‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 2e cahier (volume 3)Chapitre 22 sur 107 · SOLUBILITÉ · texte numérisé non relu

SOLUBILITÉ

DIFFÉRENCE

OBSERVÉE

CALCULÉE

M. Marignac a déterminé la chaleur spécifique du bromure de potassium en solution :

K^BrS!

50 aij. 100 £

200 aq. 50 aq. 100 aq. 200 aq.

n après Régnault, la chaleur spécifique du bromure solide rapportée à l’unité de poids est0,113. Rapportée au poids équivalent, elle est égale à 13,3; calculée d’après la somme des chaleurs spécifiques des éléments, trouvées par expériences on trouve 13,2 (Régnault).

Le bromure de potassium KBr absorbe pour se dissoudre dans 200 vers 15 degrés —5',4 (Berthelet), —5',2 (Thomson).

Propriétés chimiques. — Voici, d’après Thomsen et Berthelot, les données thermiques relatives au bromure de potassium :

K + Br dont l’équivalent est 119,11

Brome gazeux.... +

( sel dissous. + 9o,0

r, 1- -, ( sel solide. + 96,4

Brome liquide.... ... T n/r,

( sel dissous. + 91,0

Le chlore décompose le bromure en mettant du brome en liberté. La solution aqueuse se colore par l’action du chlore en rouge orangé et peut être sensiblement décolorée par l’agitation avec de l’éther qui lui enlève du brome. Cette réaction est mise à profit pour déceler la présence du brome dans certaines eaux salines où le bromure accompagne en petites quantités le chlorure de sodium.

Le bromure de potassium est décomposé par une solution d’acide hypocbloreiix. Il se forme du bromate et du bromure en même temps que du chlore et du brome sont mis en liberté (Balard).

Le bromure de potassium n’est pas transformé en bromate par le permanganate de potasse même à l’ébullition ; mais, lorsqu’on ajoute de l’acide sulfurique, du brome est mis en liberté et on peut ainsi chasser tout le brome par l’ébullition (Hempel).

Le bromure de potassium traité par l’acide sulfurique concentré dégage de l’acide sulfureux, du brome et des traces d’acide bromhydrique (Diesel). D’après Fallières, si le bromure est pur, il se dégage peu de brome et beaucoup d’acide bromhydrique. Le bromure de potassium est décomposé au rouge par le chlore mais non par l’iode (Balard). Quand on le fond avec du chlorure de potassium, il se forme du bromate de potasse et du chlorure de potassium (Henry).

L’acide borique et l’acide silicique sont presque sans action sur le bromure de potassium sec (Schônbein).

Le bromure de potassium soit pur, soit légèrement alcalin, en solution aqueuse saturée, peut gonfler les granules de fécule au point d’accroître de 25 à 30 fois leur volume, en dissolvant la substance interne et donnant à la couche externe une énorme extension (Payen).

Quand on verse de l’acide chlorhydrique dans une dissolution de bromure de potassium et qu’on soumet le tout à l’évaporation, il y a partage entre les deux hydracides. Mais même en présence d’un grand excès d’acide chlorhydrique, le déplacement de l’acide bromhydrique est incomplet, ainsi que le montrent les résultats des expériences de M. Berthelot :

KBr 1,03HC1 a fourni 0,86KBr 0,14KC1 KBr -f 7HC1 — 0,84KBr -f 0,16KC1

L’acide iodhydrique, au contraire, chasse presque entièrement l’acide bromhydrique ;

KBr + 1,03HI a donné 0,60 Kl + 0,40KBr KBr-f2Hl — 0,98 Kl

ENCÏCLOP. CHIB.

Pendant l’évaporation, l’acide chlorhydrique, par suite de sa tension plus considérable à l’état anhydre, est chassé en quantité plus grand«i II faut joindre à cette cause la volatilité plus grande de l’acide chlorhydrique.

M. Berthelet a constaté l’absorption de l’acide brorahydrique gazeux par le bromure de potassium sec. Au bout d’une demi-heure, 1 gramme de sel en avait absorbé deux fois son volume d’acide bromhydrique. Il semble donc que, dans ces conditions, il se forme un peu de bromhydrate de bromure.

Préparation. — Pour obtenir le bromure de potassium, on dissout de la potasse dans de l’eau et l’on y ajoute du brome jusqu’à coloration persistante. On évapore la liqueur à siccité; il reste une matière saline blanche qui est un mélange de bromate et de bromure :

6 KO -f 6Br = K0,Br05 -f- 5KBr.

On chauffe la masse au rouge jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’oxygène provenant de la décomposition du bromate qui se transforme en bromure. On reprend le résidu par l’eau, puis on filtre. La liqueur concentrée par évaporation laisse déposer par refroidissement des cristaux de bromure.

Lœvig fait passer un courant d’hydrogène sulfuré dans la liqueur contenant un mélange de bromate et de bromure pour transformer le bromate en bromure. Il chasse l’excès d’acide sufhydrique par l’ébullition, filtre pour séparer du soufre, neutralise la liqueur soit par de la potasse, soit par de l’acide bromhydrique et évapore.

Stas calcine le bromate de potasse dans un creuset de porcelaine à une chaleur modérée (un creuset de platine donnerait un bromure double de platine et de potassium), dissout le résidu dans l’eau et y ajoute du bromhydrate d’ammoniaque, puis il évapore et chauffe la dissolution pour volatiliser le sei ammoniacal, enfin il fond le bromure de potassium dans un creuset de platine. La silice se rassemble sous forme d’un grumeau solide qu’on enlève avec une spatule de platine.

On peut encore obtenir le bromure de potassium :

1° En saturant une dissolution d’acide bromhydrique avec de la potasse ou du carbonate de potasse purs et évaporant;

2” Par la décomposition du bromure de fer par le carbonate de potasse ' (Henry) ;

3“ Par la décomposition du bromure de fer par le sulfate ou le carbonate de potasse (Klein et Faust).

4° Fallières fait dissoudre 100 parties de bicarbonate de potasse dans 500 parties d’eau, puis il verse dans la dissolution 80 parties de brome, et, quand tout l’acide carbonique s’est dégagé, il ajoute 30 parties d’eau ammoniacale d’une densité de 0,875, étendue de 80 parties d’eau. Il évapore pour chasser l’ammoniaque, fond le résidu pour décomposer le bromate, redissout dans Peau de brome et laisse cristalliser.

5” On peut encore avoir recours à la combinaison directe du brome et du potassium (Balard).

Bibromure de potassium. — Selon Lœvig, on l’obtient en dissolvant une partie de sel neutre dans six parties d’eau, puis ajoutant du brome, jusqu’à ce que celui-ci cesse de se dissoudre. Il se forme une liqueur jaune rouge, qui blanchit les couleurs végétales, et dans laquelle le potassium est combiné avec deux fois autant de brome que dans le protobromure.

D’après Balard, le bromure de potassium aqueux ne dissout pas plus de brome que l’eau pure et par suite le tribromure n’existerait pas.

Tribromure de potassium. — Il s’obtient en dissolvant le bromure dans un poids d’eau égal au sien, et en mêlant la dissolution avec du brome en excès. La combinaison s’opère avec une telle violence, que le mélange s’échauffe et que le brome en excès distille.

La liqueur est noire, brune et épaisse. On peut l’étendre sans qu’il se dépose de brome; mais la combinaison est alors si instable, que le brome s’en dégage à l’air libre, ou au moyen d’une légère application de chaleur dans un appareil distillatoire (Lœvig).

M. Berthelet a constaté que la dissolution de Br dans une solution deKBr-l-28HO dégagea 15 degrés-|-3CMj55. A partir du brome solide on aurait obtenu;-1-3,3. Avec le brome gazeux on aurait eu:-j-ll,5; valeur voisine de celle de la dissolution de l’iode gazeux dans l’iodure de potassium (+10,0).

Un mélange de bromure de potassium sec et pulvérisé (2 éq.) et de brome liquide (1 éq.) abandonné pendant quelques jours envase clos, se transforme en un composé orangé et cristallisé partiellement dissocié. M. Berthelot a mesuré la chaleur de dissolution de ce composé dans une dissolution concentrée de bromure de potassium, et l’a comparée à la chaleur dégagée par la dissolution successive de poids égaux de bromure de potassium et de brome libre dans une liqueur identique ; il a trouvé ainsi ;

KBr solide -J- Br^ liquide, dégage ... -H 2,94 ; Br^ solide -L 2,7 ; d’où l’on déduit :

KBr solide + Br^ gazeux, vers 0“. -f 10,9,

nombre presque identique avec la chaleur de formation de-Kl- (10,8).

Ces composés présentent un parallélisme complet avec les polysulfures et les peroxydes alcalins.

KNCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

lODURES DE POTASSIUM.

Le potassium forme avec l’iode les composés KI,Kr^ (?) et KP.

lODURE DE POTASSIUM, Kl.

Propriétés physiques. — L’iodure de potassium cristallise comme le chlorui-e et le bromure en cubes, rarement en octaèdres. Il est incolore et transparent quand il est pur, opaque quand il renferme une petite proportion de carbonate de potasse. On obtient encore des cristaux' opaques quand on le fait cristalliser dans des solutions chaudes (Wittstein) ou très concentrées (Erlenmeyer). On obtient aussi parfois de longues aiguilles, qui paraissent être une agglomération de cubes (Warington). Il est inodore, quand il est bien pur; il a une saveur âcre et salée. Sa densité est 2,9084 (Kartsen), 2,85 (Schiff), 3,079 (Schrœder), 3,091 (Boullay), 3,059 (Joule et Playlair), 2,97 (Buignet), 3,056 (Filhol). A zéro sa densité est 3,076 et à son point de fusion 2,497 (Quincke).

L’iodure de potassium est fusible au-dessous de la chaleur rouge et répand des fumées épaisses à une teirpérature plus élevée; il se présente, après la fusion, sous la forme d’une masse cristalline et nacrée, qui possède une réaction alcaline (Gay-Lussac).

D’après M. Régnault, la chaleur spécifique de l’iodure de potassium rapportée à l’unité de poids est 0,0819. Rapportée au poids équivalent, elle est égale à 13,5 ; le nombre théorique est 13,3.

L’iodure de potassium est plus soluble dans l’eau que le chlorure et le bromure correspondants. Le tableau suivant, dû à M. de Coppet, résume les observations de 1 auteur ainsi que les mesures antérieures. La solubilité est représentée par une ligne droite. On a comparé les solubilités, rapportées à 100 parties d’eau, à celles qu’on calcule à l’aide de la formule;

POTASSIUM

SOLUBILITÉ DE l’iODURE DE POTASSIUM Kl.

TEMPÉRATURE

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