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DENSITÉ DES DISSOLUTIONS S.ALINES

Expériences de Despretz. — Blagden avait émis l’opiDion que le maximum de densité des solutions salines s’abaisse comme le point de congélation, ces deux constantes étant séparées par un intervalle de température égal à celui qu’on observe pour l’eau pure.

Despretz, à la suite d’un grand nombre d’expériences, conclut que l’abaissement de la température du maximum de densité au-dessous de -|- 4 degrés, est proportionnel au poids du sel dissous. Ainsi, on a pour des quantités croissantes de chlorure de sodium ajoutées à l’eau, les abaissements suivants :

Quantité de sel, 12,346 sur 997,45 d’eau.

Maximum de densité, -f- l'>,19 Quantité double de sel, 24,69.

Maximum de densité, —• 1”,69 Quantité triple, 37,039.

Maximum de densité, — 4'’,75 Quantité sextuple, 74,078.

Maximum de densité, — 16°

Abaissement, 2°,81 Abaissement, 5°,69 Abaissement, 8°,75 .Abaissement, 20°

Les autres dissolutions donnent des résultats analogues.

Le tableau suivant montre que les substances qui abaissent le plus le maximum de densité ne sont pas les plus solubles ni les plus fusibles. Un sel donné n’a pas non plus la même influence sur le point de congélation et sur le maximum de densité. Toutes les dissolutions soumises aux expériences contenaient 37,39 de matière et 997,45 d’eau :

Congélation dans Vétat

Maximum.

d’agitation.

degrés.

degrés.

Chlorure de sodium.

Chlorure de calcium.

Sulfate de potasse.

Sulfate de soude...

Carbonate de potasse.

Carbonate de soude.

Sulfate de cuivre supposé anhydre...

Potasse pure.

En résumé, les expériences de Despretz ont mis en lumière les trois phénomènes suivants : 1° l’existence d’un maximum de densité des solutions salines; 2° la rapidité plus grande de l’abaissement de ce maximum comparé à celui du point de congélation; 3° la proportionnalité de ces deux abaissements à la quantité de sel ajouté à l’eau.

M. Marignac est arrivé de son côté aux conclusions suivantes ; Lorsqu’on mélange de l’eau à une dissolution, le coefficient de dilatation du mélange est supérieur à la moyenne des coefficients de dilatation des deux liquides mélan-

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE, gés. 11 en résulte que la contraction produite par le liquide diminue, à mesure que le mélange est opéré à des températures plus élevées.

Expériences de Michel et Kraft.—Les variations de densité des dissolutions salines ont été, à une époque postérieure, l’objet des investigations de MM. Micliel et Kraft et de M. Valson.

Les deux premiers expérimentateurs ont d’abord reconnu que « la densité d’une dissolution prise à 15 degrés de température, est proportionnelle à la quantité de sel qu’elle contient ». Ils en ont déduit une méthode pour déterminer la quantité de sel contenue, dans un litre d’une dissolution de densité à l’aide de « l’angle de solubilité (1) ».

Quand on fait dissoudre un sel dans l’eau, on observe généralement une contraction ; le volume de la dissolution est presque toujours moindre que celui des composants. La contraction varie d’un sel à l’autre; il semble donc que l’eau n’entre pour rien dans le phénomène et que c’est le sel seul qui se contracte.

Pour évaluer cette contraction, MM. Michel et Kraft calculent le volume du sel d’après son poids et sa densité ; le volume de l’eau est égal à la différence entre le poids du sel et celui d’un litre de dissolution. La somme des volumes du sel et de l’eau ainsi calculée, est généralement supérieure au volume effectif de ladissolution. En divisant cette différence par le volume du sel, on obtient un quotient qui représente sa contraction ou sa dilatation.

De tous les sels examinés, le chlorhydrate d’ammoniaque est le seul qui se dilate par la dissolution. Voici d’ailleurs quelques nombres extraits du tableau qui résume les expériences des auteurs ; ils donneront une idée suffisante du phénomène :

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