très vive, double
498,2 double.
Dans le vide, la vapeur du sodium donne d’abord des raies rouges et vertes qui disparaissent ensuite et sont remplacées par la raie D (Lockyer).
Propriétés chimiques. — Le sodium possède des affinités moins énergiques que celles du potassium. Ce fait ressort nettement de la comparaison des chaleurs dégagées par les deux métaux dans leur combinaison avec l’oxygène, lé chlore, le brome et l’iode :
KO...<69C»i,8 | NaO... 50&>i,i
KOI. ï 0o G:,1 ,0 NaCl. 97&i,3
K Br. 100Cai,4 Nafir. 90Cai,7
Kl..' 85Cai,4 1 Nal. 74Cai,2
Le sodium reste inaltéré, à la température ordinaire, dans l’air parfaitement sec (Bonsdorff). On peut le laminer entre deux feuilles de papier, le couper, le manier à l’air sans accident, si les doigts et les instruments ne sont pas mouillés (Deville). Il faut, pour l’enflammer à l’air, une température beaucoup plus forte qu’avec le potassium ; il brûle alors comme celui-ci avec une flamme blanche et en projetant avec les étincelles ; le résidu de la combustion est un mélange de soude et de peroxyde de sodium. D’après Deville, il ne prend même pas feu quand on le fond à l’air; pour l’enflammer, il faut le porter, à une température voisine de l’ébullition, où il possède déjà une tension dé vapeur considérable. Il est donc à présumer que c’est la vapeur seule du métal qui est inflammable.
. Il décompose l’eau à l’abri de l’air avec un dégagement rapide d’hydrogène, en donnant une dissolution de soude caustique. La chaleur qui accompagne cette réaction est insuffisante pour déterminer l’inflammation de l’hydrogène quand on opère à l’air libre. Cependant, si l’eau a été épaissie par l’addition d une quantité suffisante de gomme, de manière à éviter la déperdition du calorique par les girations rapides du globule métallique, on le voit s’entourer d une auréole jaune, due à la combustion de l’hydrogène. Quand on opère dans
SODIUM
l’eau pure, le globule se met d’abord à tournoyer à la surface en se recouvrant d’un enduit de soude caustique qui disparaît bientôt; il apparaît alors incandescent et transparent ; quand le dégagement d’hydrogène a cessé, le globule prend une couleur jaune tout en conservant sa transparence; si on le retire alors, il se prend en une masse cristalline entièrement formée d’oxyde anhydre de sodium; si on le laisse au contact ;de l’eau, il perd l’état sphéroïdal en se refroidissant, et la formation brusque de vapeur d’eau détermine une explosion (W. Knopp).
Abandonné à l’air humide, le sodium s’oxyde rapidement en se recouvrant d’une croûte de soude caustique. Il s’enflamme aisément au contact du papier, du bois ou du charbon humide. On peut encore provoquer sa combustion en le projetant dans une cuiller de fer humide, faiblement chauffée et plongée dans un .flacon rempli d’oxygène (Müller),
Le sodium peut donner lieu à de violentes explosions quand on en laisse tomber un fragment dans un cylindre rempli d’eau ou qu’on le projette sur une couche d’eau peu épaisse. Ces accidents sont surtout à redouter quand le métal est poreux et imprégné d’huile de naphte (Malaguti, Griffin).
Le sodium conserve son éclat dans le chlore sec refroidi à —80 degrés (Donny et Mareska). D’après Davy, il brûle dans le chlore à la température ordinaire, avec une vive flamme rouge accompagnée d’étincelles. Wanklyn affirme, au contraire, que le chlore est sans action sur le sodium jusque vers son point de fusion.
On peut l’abandonner au contact du brome pendant des années sans qu’il éprouve d’altération; Merz et Weith l’ont même chauffé pendant huit heures avec du brome, à 200 degrés, sans l’attaquer sensiblement. Il ne se combine pas davantage à l’iode (Merz et Weith).
Le sodium s’enflamme à la température ordinaire au contact de l’acide fluorhydrique.
Il se combine au soufre dès la température ordinaire, avec un vif dégagement de lumière (Winkelblech). Le sélénium et le tellure donnent naissance à un phénomène de même ordre quand on les chauffe avec le sodium.
L’action du phosphore sur le sodium est très violente; on peut la modérer en faisant réagir ces deux corps sous une couche de toluène ou d’huile de naphte. Au rouge, le sodium décompose les phosphates et tous les composés du phosphore en formant un phosphure.
Chauffé doucement dans un courant d’acétylène, le sodium absorbe peu à peu ce gaz en formant un acétylure C 4 HNa; ce composé se transforme au rouge sombre en une masse noire de C 4 Na 2 , qui, au contact de l’eau, régénère l’acétylène. L’allylène se combine également à une chaleur modérée avec le sodium qu’il transforme en acétylure C*Na 2 mêlé de charbon (Berthelot).
Maintenu dans une atmosphère d’hydrogène, sous la pression atmosphérique, à une température comprise entre 300 et 421 degrés, il absorbe 237 volumes de gaz en se transformant en un hydrure Na 2 H (Troost et Ilautefeuille).
Le sodium forme des alliages avec un grand nombre de métaux. Avec le mercure on peut obtenir un amalgame cristallisé NaHg 12 (Crookewitt, Popoff).
Par suite de sa grande affinité pour l’oxygène le sodium décompose, en s’enflammant, un grand nombre d’oxydes : l’acide phosphoreux, l’acide phosphorique, l’acide sulfureux, l’acide sulfurique, l’acide hypoazotique, l’acide azotique et l’acide arsénique.
Il décompose également l’oxyde de carbone à la façon du potassium ; toutefois cette réaction exige une température plus élevée et dégage moins de lumière. Il réduit de même la plupart des oxydes métalliques à l’exception des oxydes de chrome et de manganèse. Il attaque la plupart des minéraux insolubles dans les acides : les silicates, le fer chromé, la cassitérite, les litanates, les tungstales, les molybdates (Schônn).
Chauffé dans une atmosphère de gaz ammoniac, le sodium se colore en bleu puis en vert, et absorbe de 142 à 163 fois son volume de ce gaz, tandis qu’il se dégage 100 volumes d’hydrogène. Le produit ainsi obtenu est un amidure AzH 2 K; à une température plus élevée, ce composé se dédouble en ammoniaque et en azoture trimétallique AzNa 3 .
Au contact de l’alcool absolu, le sodium se comporte comme en présence de l’eau pure. Toutefois la réaction est beaucoup moins vive, et le produit final est de l’élhylate de soude. Il forme un phénate en présence du phénol, et donne avec les aldéhydes des aldéhydates alcalins.