‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 2e cahier (volume 2)Chapitre 63 sur 99 · H2 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE · texte numérisé non relu

H2 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE

Préparation — On l’obtient en faisant digérer le dimétaphosphate de cuivre avec une dissolution bouillante de pentasulfure de sodium, dont il faut éviter d’employer un excès. La liqueur est évaporée à cristallisation. On purifie les cristaux en les reprenant par l’eau. L’addition de l’alcool à la dissolution aqueuse en précipite l’orthophosphate sous forme de poudre ou de belles aiguilles, selon le degré de concentration de la liqueur.

TRIMÉTAPHOSPHATE DE SOUDE.

3 NaO,3 PhO 5 + 6 HO.

Propriétés. — Prismes tricliniques dont les côtés font un angle de 84° 30' avec la base. Les angles des faces sont respectivement égaux à 73° 40' et à 170 degrés. Leur saveur est fraîche et salée. Ils sont neutres au tournesol. Ils perdent 24,63 pour 100 d’eau dans le vide sec, et 24,94 pour 100 à 100 degrés. La fusion ignée enchâsse encore 1,18 pour 100 d’eau. Ils n’éprouvent pas la fusion aqueuse.

Le trimétaphosphate hydraté se dissout dans 4,5 parties d’eau froide. Cette dissolution devient acide quand on la maintient à l’ébullition ; elle renferme alors du phosphate monosodique. Le trimétaphosphate est insoluble dans l’alcool concentré; l’alcool faible n’en dissout que des traces.

Préparation. — l°On chauffe lentement et uniformément de l’orthophosphate ammoniaco-sodique, en évitant d’élever la température jusqu’à la fusion du sel. On broie la masse avant qu’elle ait perdu sa réaction acide, et on la chauffe de nouveau en la malaxant continuellement pour empêcher qu’elle ne s’agglomère. On cesse de chauffer dès que la réaction acide n’est plus que très faible. On reprend par l’eau froide, qui laisse un résidu insoluble de monomélaphosphate. Les eaux de lavage, évaporées à 30 degrés, donnent une cristallisation de trimétaphosphate.

2° On abandonne à un refroidissement très lent une grande masse d’hexa^métaphosphate de soude fondu. Celle-ci se transforme ainsi en un magma cristallisé, qu’on reprend par une quantité limitée d’eau chaude. Le liquide se sépare, en deux couches : la supérieure renferme du trimétaphosphate, tandis que la couche inférieure ne contient que de l’hexamétaphosphate. Ces deux couches se mélangent en présence d’un grand excès d’eau.

TÉTRAMÉTAPHOSPHATE DE SOUDE.

4Na0,4Ph0 5 + 4HO.

Propriétés .— Masse transparente et fendillée, non hygrométrique et neutre au tournesol. Elle fond au rouge en se transformant en hexamélapliosphate.

Préparation. — On l’obtient en décomposant les télramétaphosphates de

SODIUM

cadmium, de plomb, de bismuth, ou le télramétaphosphate cuprico-sodique, par une dissolution de sulfure de sodium. Toutefois, il est difficile de le séparer des sulfures métalliques qui l’accompagnent.

Voici comment Fleitmann recommande d’opérer : On arrose le tétramétaphosphate de plomb réduit en poudre fine avec une dissolution de foie de soufre. Le mélange s’échauffe et se gonfle, en donnant un gâteau noir élastique formé d’un mélange de sulfure de plomb et de tétramétaphosphate de soude, et qui ne perd pas sa viseosité et ne laisse pas dissoudre une trace de métaphosphate quand on le traite par 100 parties d’eau bouillante. En faisant usage de tétramétaphosphate de plomb non purifié, qui renferme beaucoup de sel amorphe, on parvient, à l’aide d’une digestion prolongée dans une grande quantité d’eau, à lessiver la masse et à obtenir une dissolution de tétramétaphosphate. L’addition d’alcool en précipite le sel.

HEXAMÉTAPHOSPHATE DE SOUDE.

6NaO,6PhO’.

Propriétés. — Ce sel se présente sous la forme d’une masse vitreuse, incolore et limpide, d’une saveur fade, rougissant à peine le tournesol, déliquescente à l’air, et se dissolvant dans l’eau sans dégagement de chaleur. Il se dissout très facilement dans l’alcool (Graham). Sa dissolution aqueuse, évaporée à 38 degrés, laisse un résidu gommeux et transparent qui renferme environ 1 équivalent d’eau, et qui se transforme en pyrophosphate quand on le chauffe à 204 degrés.

La dissolution d’hexamétaphosphate de soude se conserve indéfiniment à la température ordinaire.

Additionnée d’une lessive de soude, elle ne s’altère pas à l’ébullition; mais, si l’on évapore le mélange à sec et qu’on chauffe le résidu au rouge, tout se transforme en orthophosphate.

L’électrolyse de l’hexamétaphosphate donne lieu, d’après Burckard, aux mêmes phénomènes que celle du pyrophosphate (voy. p. 139).

L’hexamétaphosphate de soude possède, comme le borax, la propriété de dissoudre un grand nombre d’oxydes métalliques. C’est ce qui explique l’emploi du sel de phosphore dans les essais au chalumeau, ce sel se transformant en hexamétaphosphate sous l’action de la flamme.

Préparation. — On l’obtient par la fusion ignée de l’orthophosphate monosodique ou de l’orthophosphate ammoniaco-sodique (sel de phosphore). C’est le produit ultime de l’action de la chaleur sur les autres variétés isomériques de mélaphosphates. Il faut refroidir rapidement la masse fondue, afin d’éviter sa rétrogradation partielle à l’état de trimétaphosphate.

Lit

PYROPHOSPHATE ET MÉTAPHOSPHATE DE SOUDE.

2Na0,P0 5 ,Na0,P0 5 + 18H0.

Propriétés. — Prismes inaltérables à l’air. Ils perdent leur eau de crislallisation à 100 degrés. Il se dissolvent lentement dans 2 parties d’eau froide. Leur dissolution est faiblement alcaline, mais elle ne tarde pas à prendre une réaction acide par suite de la transformation d’orlhophosphate ; à la température de l’ébullition, celte métamorphose s’accomplit en une demi-heure (Uelsmann, Fleitmann et Ilenneberg).

Préparation. —On fond dans un creuset de platine un mélang ede 76,9 parties d’hexamétaphosphate de soude et de 100 parties de pyrophosphate ; ou bien de 187 parties d’hexamétaphosphate et 100 parties d’orthophosphate trisodique. On continue l’action du feu pendant quelque temps en remuant la matière fondue.

Par refroidissement, elle se prend en une masse cristalline. On la broie en poudre fine, qu’on introduit dans une quantité d’eau bouillante insuffisante pour tout dissoudre. On se hâte de filtrer la dissolution, puis on la refroidit aussi rapidement que possible; au bout de douze à vingt-quatre heures, elle abandonne des cristaux du sel hydraté.

L’eau mère renferme une certaine quantité d’orlhophosphate acide de soude qui s’est formé pendant la dissolution de la masse fondue. On l’évapore a sec, on fond le résidu et on le reprend par l’eau pour obtenir une nouvelle cristallisation.

DÉCAPHOSPHATE DE SOUDE.

2 (Na0,Ph0 5 ,5 NaO,5 PhO 5 ) = 6NaO,-10PhO 5 .

En fondant un mélange de 100 parties de pyrophosphate de soude avec 307,5 parties d’hexamétaphosphate, Fleitmann et Henneberg ont obtenu une masse vitreuse, ayant la composition indiquée par la formule ci-dessus. Les dissolutions de ce sel double cristallisent plus difficilement que celles du sel précédent.

DIMÉTAPHOSPHATE SODICO-POTASSIQUE.

Na0,K0,2Ph0 5 + 2H0.

Propriétés. — Cristaux volumineux qui perdent une partie de leur eau à 150 degrés; le reste ne se dégage qu’au rouge sombre. A une température un peu plus élevée, le sel fond en un verre soluble dans l’eau et qui renferme des hexamétaphosphates de soude et de potasse.

Le dimétaphosphate double est soluble dans 24 parties d’eau froide.

SODIUM

Préparation. — On l’obtient, sous forme de précipité cristallin, quand on mélange des dissolutions de dimétaphosphate de soude et de potasse. Il se forme encore par double décomposition, quand on mélange des dissolutions de chlorure de sodium et de dimétaphosphate de potasse, ou de chlorure de potassium et de dimétaphosphate de soude.

Pour obtenir le sel double en gros cristaux, il suffit de le faire redissoudre dans l’eau ét d’évaporer la dissolution.

SULFOPHOSPHATE DE SOUDE.

Propriétés. — Ce sel a été découvert par Wurtz. Il cristallise en tables hexagonales très brillantes. D’après F. de la Provostaye, ce sont des lamelles très minces, appartenant au système rhomboédrique (angle du rhomboèdre primitif : 104°20' ; inclinaison d’une facette du rhomboèdre équiaxe sur chacune des faees voisines du rhomboèdre : 127°50'; angle de face du rhomboèdre et de la face basique : H4°30' ; angle de face de l’équiaxe avec les faces basiques : 132 à 133 degrés). Ce sel n’est donc pas isomorphe avec le phophaste tribasique à 24 HO décrit par Graham.

Les cristaux de sulfophosphate de soude s’effleurissent à Pair sec. Ils sont très solubles dans l’eau, insolubles dans l’alcool. La dissolution aqueuse du sel est très alcaline.

Le chlore, le brome et l’iode le décomposent instantanément en mettant le soufre en liberté et en s’emparant d’une partie du sodium. L’acide nitrique transforme le sulfophosphate en phosphate, et il se dépose du soufre. Les acides non oxydants décomposent le sulfophosphate de soude en mettant l’acide sulfophosphorique en liberté. Si l’on fait bouillir la liqueur, celui-ci se décompose en hydrogène sulfuré et acide phosphorique. Cette décomposition se produit également avec l’acide acétique. L’équation suivante rend compte de cette réaction :

PO^ HO + IPO 3 = P0 5 ,3 HO + 2 HS.

D’après Michaelis, la décomposition ne s’accomplit pas entièrement dans ce sens ; une partie de l’acide sulfophosphorique se dédouble en acide phosphoreux et en soufre libre.

Préparation. — « On traite le chlorosulfure de Sérullas par un grand excès de lessive de soude moyennement concentrée ; on introduit le tout dans un appareil dislillatoire, et l’on chauffe au bain-marie. Il se manifeste bientôt une sorte d’ébullition qui indique que la réaction s’accomplit avec énergie, et en même temps une portion du chlorosulfure passe dans le récipient avec les vapeurs aqueuses. La lessive caustique qui renferme presque toujours des sels métalliques, noircit par suite de la formation des sulfures. Quand tout le chlorosulfure a disparu, on laisse refroidir la liqueur, qui se prend ordinairement en masse du jour au lendemain ; on laisse égoutter les cristaux, on les lave avec

EHCYCLOP. CHIM.

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