PEROXYDE DE POTASSIUM, KO® OU KOL
Ce corps, découvert par Gay-Lussac et Thénard, a été soumis à une étude approfondie par Vernon Harcourt.
Propriétés. — A l’état de pureté c’est un corps solide, d’un jaune de chrome, d’une densité supérieure à celle de l’eau, fusible au rouge en une huile brune, et cristallisant en lamelles jaunes par refroidissement. Quand il a été préparé dans des vases de platine, sa couleur est brune. Maintenu en fusion pendant quelque temps dans une capsule d’argent, il dégage de l’oxygène et laisse un résidu gris, infusible, mélange d’oxyde de potassium et d’oxyde d’argent.
L’eau le détruit en le transformant en potasse avec dégagement d’oxygène ; la dissolution contient de l’eau oxygénée. La facilité avec laquelle il repasse à l’état de protoxyde en fait un puissant agent d’oxydation. Il est réduit par l’hydrogène avec incandescence, transforme le phosphore, le soufre, le carbone, en acides oxygénés qui restent combinés avec l’alcali, et détone quand on le chauffe avec les matières organiques.
Il fait passer les acides sulfureux et phosphoreux au maximum d’oxydation, se change en carbonate en présence de l’oxyde de carbone, et au contact de AzO®, dégage des vapeurs rutilantes en se transformant en azotate et azotite :
2K0* + Z.KzO'^ — K0,Az05 + KO.AzO® + AzO».
Les métaux oxydables chauffés au rouge avec le peroxyde de potassium le ramènent à l'état de protoxyde, parfois avec dégagement de chaleur et de lumière (Gay-Lussac et Thénard).
Au rouge, il se comporte d’une façon analogue avec le potassium et se transforme en potasse anhydre.
Chauffé dans une atmosphère de gaz ammoniac, il donne naissance à de l’eau et à du bioxyde d’azote.
Gay-Lussac et Thénard envisageaient ce corps comme du trioxyde de potassium KO® ; ils supposaient qu’en présence de l’eau, il se transforme en hydrate de potasse normal. M. Vernon Harcourt admet que la composition de cet oxyde correspond à la formule KO*; l’eau le dédoublerait, comme on l’a indiqué plus haut, en bioxyde KO® et en oxygène.
Préparation. — Gay-Lussac et Thénard ont obtenu le peroxyde de potassium en chauffant le potassium, entre 60 et 80 degrés, dans un excès d’oxygène ; le
verre et le platine étant fortement attaqués, il faut placer le métal dans une nacelle d’argent. En faisant brûler dans l’oxygène le sous-oxyde de potassium, la température s’élève peu et il devient possible d’opérer dans le platine. On peutjremplacer l’oxygène par le protoxyde ou le bioxyde d’azote, qui cèdent facilement leur oxygène au potassium. Enfin, d’après Davy, un mélange d’hydrate de potasse et de potassium se transforme en peroxyde quand on le chauffe dans un courant d’oxygène desséché.
La potasse hydratée maintenue en fusion à l’air dans un creuset d’argent se transforme partiellement en peroxyde, et fait effervescence quand on la reprend par l’eau. Au contact de l’ozone, la potasse caustique récemment fondue jaunit rapidement en se transformant superficiellement en peroxyde.
Yoici parque! procédé M. Vernon Harcourt a obtenu le peroxyde dans un plus grand état de pureté. Le potassium est d’abord débarrassé autant quepossible delà pellicule d’oxyde qui le recouvre, par filtration sous l’huile denaphte. On a décrit plus haut le mode de purification employé par l’auteur (voy. p.l8).Le métal filtré est chauffe dans un courant d’azote pour volatiliser l’huile de naphte. Quand il est refroidi, on^l’introduit rapidement sur une coupelle d’argent, dans un ballon plein d’air sec, fermé par un bouchon portant deux tubes : l’un sert à l’entrée de l’air sec; l’autre, qui est en libre communication avec l’atmospbère, est terminé par un tube à boules, rempli d’acide sulfurique, afin d’éviter l’introduction de l’air humide quand l’absorption de l’oxygène devient trop rapide. On chauffe légèrement, le potassium se recouvre d’abord d’une pellicule bleue de sous-oxyde. Bientôt le métal devient incandescent et le ballon se remplit de fumées blanches d’oxyde. L’oxygène esl rapidement absorbé et la pellicule qui recouvre le métal blanchit. Cet enduit blanc, formé sans doute par du bio.xyde, se transforme au bout de deux ou trois heures en une poudre jaune de peroxyde. Vernon Harcourt recommande de faire passer à la fin de l’opération un courant d’oxygène sec dans l’appareil. Malgré cette précaution, la transformation n’est jamais complète ; le produit renferme toujours des doses assez considérables de protoxyde.
SOUS-CHLORURE DE POTASSIUM, K^Cl.
Le sous-chlorure de potassium est une masse d’un bleu foncé, obtenue en fondant du potassium avec du chlorure de potassium au milieu d’un courant d’hydrogène. Au contact de l’eau, il se décompose en chlorure de potassium et en potasse avec dégagement d’hydrogène (Rose).
On 1 obtient encore en soumettant à l’électrolyse le chlorure de potassium fondu (Bunsen etKirkchoff).
CHLORURE DE POTASSIUM, KCl.
Propriétés. —Ce corps était connu anciennement sous les noms de sel fébrifuge, sel digestif de Sylvius, sel marin régénéré, muriate de potasse.
POTASSIUM
Il crislallise en cubes ou en prismes rectangulaires. D’après Rammelsberg, dans une solution de potasse caustique ou en présence de l’iodure de potassium, le chlorure de potassium cristallise en octaèdres et en présence de l’oxyde de plomb en dodécaèdres rhomboïdanx.
La densité du chlorure de potassium est : 1,945 (H. Kopp), 1,998 (Schrœder), 1,995 (Schifl), 1,945 (Stolba), 1,836 (Kirwan), 1,915 (Karsten), 1,978 (Joule- Playlair), 1,986 (Buignet), 1,994 (Filhol). Joule, Playfair, Schrœder, ont déterminé celte densité à 3“,9 et Stolba à 15 degrés. D’après Quincke, le poids spécifique du chlorure de potassium serait à zéro 1,995 et à son point de fusion 1,612. D’après Dav. Page et Keighlley, prise à 15°,6 dans l’alcool absolu, la densité du chlorure de potassium est 1,90, et dans l’essence de térébenthine 1,91. Ils ont déterminé la densité du chlorure de potassium par digestion à 15 degrés et par digestion à 100 degrés et refroidissant à 15°,6.
Le chlorure de potassium est très soluble dans l’eau.
M. Coppet a construit te tableau suivant qui résume ses observations et celles deGay-Lussac, Kremers, Mulder, Legrand, Gerlach, Karsten, Nordenskiold, etc. Les solubilités observées et calculées correspondent aux quantités de sel supposé anhydre contenues dans 100 parties d’eau :