en présence des acides.

6® section.

Mercure. Rhodium. Palladium. Platine.

Argent. Iridium. Ruthénium. Or.

Dans cette section se trouvent rangés les métaux appelés nobles à cause de leur inoxydabilité. Ils ne décomposent l’eau à aucune température, et leurs oxydes sont réduits par la chaleur.

Thénard fait remarquer que les métaux de la première section donnent les bases énergiques, connues sous le nom d’alcalis et de terres alcalines. Les oxydes de la deuxième section sont des bases moins énergiques, et quelques-uns présentent déjà le caractère d’acides. Un certain nombre d’oxydes de la troisième section sont à la fois acides et alcalins. Les oxydes de la quatrième section sont généralement acides.

Cette classification présente quelques inexactitudes. L’aluminium et le magnésium, qui sont rangés dans la deuxième section à côté des métaux décomposant l’eau à 100 degrés, ne la décomposent en réalité que vers 1000 degrés. D’autre part, l’argent décompose faiblement l’eau vers le rouge (H. Deville et Debray).

On remarquera, au sujet de ce dernier métal, qu’il est placé arbitrairement dans la section des métaux précieux, tandis que, d’après l’ensemble de ses propriétés, il devrait être rangé parmi les métaux alcalins. Le zirconium se trouve de même séparé du titane et de l’étain, avec lesquels il offre tant d’analogies. L’aluminium n’est pas non plus à sa place véritablei

Il serait fastidieux de relever une à une toutes les imperfections de cette classification. On doit pourtant lui rendre cette justice qu’à l’époque où elle a paru elle constituait un véritable progrès, et qu’elle a été pendant longtemps féconde en résultats.

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