‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 2e cahier (volume 3)Chapitre 40 sur 107 · PYROPHORE DE GAY-LUSSAC · texte numérisé non relu

PYROPHORE DE GAY-LUSSAC

Lorsqu’on décompose le sulfate de potasse par un excès considérable de charbon divisé, on obtient une matière noire d’une excessive combustibilité, que l’on nomme pyrophore de Gay-Lussac.

Pour préparer le pyrophore, on mêle intimement 27,3 parties de sulfate de potasse avec 15 parties de noir de fumée préalablement calciné. On introduit ce mélange dans une cornue de grès, à laquelle on adapte un tube recourbé, ayant une branche verticale longue de plus de 0'”,80; l’extrémité de ce tube plonge dans un verre à demi rempli de mercure. La cornue est exposée à une température qu’on élève graduellement jusqu’au rouge vif. Il se dégage des gaz formés d’oxyde de carbone et d’acide carbonique. On juge que l’opération est terminée, quand ces gaz cessent de se dégager malgré l’intensité de la chaleur. La cornue étant alors abandonnée dans le fourneau qui se refroidit lentement, le mercure remonte dans le tube et s’y maintient bientôt stationnaire. Lorsque la cornue est tout à fait refroidie, on introduit le pyrophore dans un flacon en y faisant entrer le col de la cornue. On bouche rapidement le flacon avec un bouchon de liège fermant hermétiquement.

On peut également obtenir une poudre très pyrophorique en chauffant le,mélange précédent dans un tube de porcelaine traversé par un courant d’hydrogène sec.

Le corps ainsi préparé est éminemment pyrophorique. La plus petite quantité projetée dans l’air y brûle avec un éclat extraordinaire. Cette combustibilité est telle qu’on pourrait être tenté de l’attribuer à du potassium disséminé dans la masse charbonneuse ; mais le pyrophore mis dans l’eau ne dégage pas d’hydrogène, ce qui prouve qu’il ne contient pas de potassium libre (Gay-Lussac).

Le pyrophore doit être considéré comme un mélange intime de polysulfure, de potasse anhydre et de charbon; sa grande combustibilité est due à la température élevée que produisent le sulfure de potassium en s’oxydant et la potasse anhydre en s’hydratant à l’air; de plus, la masse, qui est légère et poreuse, condense de l’air; sa température s’élève bientôt assez pour que le charbon très divisé qu’elle renferme s’enflamme avec vivacité. Le seul gaz qui se produit dans cetle combustion est de l’acide carbonique ; le sulfure de potassium absorbe de l’oxygène et régénère le sulfate de potasse.

POTASSIUM

PYROPHORE DE HOMRERG.

On obtient encore une matière pyrophorique en calcinant 75 grammes d’alun de potasse desséché avec 4 grammes de noir de fumée ou avec un excès de sucre, d’amidon, etc. Ce pyrophore est moins combustible que le précédent.

On doit le considérer comme formé de polysulfure de potassium, de potasse anhydre, d’alumine et de charbon. Il produit en brûlant non seulement de l’acide carbonique, mais encore de l’acide sulfureux dont la formation est facile à expliquer, puisque, à une température élevée, l’alumine ne peut s’unir ni à cet acide ni à l’acide sulfurique ; l’acide sulfurique libre est donc décomposé par le charbon et transformé en acide sulfureux.

Page 1