‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 1er cahierChapitre 7 sur 171 · U ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE · texte numérisé non relu

U ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

l’hydrogène. Le carbone lui-même ne donne avec H qu’une combinaison CH* et ne fournit pas CH^, bien qu’il donne avec O, CO® aussi bien que CO. L’existence des molécules SnCP et SnCl*, HgCl et HgCl®, PCP et PCP a toujours embarrassé les partisans de l’hypothèse de l’atomicité des éléments, précisément parce qu’on était parti des combinaisons avec l’hydrogène, et que l’hydrogène ne fournit qu’une forme de combinaison.

3“ Tous les éléments, sauf le fluor, peuvent être combinés avec l’oxygène; cependant l’hypothèse de l’atumicité ne fournit aucune loi relative au nombre d’atomes d’oxygène, parce que, d’après cette hypothèse, l’oxygène peut entrer à titre d’élément biatomique dans toute molécule fermée. Un corps donné RM peut recevoir un nombre indéfini d’atomes d’oxygène ; il se forme alors ce que l’hypothèse en question nomme une chaîne.

Le meilleur exemple que l’on cite est le rapprochement suivant : KCl,

K — O - Cl,

K — O — 0-0 — Cl, et K- 0 — 0 — 0-0 — Cl.

Dans d'autres cas, cette hypothèse est regardée comme inadmissible ; ainsi il n’y a pas de chaîne dans CO®. L’instabilité des combinaisons caténiformes de l’oxygène ne peut pas, du reste, servir de caractère distinctif, car CO®, H®0, C1®0 sont tout aussi décomposables les uns que les autres, bien qu’à des températures différentes ; PtO® est encore plus facilement décomposable que KCIO^, malgré la différence admise relativement au mode de fixation des atomes. En outre, on ne conçoit pas pourquoi KCIO est plus instable que KCIO®, ni pourquoi la chaîne la plus longue, KCIO*, est plus stable que les chaînes les plus courtes.

4.“ Les partisans les plus logiques de la susdite hypothèse, sont ceux qui voient dans l’atomicité une propriété fondamentale ou invariable des atomes ; généralement ils soutiennent, en outre, qu’il ne peut pas exister d’afliuité libre dans la molécule. Ils regardent le carbone comme un élément toujours tétratomique, l’azote comme un élément toujours Iriatomique, etc. Cependant il a bien fallu se rendre à l’évidence des faits.

Aussi aujourd’hui, la plupart des partisans de l’atomicité considèrent-ils cette propriété comme variable. A vrai dire, admettre que l’atomicité d’un élément ost variable, c’est presque renoncer à l’hypothèse susdite ; cette hypothèse n’est plus que celle du nombre d’équivalents dans un atome; l’atomicité varie, comme l’équivalent d’un élément, d’après la loi des proportions multiples. Si l'atomicité est une propriété variable, si Ton admet que, dans la plupart des cas, une partie des unités d’affinité est latente, il faut renoncer à déterminer la grandeur do l’atomicité. Le soufre était déjà depuis longtemps considéré comme un élément biatomique, et cette biatomicité était déduite des combinaisons SH®, SHK, SK®, SCI® ; S0‘® et SÜ® étaient donc déclarés des combinaisons en forme de chaîne.

Mais, de cette façon, l’analogie bien connue est nettement prononcée entre SO® et

PROi'RIÊTÉS GÉNÉRALES DES METAUX ET DES SELS.

CO^, dans lesquels on admettait une structure différente, restait inexpliquée. En outre, les analogues du soufre. Te et Mo, donnent TeCl* ; on avait découvert aussi la combinaison S(C®H“)F, de sorte qu’on regardait le soufre comme étant aussi tétratomique ; ajoutez que l’existence de WCl® et de SO^ fait réputer le soufre comme étant hexatomique. Le chlore peut donc, en conséquence, être estimé heptatomique. Qu’est-ce donc qui nous garantit que l’hydrogène et l’oxygène, eux aussi, ne sont pas polyatomiques ? Le premier coup a été donné à cette doctrine, lorsque Ton a admis l’atomicité variable, les affinités libres, l’atomicité latente; les principes fondamentaux sur lesquels repose Thypothèse étaient dès lors battus en brèche.

5“ Après avoir perdu, par l’adoption de l’atomicité variable, la valeur d’un système rigoureusement scientilique et s’être transformée en expression schématique de la notion des équivalents, Thypothèse susdite pouvait conserver sa place dans la science comme moyen de représenter les formes de combinaison, à condition de ne pas comprendre la jonction des atomes élémentaires dans la molécule par des parties de leur affinité . Cette partie de Thypothèse sur l’atomicité ne peut être mise en harmonie avec les conceptions beaucoup plus certaines que nous avons sur la structure de la matière et sur les lois de l’attraction; il faut donc la rejeter absolument. On doit se représenter les atomes dans la molécule comme étant dans un certain état d’équilibre instable de réactions réciproques ; le système tout entier est maintenu par des forces qui appartiennent à chaque partie isolée, car on ne peut se figurer que deux parties d’un tout soient uniquement sous Tinlluence d’une troisième partie, sans exercer d’influence réciproque, notamment si tout ce que nous savons de ces deux parties annonce qu’elles exercent une action chimique nette et constante. Si Ton admet que, dans CIQ, les 4 H ne sont retenus que par un atonie de carbone, cette conception n’a rien, pour ainsi dire, d’invraisemblable en soi ; mais si un H est remplacé par Cl, il est difficile d’admettre que les quatre atomes (H'*C1) ne sont retenus que par le carbone, que le pouvoir d’attraction réciproque de Cl et de 11 reste sans influence pendant le cours de la réaction, ou après la réaction. Celte conception n’est pas admissible, ne fùt-ce que parce que Cl est près de trois fois aussi lourd que le carbone. Si le terme de d jonction » ne devait être qu’une expression condilionnelle de la distribution des éléments dans l’espace, s’il signifiait que, dans l’exemple susdit, Cl occupe la même position que H, c’est-à-dire qu’il remplit les mêmes conditions vis-à-vis du carbone et des autres éléments, ce ne serait là qu’une répétition de ce qui a déjà été exprimé lors de la découverte de la métalepsie....

... J’ajouterai que Thypothèse de l’atomicité a été provoquée par l’étude des combinaisons organiques du carbone auxquelles elle s’applique aisément; la légitimité de cette application résulte des deux considérations suivantes :

1° Le carbone retient un nombre égal d’équivalents d’hydrogène et d’oxygène et fournit à la limite les combinaisons CH*, CO^, CCI*. 11 en est autrement des éléments des autres groupes.

Les éléments du groupe de l’azote et du phosphore donnent RIT’ et R^O*, c’est-àdire qu’ils sont triatomiques par rapport à l’hydrogène, pentatomiques par rapport à l’oxygène; les éléments du groupe du soufre sont biatoiniques par rapport à l’hydrogène, hexatomiques par rapport à l’oxygène, etc.

2” Le carbone ne donne pas, que Ton sache, de ces combinaisons dites moléculaires, comme beaucoup d’autres éléments en produisent. La combinaison de Tacide oxalique avec Teau C-H-0‘,2H-0, appartient au type des hydrates, parce qu’elle correspond à la combinaison limite CH1“, dans laquelle tous les 11 sont représentés par (110); C-(0H'5)= CR1^0*,"21i30 ; en écrivant à part Teau de cristallisation, nous voulons seulement exprimer ce fait connu qu’un atome de carbone, dans une combinai-

son, ne retient pas solidement plus d’un résidu d’eau. L’incapacité du carbone à former des combinaisons moléculaires ressort particulièrement quand on le compare avec le silicium, analogue par ses autres propriétés, et fournissant, comme le carbone, les combinaisons limites SiHS SiO^, SiCl*....

Le carbone, par ses propriétés principales, se distingue donc nettement des autres éléments; c’est pourquoi nombre de conclusions complètement exactes quand elles s’appliquent aux combinaisons du carbone, ne se vérifient pas quand on veut les appliquer à d’autres éléments. On en a une preuve dans les conceptions sur l’atomicité constante, lesquelles, confirmées par l’étude des combinaisons organiques, ne s’appliquent pas aux combinaisons d’autres éléments. Si, de la doctrine relative à la structure chimique des combinaisons et fondée sur l’atomicité des éléments, on exclut ce qui est en contradiction avec la théorie mécanique de la structure des corps et les idées dont on n’a eu la confirmation qu’en ce qui concerne spécialement le carbone, il reste ce qu’ont déjà fourni les théories sur la substitution et sur les limites des combinaisons chimiques. L’hypothèse de ’ l’atomicité me paraît débile, ne fût-ce que parce qu’elle n’a conduit à aucune loi générale et ne s’est pas assuré de bases solides.

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