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La dissolution de ces deux sels est évaporée à siccité et le résidu soumis à une température rouge, qui décompose l’iodate en oxygène et en iodure de potassium. Pour empêcher que le résidu ne contienne de la potasse libre et ne laisse dégager de l’iode, on peut ajouter un peu de charbon au mélange d’iodure et d’iodate (Freundt). On reprend le résidu par l’eau ou mieux par l’alcool à 95 degrés qui dissout l’iodure; on filtre ensuite la dissolution avant de l’évaporer.
L’alcali doit être dépourvu d’acide carbonique ; aussi doit-on employer des
58 ENCYCLOPÉDIK CHIMIQUE.
solutions de potasse récemment préparées (Schindler, Reimann). Gmelin recommande d’employer des vases de verre, dé porcelaine ou de fonte, qu’on remplit seulement à moitié et de ne pas chauffer trop fortement mais d’une façon persistante.
Mohr, au lieu d’employer du charbon comme Freundt, Orfila et Girault, se sert de sucre ou d’amidon. Il fait disparaître le restant d’iodate de potasse soit en ajoutant peu à peu de l’iodure de fer jusqu’à ce qu’une goutte du mélange précipite en noir par la potasse, soit en ajoutant de l’acide iodhydrique et faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré et finalement ajoutant de la potasse.
Dans une solution de potasse, neutralisée par l’iode, ïurner fait passer un courant d’hydrogène sulfuré jusqu’à refus, puis il filtre pour séparer le soufre, fait bouillir et neutralise soit par l’acide iodhydrique, soit par la potasse.
Le soufre qui s’est déposé a entraîné un peu d’iode, et l’iodure de potassium qui s’est formé est jaune par suite d’une petite quantité de soufre qu’il renferme (Schindler).
II. Fuchs chauffe un mélange intime de 100 parties d’iode, 240 d’eau, 75 de carbonate de potasse et 30 grammes de fer, jusqu’à ce que tout l’acide carbonique ait disparu, puis il évapore la liqueur et laisse reposer dans un endroit chaud pour que tout le fer s’oxyde. Il chauffe ensuite au rouge sombre et neutralise la liqueur alcaline par l’acide iodhydrique.
Un autre procédé de préparation consiste à faire chauffer de l’iode avec un léger excès de fer en présence de l’eau et à décomposer par le carbonate de potasse l’iodure de fer qui s’est formé. Il se précipite du carbonate de fer qu’on sépare par la filtration, et il ne reste plus qu’à faire cristalliser l’iodure de potassium en concentrant la dissolution (Baup). Girault recommande l’emploi du zinc au lieu de celui du fer.
Baup et Caillot emploient un mélange de 2 parties d’iode, 1 partie de limaille de fer et 10 parties d’eau; Schindler, 4 parties d’iode, 1 partie de fer et 20 parties d’eau. Le Royer et Dumas forment une solution d’iodure de zinc par le mélange intime d’iode, de zinc et d’eau et la traitent par le carbonate de potasse. D’après Hermann et Wendt, le carbonate de protoxyde de zinc entraîne toujours en se déposant une petite quantité d’iode.
III. Liebig prépare l’iodure de potassium en décomposant l’iodure de calcium par le sulfate de potasse.
L’iodure de calcium est préparé en ajoutant un lait de chaux à une liqueur obtenue en délayant du phosphore amorphe dans de l’eau et y ajoutant de l’iode jusqu’à ce que la solution présente une coloration d’un brun foncé. On filtre, on lave et l’on ajoute à la liqueur une solution bouillante de sulfate de potasse dans l’eau. On laisse reposer le tout pendant six heures. On décante, on lave et l’on extrait le résidu de sulfate de chaux. On concentre la liqueur et l’on ajoute du carbonate de potasse pour précipiter une petite quantité de sulfate de chaux. On obtient par évaporation de l’iodure cristallisé. D’après W. Squire, les cristaux présentent généralement une teinte rougeâtre. On les décolore en les soumettant à une nouvelle cristallisation. Liebig obtient encore de l’iodure pur en décomposant l’iodure de baryum par le carbonate de potasse.
IV. Taddie prend une dissolution alcoolique d’iode et y ajoute une dissolution
POTASSIUM
étendue de inonosulfure de potassium. L’iodure de potassium formé est coloré en brun; aussi Fau prend-il une solution composée de 1 partie d’iode et G parties d’eau, qu’il décolore par le sulfure de potassium. L’iodure ainsi obtenu renferme toujours du soufre ou d’autres impuretés (Schindler).
V. Sérullas chauffe un mélange intime de 2 parties d’antimoine en poudre et 5 parties d’iode, pulvérise l’iodure d’antimoine formé et le jette dans de l’eau chaude, qui transforme les 2/3 de l’iode en acide iodhydrique, décante, fait bouillir l’oxyiodure d’antimoine avec un excès de carbonate de potasse, qui s’empare de l’iode. Il filtre et neutralise la liqueur alcaline par l’acide iodhydrique obtenu précédemment.
On peut encore faire réagir l’iode sur l’antimoniure de potassium. On verse dans une solution d’iode dans 12 parties d’alcool, de l’antimoniure de potassium jusqu’à ce que la liqueur soit complètement décolorée, on filtre et Ton évapore jusqu’à cristallisation.
YI. L'iodure cuivreux du Pérou donne faiblement de l’iodure de potassium.
On le transforme d’abord en sulfure de cuivre en le mettant en suspension dans de l’eau, acidulée par HCl, et en y faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré. Après décantation, on se débarrasse de l'excès d’hydrogène sulfuré par l’iodure de potassium, puis on neutralise par la potasse pure ou le bicarbonate de potassium. On fait ensuite évaporer la solution d’iodure de potassium, on la sépare du soufre libre qu’elle renferme et on la fait cristalliser.
Ce procédé est économique et facile à appliquer en grand (Langbein).
YII. On peut encore obtenir l’iodure de potassium en neutralisant une solution aqueuse d’acide iodhydrique par de la potasse pure ou du carbonate dépotasse, puis évaporant (Le Royer et Dumas, Pettenkofer).
Fabrication industrielle. — I. Dans les usines qui exploitent les cendres de varechs, on fabrique en grand l’iodure de potassium en traitant l’iode, précipité et bien lavé, par la potasse. On évapore le mélange d’iodure et d’iodate à siccité, puis on calcine dans un creuset en fonte à la température rouge. La masse refroidie est dissoute dans l’eau et la solution filtrée concentrée à 65 degrés Baumé. L’iodure de potassium se dépose peu à peu en cristaux cubiques blancs, diaphanes et volumineux, si la solution est très légèrement alcaline et la masse de liquide considérable; on fait égoutter ces cristaux dans des entonnoirs, puis on les fait dessécher, étendus sur des plateaux en tôle vitrifiée, dans une étuve où la température du courant d’air est maintenue de 120 à 125 degrés. On change fréquemment les cristaux de place afin de prévenir leur adhérence ; l’évaporation de l’eau interposée rend les cristaux sensiblement opaques et d’un blanc mat.
L’iodure de potassium ainsi obtenu renferme du carbonate de potasse et de l’iodure de potassium ioduré. Pour le purifier, on fait passer dans sa solution aqueuse un courant d’acide sulfbydrique qui, unissant l’iode à l’hydrogène, forme de l’acide iodhydrique. Si, après avoir fait bouillir pour chasser l’hydrogène sulfuré, il restait du carbonate de potasse, il faudrait le saturer très exactement par de l’acide iodhydrique pur et se garder d’ajouter le moindre excès de cet acide très instable qui, au contact de l’air, donnerait de l’eau et de l’iode.
Après une saturation très exacte, il ne reste quA concentrer le liquide, laisser cristalliser une ou deux fois, puis égoutter les cristaux (Payen).
L’iodure de potassium pur est sans action sur le papier de tournesol rougi par les acides, et ne doit pas donner de coloration jaune immédiate par l’addition d’un léger excès d’acide acétique ou sulfurique (Payen).
II. On peut encore l’obtenir industriellement par le procédé suivant :
Dans un four spécial à air, on évapore les eaux mères à 45 degrés Baume, résidus de la fabrication des chlorures et sulfates de potassium de varechs; les sels provenant de l’évaporation sontsoumis dans le même four, jusqu’à désulfuration complète, à un grillage ménagé, en présence d’un courant d’air ; l’opération se passe sans la moindre déperdition d’iode. Il est nécessaire d’arrêter la calcination aussitôt qu’on a complètement oxydé les composés thioniques.
Le salin ainsi obtenu est concassé et soumis à un lessivage méthodique, à l’eau froide, dans un petit appareil de Shanks ; la lessive, très chargée d’iodures, est amenée à simple dessiccation dans un four à chauffage supérieur, et fournit ainsi un nouveau salin très hlanc, beaucoup plus riche en iodures que le premier; il en contient jusqu’à 50 pour 100. Ce salin, réduit en poudre, est introduit dans un grand digesteur (omnium Dorvault), fonctionnant tantôt comme extracteur, tantôt comme appareil distillateur. Dans ce digesteur, il subit un lessivage continu à l’alcool chaud (3/6 du commerce), qui dissout seulement les iodures; les iodures enlevés au salin pendant l’opération s’accumulent dans la partie aqueuse de l’alcool resté dans la cucurbite de l’appareil; quand l’épuisement de la masse en traitement est terminé, l’alcool est complètement régénéré par distillation dans le même appareil.
On obtient ainsi un mélange d’iodures de potassium et de sodium dans les proportions suivantes :
lodure de potassium. 34,00
— de sodium. 06,00
Après avoir dosé la quantité d’iodure de sodium contenue dans le mélange salin obtenu après la distillation de l’alcool, on ajoute à la solution aqueuse saturée de ce salin, une quantité équivalente de carbonate de potasse, en solution saturée, puis le mélange des deux solutions est soumis au barbottage d’un courant refroidi d’acide carbonique, provenant des fourneaux de la fabrique. Lorsque la bicarbonation est complète, les cristaux de bicarbonate de soude sont séparés des eaux mères à l’aide d’un filtre à vide ou d’un filtrepresse : les eaux filtrées ne contiennent qu’une grande quantité d’iodure de potassium, et une petite quantité de bicarbonate de soude, qu’on transforme en chlorure de sodium par l’acide chlorhydrique, employé sans excès et exempt de chlore. On sépare ensuite le chlorure et l’iodure par évaporations et cristallisations successives. Pour obtenir de l’iodure pur, il suffit de traiter le produit brut par l’alcool et de faire cristalliser (Allary et J. Pellieux).
III. M. Sonstadt a pris un brevet en Angleterre pour la préparation suivante de l’iodure de potassium :
POTASSIUM
Il opère sur les eau-K mères provenant du traitement des algues marines ou de la soude.
Lorsque la solution est débarrassée du sulfate, on ajoute de l’alcali caustique ou du carbonate de soude en certaines proportions, puis on y fait passer un courant de chlore jusqu’à ce que l’iode soit transformé en iodate.
Ce dernier, ainsi que la totalité des sulfates, est précipité par un sel de baryte à l’état insoluble. Ce précipité, traité par une solution de sulfate de potasse, donne du sulfate de baryte et de l’iodate de potasse.
La solution d’iodate évaporée et calcinée avec du charbon de bois ou de la sciure, produit de l’iodure de potassium.
On peut encore employer pour transformer l’iode en iodate soit du permanganate de potasse ou de soude, soit l’hypochlorite de chaux. Avec ce dernier agent, il se produit de l’iodate de chaux insoluble, ce qui dispense de se servir de chlorure de baryum. Le sel insoluble de chaux est traité comme l’iodate de baryte par le sulfate de potasse.
Pour isoler l’iodure de potassium des eaux mères alcalines, on peut encore employer l’électrolyse comme moyen oxydant. Enfin on peut se servir du chlorate de potasse ou de soude pour transformer l’iodure en iodate. Le brome restant dans les eaux mères après la séparation de l’iode, est isolé en suivant le même procédé qui a servi à séparer l’iode. Cette marche devra pourtant être modifiée si l’on s’est servi pour l’oxydation du bromure, soit de l’électrolyse, soit du permanganate de potasse.
Essai de l’iodure de potassium. — L’iodure de potassium qu’on trouve dans le commerce est quelquefois falsifié avec du chlorure de potassium. On reconnaît la présence de ce dernier sel en précipitant une dissolution de l’iodure supposé impur par un léger excès d’azotate de palladium, qui forme de l’iodure de palladium insoluble. La liqueur filtrée est réunie aux lavages du précipité et est traitée par l’azotate d’argent, qui précipite le chlore à l’état de chlorure d’argent insoluble.
Lorsqu’on distille avec de l’acide sulfurique de l’iodure de potassium préalablement mêlé à une petite quantité de bichromate de potasse et qu’on reçoit les produits volatils dans une dissolution de potasse, la liqueur reste incolore, lorsque ce sel est pur, et se colore en jaune s’il est mêlé à du cldorure de potassium.
La présence des chlorures peut encore être reconnue dans l’iodure de potassium en précipitant sa dissolution par l’azotate d’argent ammoniacal. L’iodure d’argent est seul précipité ; la liqueur filtrée et saturée par un e,xcès d’acide azotique, laisse déposer le chlorure d’argent, dont le poids fait connaître la proportion de chlorure de potassium qui se trouvait dans l’iodure.
Quelquefois aussi l’iodure de potassium est mêlé avec du carbonate de potasse ou même avec de la potasse caustique. Pour constater la présence de la potasse libre dans l’iodure de potassium, on introduit dans ce sel une petite quantité d’iode qui se dissout sans coloration si l’iodure contient de la potasse. Pour reconnaître le carbonate de potasse dans un iodure, on mêle l’iodure avec du
lait de chaux, on filtre la liqueur et l’on y ajoute de l’iode qui se dissout sans produire de coloration.
Comme l’iodure de potassium exempt de potasse se colore en brun en dissolvant de l’iode, l’iode employé pour constater la présence de la potasse libre dans l’iodure de potassium doit toujours être ajouté en très petite quantité.
On constate la présence du bromure de potassium dans l’iodure de potassium en décomposant ce sel par l’eau de chlore. L’iode est déplacé d’abord et le brome se sépare en dernier lieu; en agitant, dans un tube, le mélange avec de l’éther, on voit se former à la partie supérieure une couche d’un jaune orangé, produite par la dissolution du brome dans l’éther.