‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 2e cahier (volume 3)Chapitre 41 sur 107 · SULFOCARBONATE DE POTASSE, KS,CS · texte numérisé non relu

SULFOCARBONATE DE POTASSE, KS,CS

Propriétés. — La dissolution concentrée de ce sel est d’un orange foncé presque rouge. Évaporée à-)-30 degrés jusqu’à consistance de sirop, elle donne, par le refroidissement, un sel cristallin, jaune, qui dans un air humide tombe en déliquescence. Si l’on expose ce sel jaune à une chaleur de 60à80degrés, il perd sa texture cristalline avec son eau de cristallisation, et prend une couleur plus foncée, tirant sur le rouge. Chauffé dans un appareil distillatoire, il ne donne aucun produit volatil, mais entre en fusion au rouge naissant et devient noir ; après le refroidissement, il est d’un brun foncé. L’eau en extrait le trisulfure de potassium et laisse du charbon sous forme d’une poudre noire. Ce sel est peu soluble dans l’alcool, qu’il colore cependant en orange. L’alcool peut donc servir à dépouiller le sulfocarbonate de potasse des sulfures supérieurs de potassium qui peuvent se trouver mêlés avec lui (Berzelius).

Quand on verse sur de la mousse de platine une solution de sulfocarbonate de potasse, celui-ci s’oxyde instantanément; si, au lieu de la mousse de platine, on emploie un corps qui, tout en permettant l’accès de l’oxygène de l’air, provoque les doubles décompositions, la décomposition du sulfocarbonate est totale. C’est ce qui a lieu avec le plâtre (Mermet).

Le sulfocarbonate de potasse est un réactif du nickel; il forme avec les sels de ce métal une coloration brun rose si les solutions sont très étendues (Braun).

Préparation .— Pour l’obtenir, on dissout du sulfure de potassium dans très peu d’alcool, et l’on verse du sulfure de carbone dans la liqueur jusqu’à ce qu’il y en ait un excès. La liqueur se partage en trois couches; la couche inférieure est du sulfocarbonate de potasse, la couche moyenne est formée par le sulfure de carbone en excès, et la couche supérieure par une dissolution de sulfure de carbone, de soufre et de sulfure de potassium.

Il se forme encore quand on fait digérer, à la température de 30 degrés, une

dissolution aqueuse de monosulfure de potassium avec un excès de sulfure de carbone.

Industriellement on peut l’obtenir en concentrant convenablement la solution de sulfure de potassium, obtenue en traitant la solution de sulfate de potasse par le sulfure de baryum, et l’agitant avec du sulfure de carbone, puis chauffant le mélange vers 50 degrés. Le sulfocarbonate ainsi obtenu à 15 pour 100 CS^ revient à 50 francs les 100 kilogrammes (Vincent).

SULFARSÉNIATES DE POTASSE.

SULFARSÉNIATE NEUTRE DE POTASSE, (KS)^ AsS^

Il s’obtient en décomposant une dissolution d’arséniate neutre de potasse par un courant d’hydrogène sulfuré. La liqueur, évaporée dans le vide, laisse une ■ masse jaunâtre offrant quelques traces de cristallisation, mais qui ne se dessèche pas complètement. A l’air, elle se maintient liquide pendant quelque temps, mais ensuite elle se prend en une masse cristallisée, dans laquelle on peut distinguer des tables rhomboïdales.

Lorsqu’on évapore, au contact de l’air, la dissolution saline qui résulte de l’action du sulfhydrate de sulfure de potassium sur le pentasulfure d’arsenic, elle se recouvre bientôt d’une pellicule de soufre, puis elle dépose une croûte rouge et finit par se convertir en un liquide de consistance sirupeuse, qui ne contient plus de pentasulfure d’arsenic. Ce sel est d’un jaune citron quand il est sec; mais, exposé à l’air, il se ramollit et prend une consistance visqueuse (Berzelius).

SULFARSÉNIATE SESQUIPOTASSIQÜE, (KS)^ AsSL

Il se produit quand on verse de l’alcool dans la dissolution du sel neutre ;elle devient d’abord laiteuse, et dépose ensuite un liquide oléagineux, qui est une dissolution cnncentrée du sel borique. Ce sel est déliquescent, il prend une texture cristalline rayonnée quand on la fait sécher à une douce chaleur, maisil s’humecte de nouveau à l’air (Berzelius).

MÉTASÜLFARSÉNIATE DE POTASSE, KS,AsS®.

Il reste en dissolution dans l’alcool quand on prépare le sel précédent. On ne le connaît point sous la forme solide, car, lorsqu’on évapore ses dissolutions, il se décompose (Berzelius).

POTASSIUM

SULFARSÉNIATE DE POTASSE SURS.ATURÉ, KS,(AsS°)‘^

On l’obtient en précipitant le sulfarséniate neutre par l’acide carbonique, ou en décomposant l’oxysel par l’hydrogène sulfuré, qui précipite le sel sursaturé. C’est une poudre jaune (Berzelius).

SULFARSÉNITE DE POTASSE, KS.AsS^

Ce sel prend naissance quand on dissout, à la température ordinaire, du trisulfure d’arsenic dans du sulfhydrate de sulfure de potassium Jusqu’à ce que tout l’acide sulfhydrique soit dégagé. La dissolution contient du sulfarséiiite potassique KS, AsS®. Elle se trouble par l’évaporation à la température ordinaire et dépose une pondre brune qui est de l’hyposulfarsénite. 11 n’est donc pas possible d’obtenir par ce procédé le sulfarsénite à l’état solide.

SULFARSÉNITE NEUTRE DE POTASSE, 2 KS,AsS®.

Le sulfarséniate neutre de potasse, soumis, dans une cornue, à l’action de la chaleur, laisse dégager du soufre et il reste un résidu de sulfarsénite, sous forme d’une masse fondue, de couleur foncée, qui devient jaune après le refroidissement. Au contact de l’eau, ce sel se décompose en sulfarséniate et hyposulfarséniate de potasse. Si l’on mêle une dissolution de ce sel avec de l’alcool, il se précipite dans le premier moment un sel blanc qui est un sulfarsénite potassique, se rassemblant au fond de la liqueur sous forme d’un sirop et déposant du sous-sulfure d’arsenic. Quand on fait fondre dans une cornue du carbonate de potasse avec un excès de trisulfure d’arsenic, à une chaleur suffisante pour chasser l’excédent de sulfure, on obtient un persulfarsénite de potasse qui est décomposé par l’eau; il se dissout du sulfarsénite, et il se dépose un sel contenant un excès de trisulfure d’arsenic (Berzelius).

HYPOSÜLFARSÉNITE DE POTASSE, KS,AsSL

En faisant bonillir du trisulfure d’arsenic avec une dissolution étendue de carbonate de potasse et filtrant la liqueur encore bouillante, on obtient un liquide incolore, qui, après refroidissement, dépose en moins de douze heures, en grande quantité, une matière ressemblant à du kermès minéral. C’est de l’hyposulfarsénite de potasse. Exempt de sulfarséniate, il est soluble dans l’eau. Rassemblée sur un filtre et lavée à plusieurs reprises avec très peu d’eau, cette matière se gonfle, devient gélatineuse, et donne une teinte fauve à la liqueur filtrée. Le sel se précipite de nouveau quand on ajoute à la liqueur filtrée l’eau de lavage. Si l’on verse alors une nouvelle quantité d’eau sur le sel, la liqueur

filtrée paraît, lorsqu’elle est en masse, d’un beau rouge foncé. Soumise à l’évaporation, elle se prend en gelée avant de se dessécher, effet qui tient probablement à du sulfarséniate qu’elle renferme, et qui enlève à l’hyposulfarsénite l’eau dans laquelle il est dissous. Elle finit par se dessécher en une masse rouge et translucide. Cette dissolution contient un sous-sel. Sur le filtre reste une poudre d’un brun foncé, tout à fait insoluble dans l’eau, qui est de l’hyposulfarsénite de potasse, KS,AsS®. Quand on chauffe cette poudre, elle entre en fusion, ne donne aucun produit volatil et laisse une masse translucide d’un rouge foncé, insoluble dans l’eau. Capotasse caustique la dissout avec les mêmes phénomènes que le bisulfure d’arsenic (Berzelius).

SULFOTELLURITE ■ DE POTASSE, (KS)’TeS'’.

Lorsqu’on décompose une dissolution aqueuse de tellurate de potasse par l’acide sulfhydrique, il se produit du sulfotellurite tribasique (KS)'’TeS^, soluble dans l’eau ; celle-ci l’abandonne par l’évaporation dans le vide, sous forme de prismes quadrilatères d’un jaune pâle. Le sel est déliquescent et ne tarde pas à se décomposer lorsqu’il est e.xposé dans une atmosphère humide. Une solution très concentrée de ce sel peut être évaporée au contact de l’air, même à-j- 40 degrés, et crislallise mieux pendant l’évaporation que par le refroidissement. Ce sel est difficile à fondre; pendant la fusion, il prend un aspect noir, devient d’un jaune orange après le refroidissement et se dissout sans résidu dans l’eau, qu’il colore en jaune (Berzelius).

Si l’on sature une solution de biiodure de tellure avec de la potasse ou de l’iodure de potassium, et qu’on laisse évaporer tranquillement, on obtient de l’iodotellurite de potassium qui se présente sous la forme de tables rhomboédriques, ayant un éclat métallique très prononcé, d’une couleur gris d’acier, facilement solubles dans l’eau en la colorant en brun. Quand on emploie beaucoup d’eau, la liqueur se trouble et donne un léger précipité (Berzelius).

On obtient également du bromotellurite de potasse en mêlant une dissolution aqueuse de bibromate de tellure et laissant cristalliser (Dans les eaux mères il reste du bichlorureet du bibromure de tellure). Grandes tables rhomboédriques,couleur de cinabre, inaltérables à l’air; elles sont décomposées par une grande quantité d’eau et par l’alcool (Berzelius).

Si l’on dissout du chlorure de potassium dans une solution d’acide tellureux dans l’acide chlorhydrique et qu’on laisse évaporer tranquillement, on obtient du chlorotellurite de potasse. Cristaux jaune-citron, inaltérables dans un air parfaitement sec, mais tombant en déliquescence à l’air ordinaire, facilement décomposables par l’eau et l’alcool (Berzelius).

SÜLFONITRITE DE POTASSE, KS,AzS^

On l’obtient en dissolvant du sulfure d’azote dans une solution soit aqueuse, soit alcoolique de sulfure de potassium KS. La dissolution qui se produit est

POTASSIUM

d’un beau rouge foncé, mais elle se décompose peu à peu et devient incolore ; le soufre s’oxyde aux dépens de l’eau, et donne naissance à de l’acide hyposulfureux, pendant que l’hydrogène et l’azote s’unissent pour former de l’ammoniaque; de manière que la liqueur renferme de l’hyposulfite de potasse et de l’hyposulfite d’ammoniaque (Berzelius).

SÉLÉNIURES DE POTASSIUM.

Il existe plusieurs séléniures de potassium, mais leur composition et leurs propriétés sont peu connues ; ils sont dangereux à manier, car l’acide sélénhydrique qu’ils dégagent quand on les traite par un acide est un poison violent. Ils ont été étudiés par Berzelius, qui a fait à leur sujet les remarques suivantes.

I. On obtient le séléniure de potassium en réduisant au rouge le séléniate ou le sélénite par le charbon ou l’hydrogène.

II. Lorsqu’on fait fondre ensemble du sélénium et du potassium, ces corps se combinent avec dégagement de lumière et une petite portion du composé se sublime. Il est d’un gris d’acier, fusible, un peu volatil ; sa cassure est cristalline; il est soluble dans l’eau, qu’il colore en rouge. La solution exposée à l’air se décompose; le potassium s’oxyde, absorbe l’acide carbonique, et le sélénium se dépose en poudre rouge. Traité par les acides, il dégage de l’acide sélénhydrique : ce composé est fortement alcalin.

III. Lorsqu’on fait fondre dans un vase de verre du sélénium et de la potasse caustique, ces deux corps se combinent, et le sélénium n’est pas chassé quand on chauffe le mélange au rouge. Le composé est d’un brun foncé à sa surface ; mais il est d’une couleur rouge-cinabre du côté qui touchait au verre. Il est formé d’un mélange de sélénite et de séléniure de potassium, dans lequel deux parties de potassium se trouvent réduites, tandis qu’une partie est à l’état de sélénite. Le séléniure de potassium est très soluble dans l’eau.

IV. En chauffant un mélange de sélénium et de carbonate de potasse, tous les deux à l’état de poudre, il se dégage de l’acide carbonique et il se forme un mélange de sélénite et de séléniure dépotasse. On obtient une masse boursouflée, poreuse, qui ne fond pas encore au rouge naissant. Après le refroidissement, si le potassium est en excès, la combinaison a lieu avec explosion et la masse est projetée hors du vase par l’excès de potassium réduit en vapeurs. L’eau dissout la combinaison en dégageant de l’hydrogène ; la liqueur prend une couleur d’un rouge vineux.

V. Si l’on fait bouillir du sélénium avec une lessive concentrée de potasse, il se dissout peu à peu et on obtient une liqueur de couleur brune très foncée. Elle a une saveur hépatique et semblable à celle du foie de soufre; les acides en précipitent du sélénium. Pendant la réaction, une partie de la potasse se trouve réduite par le sélénium qui passe à l’état d’acide sélénieux. Il se forme un séléaiure de potassium.

Par l’évaporation, cette solution donne une poudre brune. Arrosée avec une petite quantité d’eau, elle se dissout et communique à la liqueur une couleur

brun foncé. Si l’on ajoute de l’eau, une partie du sélénium se précipite sous forme de flocons d’un rouge-cinabre; la liqueur retient un degré inférieur de séléniure de potassium et prend un couleur plus claire. Si l’on a employé uu excès desélénium, l’alcali ne produit plus d’effervescence avec les acides; si la potasse prédomine, le sélénium se maintient dans la dissolution quand on y ajoute de l’eau.

Si l’on mélange de l’acide sélénieux à du séléniure de potassium, il se forme du séléniate de potasse et du sélénium est mis en liberté (Rathke).

Si l’on chauffe un mélange, exempt d’eau, de parties égales de monoséléniurede phosphore et de séléniure de potassium dans un tube rempli d’hydrogène, jusqu’à ce que l’on commence à entendre de petites décrépitations et que la masse d’abord rouge soit devenue presque entièrement blanche, on obtient une combinaison, qui a pour formule : KS-Ph. Si l’on n’a pas eu le soin de la refroidir complètement dans un courant d’hydrogène, elle s’enflamme très facilement à l’air (Hahn).

Un mélange de deux parties de séléniure de potassium et d’une partie de triséléniure de phosphore, chauffé dans un courant d’hydrogène, se transforme en une masse jaune ayant pour formule 2 KSe,PhSe® (Hahn).

SÉLÉNODITHIONITE DE POTASSE, KO, SeSO^

Tables à six pans, très brillantes, incolores, très minces. Ce corps tombe en déliquescence à l’air humide; il se transforme en présence de l’acide sulfurique en une poudre blanche, par suite de la perte d’une partie de son eau de cristallisation (On ne peut éliminer l’eau restante sans le décomposer). Il brunit par la chaleur par suite de la formation d’un polyséléniure ; avec l’eau il se transforme en séléniure et en sulfate de potasse. Par l’évaporation, dans un air chargé d’acide carbonique, on obtient du sélénotrithionate de .potasse del’hyposulfite et du carbonate de potasse. Si on fait digérer le sélénodithiouite avec du sulfure d’argent, il se forme de l’hyposulfite de potasse et du séléniure d’argent (Rathke).

SÉLÊNOTRITHIO.NATE DE POTASSE, KO, SeS^O®.

Il se présente sous la forme de petits prismes, incolores, inaltérables à l’air, qui ne perdent pas de leur poids à la température de 100 degrés ou en présence de l’acide sulfurique (Rathke).

TELLURURES DE POTASSIUM

Le tellure se combine au potassium, avec dégagement de lumière, pour donner naissance à un composé qui se produit également lorsqu’on chauffe dans une cornue de verre un mélange de 100 parties d’acide tellureux, 20 parties de

POTASSIUM

potasse et 10 parties de charbon. Ce tellurure est soluble dans l’eau, qu’il colore en rouge ; la dissolution, exposée au contact de l’air, se recouvre presque immédiatement d’une pellicule très mince de tellure qui augmente jusqu’à la complète séparation du tellure; l’acide chlorhydrique versé dans le tellurure de potassium en dégage l'acide tellurhydrique (H. Davy).

D’après Berzelius, ce serait un pertellurure qui paraîtrait avoir pour formule KTe*. Pour obtenir le tellurure KTe, on a recours à la voie humide; on sature la potasse caustique par l’acide tellurhydrique et l’on ajoute ensuite une petite quantité d’hydrate alcalin.

AMIDURE DE POTASSIDJI, KAzIP,

Quand on chauffe le potassium dans une atmosphère d’ammoniaque gazeuse, le potassium absorbe l’ammoniaque et se transforme en une masse fondue de couleur verte; c’est de l’amidure de potassium quia pour formule: K-|-AzlP (Gay-Lussac et Thénard).

11 est, après le refroidissement, coloré en vert-olive foncé, et présente sur les bords amincis une transparence d’un brun clair. Il possède une cassure cristalline et ne conduit pas l’électricité. Il a pour densité 1,094. Il ne fond qu’audessus de 100 degrés, s’enflamme dans l’oxygène en dégageant de l’azote et laissant de la potasse hydratée. Exposé à l’air, il tombe peu à peu en déliquescence avec dégagement d’ammoniaque et formation d’hydrate de potasse. Il décompose l’eau en produisant la même réaction. On peut le conserver dans l’huile de naphte ou le pétrole rectifié.

AZOTURE DE POTASSIUM, K^Az.

Le potassium et l’azote ne se combinent pas directement. On obtient l’azoture de potassium en chauffant au rouge sombre l’amidure de potassium, qui se décompose en donnant de l’ammoniaque et laissant un corps qui a pour formule 3 K-^Az ou K^Az :

3KAzlP = K3.4z -l-2AzHA

(Gay-Lussac et Thénard.)

Cet azoture est d’un gris foncé, presque noir. Chauffé à une température plus élevée que celle à laquelle il s’est formé, il se sublime en partie et devient noir. Il est friable et facile à réduire en une poudre d’un gris foncé. Il est tout à fait opaque et conduit l’électricité. Il s’enflamme facilement et spontanément à l’air, et brûle avec une flamme d'un rouge foncé en laissant de la potasse. Il peut se combiner avec le soufre et le phosphore.

ENCYCLOPÉDIE CHIMIÜUE.

ARSÉNIURES DE POTASSIUM.

L’arsenic se combine au potassium en produisant de la chaleur; cet arséniure est décomposé par l’eau avec formation d’hydrogène arsénié gazeux qui s’échappe, et d’hydrogène arsénié solide qui se dépose sous forme de flocons bruns.

Quand on fait bouillir de l’arsenic avec une dissolution concentrée de potasse, le métal s’acidifie dès que la liqueur a atteint un certain degré de concentration et il se dégage de l’hydrogène. L’arsenic, fondu dans une cornue avec de l’hydrate de potasse, donne naissance à de l’hydrogène ; la masse se boursoufle, acquiert une couleur brune à l’extérieur et noire à l’intérieur : c’est un mélange d’arséniate de potasse et d’arséniure de potassium. Cette masse humectée d’eau dégage pendant quelques instants de l’hydrogène arsénié ; on trouve dans le résidu un mélange de potasse, d’arséniate de potasse et d’arsenic.

C’est en constatant ce fait pour la première fois que Gehlen, exposé d’une manière inattendue au dégagement de l’hydrogène arsénié, mourut après huit jours des plus vives douleurs.

Dans l’action de la potasse caustique sur l’arsenic, il se produit d’abord de l’acide arsénieux aux dépens de l’eau, et de l’hydrogène se dégage ; en portant le mélange au rouge, lorsque le dégagement d’hydrogène a cessé, l’arsénite se convertit en arséniate; une partie de l’arsenic éliminé se volatilise, tandis que l’autre réagit sur la potasse non décomposée, d’où il résulte un mélange d’arséniate de potasse et d’arséniure de potassium (Soubeiran).

Les expériences de Gay-Lussac ont confirmé les expériences de Gehlen. Si l’on n’obtient pas d’hydrogène arsénié AsH^ pendant l’action de l’alcali sur l’arsenic, c’est que ce gaz se décompose à la température de l’expérience.

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