RICHESSE
dissolution.
En
HYDRATE à 10 HO
DENSITÉS
Le sulfate de soude est insoluble dans l’alcool absolu, mais l’alcool faible en dissout des quantités d’autant plus grandes qu’il renferme plus d’eau. Schilf a publié la table suivante :
Dans l'alcool de
densité: Degrés centésimaux. NaO.SO’.lOHO p. 100.
L’addition d’alcool froid à une dissolution sursaturée de sulfate de soude en précipite instantanément des cristaux d’hydrate à 10HO. Mais, si l’on fait arri ver à la surface de la dissolution une couehe volumineuse d’alcool chauffé à 36 ou à 40 degrés, on obtient, au bout de deux ou trois jours, une cristallisation de l’hydrate à 7 équivalents d’eau. Ces cristaux se forment à la surface de séparation de l’alcool et de la dissolution aqueuse (Lœwel).
La chaleur de formation de l’hydrate NaO,S0 3 , 10HO, depuis le sel anhydre et l’eau solide, est égale à —)— 2 Cal ,3 (Berthelot).
Préparation. — Le sulfate de soude à 10 équivalents d’eau se forme constamment quand on laisse refroidir dans un vase, à l’air libre, les dissolutions saturées à l’ébullition. Ces dissolutions ne peuvent en effet déposer des cristaux de sel anhydre, puisque la solubilité de ce sel augmente à mesure que la tempé-
(1) Gmelin-Kraut’s Handbuch der Chemie, t. II, p. 188.
KNCYCLOP. CHIM. *
rature baisse. Aux températures supérieures à 34 degrés, l’hydrate à 10 équivalents d’eau ne peut se former, d’après ce qu’on a vu plus haut. Il faut donc que la température de la dissolution s’abaisse jusque vers 32 degrés pour que les germes en suspension dans l’atmosphère puissent faire cristalliser la solution par leur contact (Lœwel).
Quand on a laissé la liqueur sursaturée se refroidir à l’abri du contact de l’air jusqu’à la température ordinaire, il suffit d’y laisser tomber un cristal d’hydrate à 10H0 pour que la dissolution se prenne en masse. La chaleur dégagée par ce changement d’état du sel dissous est suffisante pour élever la température de la masse de zéro à 17 ou 18 degrés d’après Selmi. Lœwel a vu, dans certains cas, la température des dissolutions sursaturées dépasser 32 degrés au moment de leur solidification.
DISULFATE TRISODIQUE.
3(Na0,S0 3 ),H0,S0 3 .
Petits cristaux brillants, inaltérables à l’air, appartenant au type clinorhombique (Thomsen, Mitscherlich).
On l’obtient en faisant recristalliser le bisulfate de soude dans l’eau et recueillant les premiers cristaux qui se déposent (Marignac).
Rose a décrit un hydrate de disulfate trisodique, en gros prismes rhombo'idaux :
3(Na0,S0 3 ),H0,S0 3 + 2 HO.
Il se forme quelquefois quand on soumet le bisulfate à une seconde cristallisation.
PYROSULFATE DE SOUDE.
Na0,2S0 3 .
Ce composé se forme en même temps que le chlorure de pyrosulfuryle, quand on distille l'acide sulfurique anhydre sur du sel marinjpulvérisé (Rosenstiehl). On l’obtient encore, mêlé à du sulfate neutre, par la calcination du bisulfate. Le sel qui se sépare des dissolutions chaudes du sulfate neutre dans l’acide sulfurique fumant, est un mélange de pyrosulfate et de bisulfate de soude.
Le pyrosulfate se dédouble au rouge vif en sulfate neutre et acide sulfurique anhydre.
BISULFATE DE SOUDE.
NaO,HO,2 SOS.
Sel anhydre. — Longs prismes transparents, à quatre pans, appartenant au système triclinique. Les cristaux deviennent rapidement mats quand on les expose à l’air, sans toutefois s’effleurir (Marignac). Leur densité est 1,8.
SODIUM
Ce sel se dissout dans l’eau, en se dédoublant encore plus facilement que le bisulfate de potasse, en sel neutre et acide libre. L’alcool le détruit encore plus facilement. A l’air humide, le bisulfate tombe en déliquescence et forme une bouillie de sulfate neutre imprégnée d’acide sulfurique aqueux.
La formation du bisulfate solide, depuis le sulfate neutre et l’acide sulfurique solides, dégage -f-8 CaI ,l. L’addition de 1 équivalent de S0 4 H à 1 équivalent de S0 3 ,NaO dissous dans 2 litres d’eau, produit une absorption de chaleur égale à — l Cal ,05, nombre presque identique à celui qu’on obtient pour le sulfate de potasse. La chaleur de dissolution du sel est égale à —0 Cal ,8. Il résulte de tous ces nombres que le bisulfate dissous éprouve une décomposition partielle, variable avec les proportions relatives de l’eau, de l’acide et du sel neutre (Berthelot).
Le bisulfate de soude ne perd pas de son poids et conserve sa transparence quand on le chauffe à 149 degrés. Il fond vers 315 en abandonnant une trace d’eau. A une température plus élevée, il distille de l’acide sulfurique de plus en plus concentré; enfin, l’acide fumant apparaît avant la décomposition totale du bisulfate. On a tiré parti de cette propriété pour la préparation de l’acide de Saxe et pour la désagrégation de certains minerais, tels que le corindon, le fer chromé et la cérite.
Au rouge le bisulfate est partiellement transformé en pyrosulfate d’après l’équation :
Na0,II0,2S0 2 = Na0,2S0 3 + HO.
Préparation. — Pour obtenir le bisulfate solide, Berzelius recommande de verser 7 parties d’acide sulfurique d’une densité de 1,85 sur 10 parties de sulfate neutre anhydre et de faire fondre le sel à une douce chaleur. Il faut éviter un bouillonnement trop vif de la masse, bouillonnement occasionné par le dégagement de l’eau contenue dans l’acide sulfurique. On chauffe progressivement jusqu’à atteindre le rouge sombre, température à laquelle le sel éprouve la fusion ignée, puis on laisse refroidir.
En reprenant cette masse par 2 parties d’eau bouillante, ou en évaporant à 50 degrés la dissolution du sulfate de soude dans l’acide sulfurique étendu, M. Marignac a obtenu de gros prismes transparents, du type clinorhombique, correspondant à l’hydrate :
NaO,HO,2 SO 3 + HO.
Ces cristaux tombent en déliquescence à l’air humide.
QUADRISULFATE DE SOUDE.
Na0,H0,2S0 3 + 2S0‘H.
Sel anhydre. — Schultz-Sellack a obtenu ce composé en longs prismes fusibles vers 100 degrés, ressemblant au sel correspondant de potasse, en faisant cristalliser par refroidissement une dissolution de 1 partie de sulfate de soude dans un peu moins de 7 parties d’acide sulfurique.
Sel hydraté, Na0,H0,2S0 3 ,2S0 4 H + 3H0, ou Na0,4S0 3 ,6H0.—Longs prismes enchevêtrés, déliquescents, mais moins que le sel de potasse correspondant, fusibles à 90 degrés et perdant de l’eau vers 220 degrés.
M. Lescœur a obtenu cet hydrate en dissolvant 1 partie de sulfate de soude sec dans 3 parties d’acide sulfurique chaud. Toutefois, l’origine de l’eau de cristallisation de ce sel parait difficile à expliquer, à moins que l’auteur n’ait employé de l’acide sulfurique aqueux.