PROPRIÉTÉS
Propriétés physiques. — Le sodium est d’un blanc d’argent et il présente l’éclat métallique sur les surfaces fraîchement coupées, mais il se ternit rapidement à l’air. La coupure fraîche possède une structure cristalline (Bôttger); elle offre une phosphorescence verte qui, à l’air, disparaît en quelques minutes, et reparaît quand on chauffe le métal vers 60 à 70 degrés (Linnemann). Cette phosphorescence se manifeste encore dans les oxydations lentes; on la voit apparaître, dans l’obscurité, quand on met le sodium au contact de l’eau (H. Baumhauer).
Le sodium cristallise en octaèdres quadratiques présentant un angle culminant de 50 degrés. Pour l’obtenir sous cet état, on le fond dans une atmosphère de gaz d'éclairage, on le laisse se solidifier partiellement et l’on décante le métal resté liquide. La lumière réfléchie par les faces de ces octaèdres paraît rouge après plusieurs réflexions (Lang).
Refroidi à ^20 degrés, le sodium présente une dureté assez grande ; à zéro il est très malléable; à la température ordinaire il possède la mollesse de la cire; il devient pâteux à 50 degrés et se liquéfie complètement à 00 degrés. Bunsen place son point de fusion à 95°,6. Il laisse sur le papier une trace d’un gris bleuâtre, qui persiste plus longtemps que celle du potassium.
Il est plus difficilement volatil que le potassium, d’après Davy, Gay-Lussac, Thénard et Deville. D’après Mitscherlich, au contraire, il distillerait à une température un peu plus basse.
La densité du sodium est 0,97223 à 15 degrés (Gay-Lussac et Thénard),0,985 (Schrœder), 0,9743 à 10 degrés (Baumhauer). D’après Ramsay, vers le point d’ébullition du métal, cette densité n’est plus que de 0,7414.
La vapeur du sodium attaquant les vases de platine et d’argent, V. Meyer n’a pu réussir à en déterminer la densité à l’aide de sa méthode. Dewar et Scott ayant eu recours à des vases de fer, dans une atmosphère d’azote, ont trouvé des nombres qui concordent avec le poids moléculaire Na 3 . Une partie du sodium se combine au fer dans cette expérience; les auteurs ont essayé de déterminer la densité de la vapeur du sodium dans un vase en platine; ils ont ainsi trouvé un poids moléculaire moitié moindre, mais le platine avait été fortement corrodé. On ne peut donc rien conclure de ces résultats.
Le coefficient dé dilatation du sodium est égal à 0,0000731 ; il est sensiblement proportionnel à la température et supérieur à celui des autres métaux, à l’exception du potassium dont le coefficient est 0,0000833. Le coefficient de dilatation du métal est plus considérable à l’état liquide qu’à l’état solide. Au moment de sa fusion, il éprouve une dilatation notable (Hagen). Sa chaleur latente de fusion est égale à 0 Cal ,73 (Joannis).
Le sodium conduit bien la chaleur et l’électricité. D’après Matthiessen, sa conductibilité calorifique serait inférieure à celle de l’argent, du cuivre et de l’or, et supérieure à celle des métaux suivants; elle serait représentée par 365, celle de l’argent étant 1000 (Calvert et Johnson). Quant à sa conductibilité électrique, elle est égale à 37,4 à 21°,7, celle de l’argent étant 100.
i ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
La chaleur spécifique du sodium est égale à 0,2934, d’où il résulte que le poids atomique du métal se confond avec son équivalent (Régnault). C’est le
plus électro-positif des métaux après le cæsium, le rubidium et le potassium
(Bunsen). La chaleur spécifique du sodium liquide est égale à 0“ 21 (Joannîs).
Les composés du sodium, introduits dans la flamme du bec Bunsen, ou soumis àl’action de l’étincelle,donnent deux raies jaunes caractéristiques,d’un grand éclat, dont les longueurs d’onde sont respectivement : 589,5 et 588,9. Elles correspondent à la raie D de Fraunhœfer.
L’étincelle donne, en outre, avec le métal où lé sel fondu, les raies suivantes :