Ü ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
sur la congélation de ces dissolutions, ce changement de couleur tient à une modification dans la constitution chimique du sel dissous; la dissolution bleue contient l’hydrate CuCl, 12HO, la dissolution verte l’hydrate CuCl,4HO.
D’après M. de Coppef, il faut admettre que ce changement ne s’opère pas brusquement, et qu’il existe [des solutions de concentration moyenne, contenant soit un mélange des deux hydrates, soit des hydrates intermédiaires. L’auteur considère les hydrates dissous comme ayant une tension de dissociation invariable pour chaque température, analogue à celle des hydrates solides. Quand le sel est susceptible de former deux hydrates, c’est l’hydrate le plus avancé qui se décompose d’abord quand on élève la température de la dissolution (voy-'p. 263).
Cette théorie explique les changements de couleur qu’éprouve la dissolution de chlorure cuivrique par le changement de la concentration, ou par la variation de la température pour une concentration déterminée. M. de Coppet a vérifié ces conclusions par quelques expériences. Les solutions vertes à la température ordinaire, deviennent bleues par l’action d’un mélange réfrigérant. Les solutions bleues à froid verdissent par réchauffement (1). Ce changement de coloration n’atteint d’ailleurs son maximum qu’au bout d’un certain temps.
Indices de réfraction. — Guidés par la théorie de l’émission, Biot et Arago avaient été conduits à admettre, entre l’indice de réfraction des gaz et leur densité, une relation constante ^—— qu’ils désignèrent sous le nom de pouvoir
réfringent. Cette formule était erronée, ainsi qu’on s’en est aperçu quand ou a cherché à l’étendre aux liquides et aux solides; la faible valeur de l’indice de réfraction des gaz avait pu faire illusion à Biot et Arago en leur montrant un accord satisfaisant entre les résultats de l’expérience et les nombres déduits de leur théorie.
Depuis les travaux récents de Gladstone, Dale et Landolt, on admet que le
n’est modifiée ni par la température, ni par la dilution. On peut donc calculer le pouvoir réfringent spécifique d’un mélange par une règle d’alliage.
Pouvoir rotatoire. — Biot a établi que, pour certaines dissolutions, le pouvoir rotatoire spécifique -jj- du composé à l’état solide varie en raison directe
de la concentration. Les méthodes saccharimétriques reposent sur cette constance du coefficient [a]. Mais la plupart des substances actives subissent une modification plus ou moins considérable dans leur pouvoir rotatoire par la dissolution. C’est ce qui a lieu notamment pour l’acide tartrique, ainsi que Biot l’a constaté.
(1) Voyez pour plus de détails l’article Le cuivre et ses composés, p. 42, dans le tome IH de VEncyclopédie chimique.
D’après des expériences plus récentes de M. Oudemans, le pouvoir rotatoire spécifique de la plupart des corps actifs varie considérablement quand on passe d’un dissolvant à un autre ou qu’on modifie la concentration de la dissolution. On en jugera par les nombres suivants extraits du mémoire de Fauteur :
Substances.
Sulfate de cinchonine.
Nitrate de cinchonine.
Chlorhydrate de cinchonine....
[ Eau.
I Alcool.
( Alcool.
I Eau.
( Alcool.
[ Eau.
) Eau.
j Eau.
( .Alcool à 93 pour 100...
a substance
roUtoTre
dissolvant.
spécifique.
o,ou
Quand on mélange deux dissolvants, la valeur du pouvoir rotatoire spécifique n’est pas la moyenne de celles que l’on observe avec les dissolvants séparés. Cette anomalie est surtout remarquable pour les dissolutions de cinchonine dans des mélanges en proportions diverses d’alcool et de chloroforme.