‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 2e cahier (volume 2)Chapitre 34 sur 99 · OXYDE SALIN · texte numérisé non relu

OXYDE SALIN

Na 2 S 3 (?).

Le sulfure de carbone ne réagit qu’au rouge vif sur le sulfate de soude sec. Il reste un résidu de polysulfure, souillé d’une quantité notable de silice provenant de l’attaque des nacelles. Dans une des expériences de M. Sabatier, la composition du produit était voisine de NaSf; en se dissolvant dans l’eau, il dégageait, par équivalents -f-5 Col ,5. C’est peut-être un mélange de monosulfure avec l’un des polysulfures décrits plus haut.

SULFOSELS DE SOUDE.

SULFOCARBONATE DE SOUDE.

NaCS 3 .

Sel jaune, déliquescent, ne cristallisant que dans les dissolutions concentrées. Il est très soluble dans l’eau, assez soluble dans l’alcool. La chaleur le décompose en charbon et trisulfure de sodium. On l’obtient par digestion du sulfure de sodium dans le sulfure de carbone maintenu à 30 degrés.

SULFOCARBONATE DE BISULFURE DE SODIUM.

NaS s ,CS 3 .

Berzelius avait constaté que l’action du sulfure de carbone sur les polysulfures alcalins donne naissance à des sulfocarbonates avec précipitati on de soufre.

M. Gelis a repris l’étude de ce phénomène ; il a constaté que les sulfocarbonates produits dans ces conditions ont une constitution spéciale, et sont formés par l’union du sulfure de carbone avec un bisulfure.

La réaction est très énergique, et la chaleur dégagée est telle qu’il faut avoir soin de refroidir.

Les solutions des sulfocarbonates de bisulfure sont presque semblables à celles des sulfocarbonates; seulement elles sont d’un rouge un peu plus sombre. La grande solubilité de ces nouveaux composés dans l’alcool, les distingue nettement des sulfocarbonates ordinaires.

Pour préparer le sulfocarbonate de bisulfure de sodium, M. Gelis recommande de chauffer au bain-marie, un mélange de 300 grammes de sulfure de sodium (1 éq.) et 40 grammes de soufre (1 éq.), humecté de 15 grammes d’eau. On obtient ainsi une solution de bisulfure qui se prend bientôt en une masse cristalline. Si à ces cristaux on ajoute 95 grammes de sulfure dejcarbone (1 éq.), tout le sulfure de carbone est absorbé, tout le soufre reste dissous, et l’on obtient une liqueur limpide.

La même réaction se produit quand on remplace le bisulfure par le trisulfùre ou le tétrasulfure ; mais alors l’excès du soufre en sus du bisulfure se dépose.

On peut encore mettre en contact, à la température ordinaire, 1 équivalent de sulfocarbonate de soude avec un excès de soufre; 1 équivalent de celui-ci entre en solution.

SULFOCARBONITE DE SOUDE.

NaC 2 S 3 .

C’est une masse déliquescente, d’un brun rouge, rapidement altérable à l’air.

On l’obtient à cet état par double décomposition entre le sulfocarbonite de baryte et le sulfate de soude, puis par évaporation de la liqueur filtrée. Mais ce composé se forme directement quand on réduit le sulfure de carbone par l’amalgame de sodium :

4 CS 2 + Na 3 Hg = 2 N aC 2 S 3 + NaHgS 2 .

On peut encore chauffer en tubes scellés le sulfure de carbone en présence du sodium métallique, mais, dans ce cas, on ne peut séparer le sulfocarbonite du sulfure de sodium qui l’accompagne.

SULFOTELLURITE DE SOUDE.

3NaS,TeS 2 .

Berzelius l’a obtenu sous forme d’une masse saline, jaune, non cristalline, se décomposant rapidement à l’air. On le prépare, comme le sel correspondant de potasse, en décomposant une dissolution de tellurate de potasse par l’acide sulfhydrique.

SODIOM.

SULFOAHSÉNIATES DE SOUDE.

Ces sels ont été décrits par Berzelius:

Pyrosulfarséniate, 2 NaS,AsS 5 .

C’est le sulfarséniate neutre de Berzelius. Le chimiste suédois l’a obtenu en traitant l’arséniate bisodique par l’hydrogène sulfuré. L’évaporation de la solution donne un liquide visqueux, qui finit par se dessécher à une douce chaleur et devient d’un jaune-citron. Ce sel est déliquescent, il subit la fusion aqueuse à une basse température, puis perd son eau. S’il contient un excès de sulfure d’arsenic, il jaunit avant de se dessécher.

Sulfarséniate normal, 3NaS,AsS 6 -f- 15HO,

On l’obtient en précipitant le pyrosulfarséniate par l’alcool, ou bien en y ajoutant du sulfhydrate de sulfure de sodium, et abandonnant le mélange à l’évaporation spontanée. Il se précipite sous forme de paillettes cristallines qui restent blanches après un lavage suffisant à l’alcool.

Par l’évaporation de la solution aqueuse du sel, il cristallise sous divers états. En présence de soude en exeès, il forme des tables rhomboïdales irrégulières, avec une croix diagonale. La dissolution aqueuse bouillante l’abandonne, par refroidissement, en longs prismes à 6 pans, un peu aplatis, et présentant deux angles aigus.. Une cristallisation lente donne des prismes tétraèdres, transparents, à base rhomboïdale, et dont les sommets portent une facette sur chacun des angles aigus. Si la cristallisation s’effectue avec une lenteur encore plus grande, au-dessous de zéro, on obtient des octaèdres blancs et opaques, à base rhomboïdale.

Le sulfarsénite normal est inaltérable à l’air. Il est très soluble dans l’eau. La calcination lui fait perdre un peu d’hydrogène sulfuré et le sel devient jaune, puis fond en un liquide rouge foncé qui se prend en une masse jaune par le refroidissement.

Métasulfarséniate de soude, NaS,AsS 5 .

Ce sel se forme en même temps que le sulfarséniate normal quand on traite le pyrosulfarséniate par l’alcool. Il n’est connu qu’à l’état de dissolution dans ce liquide, qui, d’après Berzelius, laisse par la concentration un persulfure en belles paillettes cristallines (Berzelius).

ENCYCLOP. C1IM. 5

Sulfarséniate de soude sursaturé, NaS,12 As 5 .

Berzelius l’a obtenu, sous forme d’une poudre jaune, en précipitant le pyrosulfarséniate par l’acide carbonique.

Sulfarséniate de potasse et de soude.

Ce sel double prend naissance quand on évapore une dissolution renfermant un mélange des sulfarséniates des deux bases en proportions équivalentes. 11 cristallise en tables carrées régulières, incolores ou faiblement colorées en jaune (Berzelius).

Sulfarsénite de soude, 2NaS,AsS 3 .

Il se prépare comme le sel correspondant de potasse dont il possède toutes les propriétés (1).

Hyposulfarsénite de soude, NaS,AsS 2 .

Il se comporte comme le sel de potasse correspondant (2).

SÉLÉNIURES DE SODIUM.

Ces composés ont été obtenus à l’état cristallisé par M. Fabre. Uelsman avait signalé antérieurement un tellurure rouge, cristallin, déliquescent, qu’il obtenait en évaporant dans un courant d’hydrogène une dissolution de soude saturée d’acide sélénhydrique. Ce produit était très impur et mélangé de sélénium.

Séléniure anhydre, NaSe.— C’est une masse jaune qui, à l’état de fusion, est brun rougeâtre. Elle est dure, à cassure cristalline. Exposée à l’air, elle rougit rapidement, par suite de la formation de tellure, et tombe en déliquescence. Sa chaleur de dissolution est + 9 Cal ,31. A partir des éléments on a :

Na solide + Se métallique = NaSe solide+ 29C»i,87.

La formation du séléniure de potassium anhydre, dans les mêmes circonstances, dégage —j- 39 Gal , 71.

fl) Voy. l’article Potassiusi, p. 87.

(2) Ibid., loc. ait.

SODIUM

M. Fabre obtient le séléniure anhydre en chauffant lentement, dans un courant d’azote, le séléniure cristallisé à 4 é i,5 d’eau. La température ne doit pas dépasser 400 degrés. Le produit renferme toujours des silicates et des aluminates provenant de l’attaque des nacelles.

Hydrates. — 1° NaSe,16H0. — Longs prismes de 0 m ,003 de longueur, très altérables à l’air. Ils fondent à 40 degrés dans leur eau de cristallisation en donnant un liquide incolore. Les produits de leur décomposition à l’air consistent en carbonate de soude, sélénium réduit, et une trace de sélénite de soude. La chaleur de dissolution de ces cristaux est de — ll Cal ,0.

On obtient cet hydrate en faisant passer un courant d’acide sélénhydrique dans une dissolution de 1 partie de soude dans 4 parties d’eau. Il est essentiel de purger complètement l’appareil d’oxygène, avant l’expérience, à l’aide d’un courant d’azote.

2° NaSe,9HO. — Prismes courts qui se forment par l’action d’un courant d’acide sélénhydrique sur une dissolution de soude renfermant 3 parties de soude pour -I partie d’eau. Leur dissolution dans l’eau absorbe — 5 Cal ,295.

3° NaSe,4,5 HO. — Fines aiguilles blanches plus oxydables que les hydrates précédents. En quelques secondes, elles se transforment à l’air en une masse feutrée, rougeâtre, qui tombe bientôt en déliquescence. Elles ne s’altèrent pas dans le vide sec. Leur chaleur de dissolution est égale à —3 CaI ,94.

On les obtient en traitant, par un excès de soude caustique solide, la dissalution aqueuse des hydrates précédents et laissant refroidir la liqueur.

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