EN 100 PARTIES D’EAU
Den
Pour 1 gramme d’iodure de potassium dissous dans 100 grammes d’eau, le point de congélation se trouve abaissé de 0°,212 (Rüdorff).
L’alcool peut aussi dissoudre l’iodure de potassium, mais en proportion beaucoup moindre que l’eau.
A 12°,5, il se dissout dans cinq fois ei demie son poids d’alcool dont la densité = 0,85, mais à la même température, il exige 39 à 40 parties d’alcool absolu pour se dissoudre. Dans l’alcool chaud, il se dissout en plus grande quantité, et, par le refroidissement, il cristallise en aiguilles (Baup).
De zéro à 18 degrés, 100 parties d’alcool de :
Densité... 0,9901 0,9851 0,9726 0,9665 0,9528 0,9390 0,9088 0,8461 0,8322
Dissolvent. 130,5 119,1 100,1 89,9 76,9 66,1 18,2 11,1 6,2
parties d’iodure de potassium. La solubilité croît avec la température pour les alcools aqueux (Gerardin).
L’iodure de potassium est déliquescent. Il produit un abaissement considérable de température en se dissolvant dans l’eau. Le froid ainsi produit peut aller jusqu’à — 24 degrés (Baup). 140 parties de ce sel dissous dans 100 d’eau abaissent la température de lO^S à — 11“,7, par conséquent de 22“,5 (Rfldorff).
M. Marignac a mesuré les chaleurs spécifiques des solutions d’iodure de potassium entre 20 et 51 degrés. Il a trouvé:
, Chaleur spécifique. Chaleur moléculaire.
Formule. Equivalcut. --— ---—-
,■7.. ^OO.àq. 200.4q.
L’iodure de potassium Kl absorbe pour se dissoudre dans 200H'0^ environ vers 15° — 5',3 (Berthelot), — 5°,2 (Favre), — 5,1 (Thomson). Kl + 16HO absorbe—4',0 (Favre).
Propriétés chimiques. — La chaleur de formation de l’iodure de potassium a été mesurée par Thomsen ;
K -F l dégage :
I étant gazeux.
Sel solide. Sel dissous.
+ 85Cal,l 4- 80Cal,l
80Cal,0 + 71Cal,7
Les dissolutions d’iodure de potassium sont toujours neutres même au contact d’air chargé de poussières et d’acide carbonique. Ce n’est que dans une atmosphère contenant de l’ozone qu’elles présentent une réaction alcaline (Ilouzeau).
L’ozone sec est sans action sur l’iodure de potassium sec (Engler et Nasse).
Plusieurs chimistes ont constaté qu’une solution d’iodure de potassium jaunissait sous l’influence de la lumière solaire, et arrivait au bout de peu de temps à contenir de l’iode libre. D’apres M. Vidau, ce fait serait dû à la lumière seule et l’air n’interviendrait nullement dans le phénomène.
M. Battandier a été conduit, d’après ses nombreuses expériences, à admettre la nécessité de l’intervention de l’air; cette décomposition serait due à la lumière solaii'e et aux acides de l’air et principalement à l’acide carbonique.
L’eau oxygénée pure et neutre décompose l’iodure de potassium avec formation de potasse caustique et mise en liberté d’iode. Brodie, qui a signalé cette réaction, a montré qu’elle se produit encore, bien que plus lentement, dans les dissolutions étendues. Cette décomposition paraît due à un dédoublement de l’iodure de potassium, sous l’influence de l’eau, en bioxyde de potassium et acide iodhydrique qui, par leur action mutuelle, se transforment ensuite en potasse caustique et iode, d’après les équations suivantes :
Kl -1-HO-3 = KO^-I-III K02 + HI = Kl -L HO + O III +0 =110+1
La séparation de l’iode est plus rapide quand on acidifie préalablement la liqueur, l’eau oxygénée rencontrant alors l’acide iodhydrique tout formé (Veltzien).-
M. Houzeau a constaté, de son côté, que l’iodure de potassium parfaitement neutre se colore en jaune par l’action de l’eau oxygénée. Il semble pourtant que l’eau oxygénée, chimiquement pure, n’exerce qu’une action insensible sur l’iodure de potassium parfaitement neutre. D’après M. Berthelet, la séparation d’iode qui se produit dans les liqueurs acides serait due à l’oxydation de l’acide iodhydrique déplacé par l’acide antagoniste. Il faudrait attribuer la coloration des liqueurs neutres à l’action préalable de l’acide carbonique de l’air ou à l’acide silicique des vases de verre.
Si l’on fait passer de la vapeur d’eau sur de l’iodure de potassium chauffé au rouge, il se dégage beaucoup d’acide iodhydrique et le résidu présente une réaction alcaline (Schindler).
L’iodure de potassium est décomposé par le chlore comme tous les autres iodures en donnant naissance à un dépôt d’iode qu’on peut reconnaître facilement à la propriété que possède ce corps de former avec l’amidon un composé bleu. Un excès de chlore, en présence d’une grande quantité d’eau, fait disparaître ce précipité et la liqueur se colore en jaune. 11 se forme le composé KCl, ICI® (Filhol) (voy. plus haut, p. 45).
L’iodure de potassium réduit l’acide azoteux en bioxyde d’azote et de l’iode est mis en liberté (M. Béchamp). L’acide azotique décompose l’iodure de potassium avec séparation d’iode. Fondu avec du chlorate de potasse, l’iodure se convertit en iodate.
Dans une atmosphère d’acide sulfureux, l’iodure de potassium devient jaune; exposé à l’air il redevient incolore. Une dissolution d’acide sulfureux produit le même effet, mais la coloration disparaît quand on chasse l’acide soit par la chaleur, soit par l’addition de potasse ou d’ammoniaque (Schonbein).
Les vapeurs d’acide sulfurique anhydre sont absorbées par l’iodure de potassium qui se colore en brun rougeâtre. Il se forme de l’acide sulfureux et du sulfate de potasse, et de l’iode est mis en liberté.
Si l’on fait agir de l’acide sulfurique concentré sur de l’iodure de potassium, il se dégage de l’acide sulfureux et sulfhydrique et il se dépose de l’iode. Du résidu l’eau sépare du soufre et de l’iodure de soufre. Si l’acide est étendu de
POTASSIUM
4 à 6 parties d’eau, il ne se dégage plus d’acide sulfhydrique, mais il se dépose encore de l’iode :
Kl + 2S03 = KO.SO» + SO^ + I.
Un mélange de parties égales de chlorure de sodium, d’iodure de potassium, de salpêtre et d’acide sulfurique forme du chlorure d’iode (Soubeiran).
Le permanganate de potasse transforme une solution neutre ou acide d’iodure de potassium en iodale de potasse (Hempel) :
Kl + 2(K0,Mn20') = K0,I05 + 2 KO -f 4MnOL (H. Rose.)
L’iodure de potassium est décomposé par un mélange d’acide sulfurique et de peroxyde de manganèse ; tout l’iode est mis en liberté et il se forme des sulfates de potasse et de manganèse.
Les acides acétique, azotique, oxalique, à la dose de 0,005, ne décomposent pas l’iodure de potassium pur en solution aqueuse saturée lorsque le liquide est à l’abri du contact de l’air, même au bout de plusieurs jours ; mais en présence de l’air une partie de l’iode est mise en liberté.
Quand on calcine l’iodure de potassium avec divers sels alcalins ou ammoniacaux (chlorures, sulfates, azotates, phosphates, borates), la majeure partie de l’iode est volatilisée (Vogel, Hemmet, Henry).
L’iodure de potassium est réduit par une solution concentrée de ferricyanure avec formation de ferrocyanure :
FeSCy^Ks Kl =:2FeCy3K2 -j-1 (Mohr).
Quand on introduit de l’iode dans une solution concentrée de ferrocyanure de potassium, l’iode se dissout sous l’action de la chaleur et l’on obtient des cristaux jaune d’or de la combinaison Fe^Cy^K^KI (Preuss).
Enfin, signalons l’existence de nombreux iodures doubles formés par l’union des iodures métalliques avec l’iodure de potassium.
Préparation .— 1. L’iodure de potassium se prépare ordinairement en dissolvant l’iode dans la potasse. Il se forme dans cette réaction un mélange d’iodure et d’iodate de potasse ;