KS4-S
NaS 4- SS.
Action de la chaleur. — Un certain nombre de sultures sont volatils sans décomposition. Tels sont ceux d’arsenic, de mercure, de cadmium, d’étain. Les sulfures des métaux précieux sont réduits par la chaleur à l’état métallique ; toutefois, le sulfure de l’argent fait exception. Il y a donc une certaine corrélation, au point de vue de l’action de la chaleur, entre les sulfures et les oxydes correspondants ; mais on remarque que les sulfures présentent d’ordinaire une stabilité plus grande.
Quelques sulfures métalliques sont ramenés par la chaleur à un degré de sulfuration inférieur. Ainsi, le bisulfure d’étain se transforme en protosulfure, le pentasulfure d’antimoine en trisulfure, et la pyrite martiale perd la moitié de son soufre.
Action du soufre. — Le soufre, fondu avec les protosulfures, les transforme en polysulfures. Les sulfures complexes auxquels peuvent ainsi donner naissance les sulfures alcalins sont très nombreux; c’est ainsi qu’on a préparé cinq sulfures de potassium différents.
Action de l’oxygène sec. — Au point de vue de la façon dont ils se comportent quand on les chauffe en présence de l’oxygène sec, les sulfures peuvent se diviser en trois groupes distincts :
1“ Les sulfures alcalins et alcalino-terreux, ainsi que le sulfure de magnésium, se transforment en sulfates, d’après l’équation :
MS 4- 40 = MSOL
Quand le sulfure est très divisé, comme le sulfure qu’on obtient en calcinant
un mélange intime de sulfate de potasse et de noir de fumée, il s’enflamme au contact de l’air (pyrophore de Gay-Lussac).
2“ Les sulfures des métaux ordinaires (fer, cuivre, plomb) donnent, au rouge sombre, un mélange de sulfate et d’oxyde, et il se dégage de l’acide sulfureux. A une température plus haute, on n’obtient que de l’oxyde et de l’acide sulfureux.
3° Les sulfures des métaux précieux se transforment en mêlai et en acide sulfureux, par suite de la décomposition que subissent leurs sulfates sous l’action de la chaleur. Le sulfure d’argent donne d’abord du sulfate, qui se détruit, au rouge blanc, en laissant un résidu d’argent métallique.
Action de l'oxygène humide. — L’oxygène agit à froid sur les sulfures humides, en les transformant en sulfates. C’est là un phénomène qu’on observe fréquemment en analyse, quand on lave, à l’eau aérée, les sulfures métalliques obtenus par précipitation ; avec le cuivre, l’action est assez marquée pour que les eaux de lavage prennent une teinte bleue ; aussi recommande-t-on d’employer pour cette opération de l’eau contenant de l’acide sulfhydrique en dissolution. Cette oxydation spontanée des sulfures se réalise quelquefois sur une grande échelle dans les houillères qui contiennent une pyrite blanche très divisée; la chaleur dégagée suffit quelquefois à enflammer les gisements de houille.
L’air atmosphérique agit sur les solutions de sulfures alcalins et alcalinoterreux, à la fois par son oxygène et son acide carbonique, en donnant d’abord un bisulfure, qui se transforme plus tard en hyposulfite. On peut exprimer par les deux équations suivantes ces deux transformations successives, dans le cas du sulfure de baryum :
2BaS -f CO-2 -I- O = BaS^ -|- BoOCO^
BaS2-|-30 = BaS-0-
Les marcs de soude, renfermant du sulfure de calcium, subissent une oxydation analogue quand on les expose à l’air. Il s’y produit en outre du sulfhydrate de sulfure, et des polysulfures dont la formation est due aux réactions suivantes (Schaffner) :
Cas + CO^ -f- HO= CaOCO^ -|- HS HS + O = HO -f S CaS -I- HS = CaS,HS CaS-H = CaS^ + *
CaS^ -f 03 = Ca0,S303 -f S^ -
Les eaux sulfureuses naturelles ne tardent pas à verdir au contact de l’air, par suite de la formation d’un polysulfure, sous la double influence de l’air et de l’acide carbonique. Mais, quand elles contiennent de l’acide silicique, l’action est plus complexe ; en présence de cet acide, le sulfure de sodium se décompose rapidement en attirant l’oxygène de l’air ; il se forme ainsi un silicate alcalin, tandis que le soufre mis en liberté reste en suspension dans le liquide. Les eaux
PROPRIÉTÉvS GÉNÉRALES DES MÉTAUX ET DES SELS. 137
de Bagnères, de Ludion et d’Aix, qui contiennent une proportion notable de silice libre, ne tardent pas à louchir et à blanchir dans les baignoires, par suite de la précipitation du soufre. Sous l’action de l’acide silicique, elles dégagent en outre de l’acide sulfhydrique qui, subissant à l’air une combustion incomplète, donne naissance à des dépôts de soufre, à la partie supérieure des conduites et des réservoirs.
Cette action de l’acide silicique peut amener la disparition totale des sulfures dans les eaux minérales. Cette action se produit même quelquefois dans les nappes souterraines ; les sources qui sont dans ce cas renferment alors les produits de l’oxydation des sulfures, et notampient des hyposulfites et des sulfates. On leur a donné le nom à’eaux sulfureuses dégénérées.
Action du chlore. —La chaleur de formation des chlorures dépassant d’ordinaire celle des sulfures correspondants, il en résulte que le chlore doit attaquer tous les sulfures. C’est ce qui a. lieu, en effet ; à une température peu élevée, il se produit généralement un sulfure et du chlorure de soufre:
MS-1-2C1 = MGI-h CIS.
Quand on fait agir le chlore sur un sulfure alcalin ou alcalino-terreux dissous, le chlorure de soufre étant décomposable par l’eau, on n’obtient plus qu’un chlorure et un dépôt de soufre.
Action de l’hydrogène. — L’hydrogène réduit à une assez basse température quelques sulfures des trois dernières sections (antimoine, mercure), en donnant du métal réduit et de l’hydrogène sulfuré :
MS 4- H = M -h HS.
Action du charbon. — Le charbon, chauffé avec quelques sulfures capables de se dédoubler, au rouge, en soufre et en protosulfure, donne naissance à du sulfure de carbone. C’est ce qui a lieu pour la pyrite :
2FeS2 G = 2FeS -h GS^
Action des métaux. — Un métal en déplace un autre de sa combinaison avec le soufre, toutes les fois que la chaleur de formation de son sulfure est prépondérante. Nous rangeons ci-dessous les principaux sulfures dans l’ordre décroissant de leurs affinités pour le soufre; le métal correspondant à chacun d’eux peut déplacer celui des sulfures suivants :
Sulfure de cuivre,
— de fer,
— d’étain,
— de zinc,
— de plomb,
— d’argent,
— d’antimoine.