‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 2e cahier (volume 3)Chapitre 47 sur 107 · PERCHLORATE DE POTASSE, KO,CIO · texte numérisé non relu

PERCHLORATE DE POTASSE, KO,CIO

Propriétés. — Le perchlorate de potasse est blanc, il a une faible saveur de chlorure de potassium. Il cristallise en prismes orthorhombiques transparents (mm = lOS-SS'; a‘a‘ = lOl» 19').

Ces cristaux sont ordinairement très petits ; ils sont isomorphes avec ceux du permanganate de potasse; ils sont anhydres, mais renferment une petite quantité d’eau d’interposition.

Le perchlorate de potasse est neutre. Il a une saveur faible et analogue à celle du chlorure de potassium (Stadion) ; sa densité est 2,54 à 12 degrés (Kopp).

La chaleur spécifique du perchlorate de potasse rapportée à l’unité de poids est égale à 0,190 (Kopp) ; rapportée au poids équivalent, elle est égale a. 24, 3.

Le perchlorate de potasse est peu soluble dans l’eau froide, il est plus soluble dans l’eau bouillante ; aussi le peu de solubilité du perchlorate de potasse dans l’eau sert-il à caractériser et même à doser les sels de potasse.

Une partie de ce sel exige S8 parties d’eau à 10“ pour se dissoudre (Hutsteiii).

— 65 — 15 —, (Sérullas).

— 57,9 — 21,3 — (Louguinine).

— 5,5 — 100 — (Hutsteinl.

Il est insoluble dans l’alcool.

D’après Roscoe, il se dissout dans l’alcool absolu; mais il est insoluble dans l’alcool renfermant une petite quantité d’acétate de potassium.

Un équivalent de perchlorate se dissolvant dans 200 H-O® environ vers 15 degi’és absorbe — 12Ci»',l (Berthelet).

Cette chaleur de dissolution est considérable. Ainsi que le remarque M. Berthelet, elle est supérieure, en valeur absolue, à celle du chlorate de potasse (—9,95), du permanganate de potasse (—-10,2) et du picrate de potasse (—10,0).; elle dépasse celle de tous les sels connus.

La chaleur de neutralisation de l’acide perciilorique dissous par la potasse étendue est de -f-14<^“',25 (Berthelet).

Le perchlorate de potasse est décomposé par la chaleur en chlorure et en oxygène. Mais il est beaucoup plus' stable que le chlorate. M. Berthelot en avait inféré que le sel est exothermique comme le periodate. Il en a mesuré la chaleur de formation en le mélangeant avec une matière explosive telle que le picrate de potasse. La différence entre la chaleur produite par la combustion successive du picrate dans l’oxygène libre et à l’état de mélange avec le perchlorate représente évidemment l’excès de la chaleur développée par la réaction de l’oxygène libre sur la chaleur développée par la réaction de l’oxygène combiné. Cette différence est donc égale à la chaleur absorbée par la décomposition du perchlorate de potasse. MM. Berthelot et Vieille ont trouvé ainsi que la décomposition de ce sel en chlorure et oxygène absorbe — Qn en

déduit que la formation du perchlorate de potasse, à partir des éléments, dégage +112Cal,5.

Les nombres trouvés par M. Berthelot montrent que la décomposition du perchlorate de potasse ne peut jamais devenir explosive.

Le perchlorate de potasse traité par l’acide sulfurique concentré s’y dissout sans le colorer en jaune. Ce caractère permet de le distinguer aisément du chlorate de potasse.

Préparation. — On obtient le perchlorate de potasse :

1° En versant une dissolution d’acide percblorique dans un sel de potasse, faisant évaporer, traitant le résidu par de l’alcool de 0,835 de densité ou un alcool plus faible, filtrant, et reprenant par l’eau bouillante le perchlorate insoluble, puis laissant cristalliser ;

"S" En traitant le chlorate de potasse par l’acide sulfurique (le comte Stadion) :

3(K0,C105) -h 2(S0=,I10) == KOCIO’ -f 2(KO,SO=) -f 2HO + 2C10*.

Sous l’influence de l’acide sulfurique, le chlorate de potasse prend une teinte jaune rougeâtre, due à la production de l’acide hypochlorique. Comme cette réaction dégage de la chaleur, et que l’acide hypochlorique détone violemment au-dessous de 100 degrés, l’expérience serait dangereuse si l’on opérait sur une grande quantité de chlorate de potasse et si l’on n’avait pas soin d’entourer de glace le mélange pour éviter l’élévation de température.

Serullas emploie 2 parties d’acide sulfurique et 1 partie de chlorate de potasse.

En remplaçant l’acide sulfurique par l’acide azotique concentré, on obtient de même du perchlorate (Penny).

3° Le perchlorate de potasse s’obtient ordinairement en décomposant le chlorate de potasse par la chaleur ; on introduit dans une capsule de porcelaine ou de platine une quantité connue de chlorate de potasse, qu’on maintient à une température assez élevée pour déterminer le dégagement de l’oxygène. On pèse de temps en temps la capsule, et, lorsque le sel a éprouvé une perte de 8 ou 8 1/2 pour 100, on arrête la décomposition ; cette diminution de poids correspond à environ 6 litres 1/2 d’oxygène pour 100 grammes de chlorate.

POTASSIUM

Le résidu ne contient plus de chlorate de potasse, mais un mélange de chlorure de potassium et de perchlorate de potasse.

Pour séparer le chlorure de potassium du perchlorate de potasse, on reprend la masse par l’eau bouillante et l’on fait cristalliser. Le perchlorate de potasse, étant beaucoup moins soluble dans l’eau froide que le chlorure de potassium, cristallise en premier lieu, tandis que le chlorure de potassium reste dans les eaux mères.

La quantité de perchlorate que l'on peut obtenir par une calcination ménagée du chlorate de potasse, s’élève à 66 pour 100 du poids du chlorate soumis à la calcination (Marignac).

4” Enfin le sel se forme par l’électrolyse du chlorate de potasse (le comte Stadion).

CHLORITE DE POTASSE, K0,C1ÜL

Le chlorite de potasse est incolore, déliquescent, inaltérable dans l’air sec à la température ordinaire. Il se décompose à la température de 160 degrés, en chlorure et chlorate (Millon).

On le distingue facilement de l’hypochlorite par sa propriété de décolorer l’indigo môme en présence d’acide arsénieux.

On l’obtient en saturant une dissolution de potasse par l’acide chloreux et laissant digérer quelques heures.

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