‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 1er cahierChapitre 48 sur 171 · UO ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE · texte numérisé non relu

UO ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

gazeux elle absorberait —1“,7; dans ce cas, la réaction change de signe et on peut, par suite, avec l’acide très concentré, dissoudre le sulfure de mercure précipité.

L’action de l’acide chlorhydrique gazeux sur le sulfure d’argent dégageant 2, il en résulte qu’on pourra dissoudre ce dernier dans l’acide chlorhydrique concentré contenant de l’acide anhydre.

Les sels de zinc, de manganèse, de protoxyde de fer et de nickel, donnent lieu à des phénomènes particuliers d’équilibre.

L’acide sulfhydrique précipite complètement l’acétate de zinc, mais il ne précipite que partiellement le chlorure et le sulfate. Ce dernier phénomène paraît, de prime abord, en contradiction avec le principe du travail maximum; on a en effet ;

ZnCI dissous HS dissous = HCl étendu -f ZnS : — 0,2,

SO*Zn dissous 4- HS dissous = SO*H étendu ZnS : — 2,1.

Pour expliquer la précipitation du sulfure de zinc dans ces conditions, M. Berthelot invoque le dédoublement des sels zinciques, en présence de l’eau, en sels basiques et sels acides, dédoublement qu’il a mis en évidence dans ses remarquables études sur les sels ferriques. La chaleur de formation des sels basiques étant à peu près insignifiante, il en résulte que l’hydrogène sulfuré pourra décomposer l’oxyde que ce sel contient en excès, avec un dégagement de chaleur très voisin de celui qui correspond à la transformation de l’oxyde en sulfure. Une nouvelle dose de sel neutre entrera ainsi en dissolution, et se dédoublera en sel acide et sel neutre ; celui-ci sera, à son tour, précipité partiellement par l’hydrogène sulfuré, avec régénération de sel neutre, et cette action ne s’arrêtera que lorsque la quantité d’acide sulfurique mise en liberté, sera suffisante pour arrêter la décomposition du sel neutre.

La formation d’un sulfhydrate de sulfure soluble intervient probablement dans le phénomène ; ce sulfhydrate de sulfure se décompose ensuite, souS l’action de l’eau, en acide sulfhydrique et en sulfure qui se précipite.

M. Baubigny a réussi à démontrer la présence d’un sulfhydrate de sulfure de nickel dans le précipité formé par HS au sein d’une dissolution neutre de sulfate de nickel. C’est grâce à la formation de ce sulfhydrate de sulfure, qu’on parvient à précipiter tout le nickel d’une telle dissolution, à l’état de sulfure ; tandis que la présence d’une quantité d’acide libre, égale au quart du poids du sel, empêche toute précipitation. On voit que la formation progressive du sulfure de nickel est fonction du rapport des poids de l’acide et du métal en présence ; il en résulte que, si on enlève les premières portions du précipité formé par l’hydrogène sulfuré, laréaction s’arrêtera, et qu’il suffira, pour précipiter le nickel d’une dissolution acide de sulfate, d’y introduire une quantité de sulfure suffisante pour former avec l’acide libre un sulfate neutre ou à peine acide. Ces conclusions ont été vérifiées expérimentalement par M. Baubigny; il a montré en outre qu’il y a un rapport déterminé entre la formation du sulfhydrate de sulfure et la tension du gaz sulfhydrique dissous ; par suite, la

PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES MÉTAUX ET DES SELS. Ui

quantité de sulfure de nickel précipité varie avec la saturation de l’hydrogène sulfuré. Ajoutons enfin qu’avec des liqueurs chauffées à 100 degrés, on obtient rapidement les mêmes limites de précipitation qu’on n’atteint à froid qu’après un temps beaucoup plus long, et que la précipitation du nickel devient totale, dans les dissolutions qui ne contiennent que 1 gramme de sulfate pour 1 litre d’eau.

Caractères distinctifs des sulfures et des suif hydrates.

Les caractères des sulfures seront décrits dans la partie analytique de YEncyclopédie. Néanmoins, nous croyons utile de rappeler ici les réactions qui permettent de distinguer les sulfhydrates des sulfures.

Quand on traite un sulfhydrate de sulfure par une solution de chlorure de plomb, on obtient un précipité noir de sulfure de plomb, et il se dégage en même temps de l’hydrogène sulfuré, conformément à l’équation :

PbCl + KS,HS = PbS + KCl + HS.

Les monosulfures soumis au même traitement, ne dégagent pas d’hydrogène sulfuré :

PbCl + KS =PbS + KCl.

La dissolution d’un sulfhydrate de sulfure, chauffée en tubes scellés avec du carbonate de plomb, donne du sulfure de plomb et de l’acide carbonique libre :

NaS,HS + 2tPb0,C02) =Na0,G02 + 2PbS + HO + CO^.

Avec les sulfures alcalins, on n’obtient que du sulfure de plomb, sans trace d’acide carbonique.

Le sulfate de manganèse, versé en léger excès dans un sulfhydrate de sulfure, n’en précipite que la moitié du soufre; la seconde moitié reste dans la liqueur à l’état d’acide sulfhydrique, qui n’a pas d’action sur les sels manganeux. Les sulfures sont, au contraire, complètement précipités par les sels de manganèse.

Une feuille d’argent bien décapée noircit rapidement quand on la plonge dans une dissolution d’un sulfhydrate de sulfure, sous l’action de l’hydrogène sulfuré provenant de la dissociation du sel par l’eau; elle ne se ternit qu’à la longue dans une solution de monosulfure.

Les polysulfures se distinguent des monosulfures et des sulfhydrates de sulfures par l’action des acides qui en précipitent du soufre. Leur dissolution se décompose peu à peu à l’air, par suite de la formation d’un hyposulfile ; cette transformation s’accomplit rapidement en présence du bioxyde de manganèse.

ENCYCLOPÉDIK CHIMIQUE.

Page 1