HYPOSULFITE DOUBLE DE POTASSE ET DE SOUDE
K0,Na0,2S 2 0 2 .
M. Spring a obtenu ce sel double par l’action ménagée de l’amalgame de sodium sur une dissolution de tétrathionate de potasse :
K0,S*0 5 + Na = KO,NaO,2 S 2 0 2 .
En présence d’un excès d’amalgame, on n’obtient qu’un mélange de sulfures et de sulfites doubles.
Le trithionate de potasse se dédouble, sous l’action de l’amalgame de sodium, en un mélange de sulfite et d’hyposulfite de potasse et de soude :
2(K0,S 3 0 5 ) + Na 2 = K.0,Na0,2S 2 0 2 + K0,Na0,2S0 2 .
SODIUM
HYDROSULFITE DE SOUDE.
NaO,S s 0 3 H.
Propriétés. — Schœnbein avait constaté qu’une solution d’acide sulfureux, mise en contact avec du zinc, acquiert en quelques instants une coloration jaune et la propriété de décolorer énergiquement l’indigo et le tournesol. Il admettait que, sous l’influence du zinc et de l’acide sulfureux, l’oxygène combiné se convertît en ozone.
M. Schutzenberger a prouvé que le phénomène de décoloration est dû à une réduction et non à une oxydation. En outre, la liqueur conservant ses propriétés quand on l’a séparée du zinc, il en conclut que la réduction ne peut être attribuée à une action simultanée du métal et de l’acide sulfureux, mais qu’elle est due à un composé spécial.
Ce composé défini, qu’il est parvenu à isoler, est le sel de soude d’un acide particulier, différant de l’acide sulfureux par la substitution de 1 équivalent d’hydrogène à 1 équivalent d’oxygène : c’est l’acide hydrosulfureux, dont M. Schutzenberger est parvenu à isoler le sel de soude.
L’hydrosulfite de soude cristallise en aiguilles incolores ; elles s’effleurissent dans le vide sec, en se transformant en une poudre blanche qui résiste beaucoup mieux à l’action de l’air que le sel humide.
Ce corps est très soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool fort.
Après son oxydation à l'air, il laisse un résidu uniquement formé de bisulfite de soude, et l’oxydation n’est accompagnée d’aucun dégagement de gaz sulfureux.
La dissolution d’hydrosulfite de soude décolore instantanément le sulfate d’indigo et le tournesol. Elle donne avec les dissolutions de sulfure de cuivre un précipité d’hydrure de cuivre, qui se transforme en sulfure au contact de l’acide sulfureux. Elle réduit énergiquement les sels d’argent et de mercure, avec précipitation de mercure et d’argent métalliques. Elle décolore le permanganate de potasse. Elle s’oxyde rapidement à l’air en s’échauffant considérablement et se transformant en bisulfite. La chaleur dégagée est égale à -f- 34 Calories par équivalent d’oxygène absorbé (Berthelot).
Les cristaux d’hydrosulfile de soude, desséchés dans le vide, puis chauffés dans un tube, dégagent un peu d’eau, de l’acide sulfureux, des vapeurs de soufre, et laissent un résidu formé de sulfate de soude et de sulfure de sodium.
Préparation. — On remplit un flacon de copeaux de zinc, sur lesquels on verse une dissolution concentrée de bisulfite de soude. On bouche le flacon et on le refroidit en l’immergeant dans une cuve remplie d’eau. Le zinc se dissout partiellement, sans dégagement d’hydrogène, et le liquide reste incolore. Au bout d’une demi-heure, la réaction est terminée, et il se dépose une cristallisation abondante de sulfite double de zinc et de plomb.
Yoîci comment M. Scliulzenberger recommande d’opérer pour isoler le bisulfite de soude cristallisé à l’état de pureté :
« Le liquide, dont le volume occupe environ un demi-litre, est versé dans un ballon de 2 litres, aux trois quarts plein d’alcool concentré; on bouche hermétiquement; il se forme tout de suite un premier dépôt cristallin, adhérent aux parois, en grande partie formé de sulfate double de zinc et de sodium, mélangé à une certaine proportion du produit actif, dont la majeure partie reste en solution alcoolique. Lorsqu’on traite le dépôt par l’eau, il se dissout partiellement, en laissant un abondant résidu cristallin de sulfite double peu soluble. Le liquide alcoolique clair, décanté dans un flacon qu’il doit remplir complètement, et bien bouché, est abandonné à lui-même dans un endroit frais. Au bout de quelques heures, il se prend presque en masse cristalline composée d’un feutrage de fines aiguilles incolores. On jette le tout sur une toile et l’on exprime rapidement; il reste sur la toile une quantité relativement considérable de matière solide, active, tandis que l’alcool filtré est complètement dépourvu de pouvoir décolorant. La masse ainsi obtenue s’échauffe instantanément ; aussi faut-il se hâter de la mettre dans le vide aussi parfait que possible. »
La formation de l’hydrosulfite peut s’exprimer par l’équation :
3 (S 2 0 4 ,Na0,H0) + Zn = 2S0 2 Na0 + 2S0 2 Zn0 + S 2 O s ,HO,NaO + HO.
On obtient également de l’bydrosulfite quand on remplace le zinc par d’autres métaux qui décomposent l’eau en présence des acides, tels que le fer, le manganèse, le magnésium.
L’hydrosulfite se forme encore par l’électrolyse des dissolutions de bisulfite de soude, placées dans un vase poreux entouré d’acide sulfurique étendu. L’électrode négative plonge dans le bisulfite, qui se transforme progressivement en hydrosulfite, sans dégagement d’hydrogène, tandis que l’oxygène se dégage au pôle positif.
On peut encore remplacer l’acide azotique d’un élément de Bunsen par une dissolution de bisulfite de soude. En reliant les deux pôles par un fil extérieur au couple, on obtient un véritable élément de pile, d’une force électro-motrice presque égale à celle du couple Bunsen, et dont l’intensité reste constante pendant plusieurs heures.