BIIODURE DE POTASSIUM (?), KP
Préparation. — On l’obtient, d’après Baup, en faisant macérer de l’iode en excès dans une dissolution d’iodure de potassium, jusqu’à ce que l’iode cesse de se dissoudre. Plus la dissolution est étendue, plus la réaction se fait avec lenteur. La liqueur devient d’un brun foncé.
L’iodure de potassium ioduré ainsi obtenu en faisant dissoudre 3 parties d’iode dans 4 parties d’iodure de potassium, est une véritable combinaison chimique, très instable. C’est un biiodure de potassium. En effet, suivant qu’on le fait agir sur un sel dont le métal forme avec l’iode un ou plusieurs composés définis, il se forme un iodure mélangé à de l’iode libre ou un iodure plus avancé que le protoiodure.
Ainsi, si l’on précipite le nitrate de plomb par le biiodure de potassium, il se forme un précipité noir d’un iodure ayant pour formule PblL
Si l’on dissout moins de 3 parties d’iode dans 4 parties d’iodure de potassium, on a un mélange de biiodure et d’iodure ; en effet, avec l’acétate de plomb on a un mélange de biiodure et d’iodure de plomb qu’on peut séparer par filtration.
Le protonitrate de mercure donne immédiatement le précipité écarlate de biiodure de mercure (Antony Guyard).
Le biiodure de potassium produit un abondant précipité d’iodoforme dans l’alcool méthylique pur et légèrement alcalinisé, tandis que dans les mêmes conditions l’alcool éthylique n’en fournit pas. C’est l’inverse de la réaction bien connue de l’iode libre et de l’alcool éthylique.
L’ensemble de ces réactions tend à démontrer que l’iodure de potassium ioduré contient un composé défini différent de l’iodure normal KL Mais rien ne prouve que cette combinaison corresponde au biiodure KP et qu’on doive la distinguer du triiodure de Johnson.