CARACTÈRES DISTINCTIFS DES SELS DE POTASSE
Les précipités que forment les sels de potasse avec les différents réactifs sont tous solubles dans une quantité d’eau suffisante : aussi doit-on toujours essayer l’action des réactifs sur les sels de potasse en opérant sur des liqueurs concentrées.
Les sels de potasse se reconnaissent au moyen des réactifs suivants :
Acide tantrique. —Précipité blanc, cristallin, de bitartrate de potasse (crème de tartre) si l’acide tartrique est en excès. L’agitation facilite le dépôt. Le précipité est soluble dans les alcalis et dans les acides concentrés.
Il vaut mieux employer le tartrate acide de soude à la place de l’acide tartrique. La réaction est plus sensible parce que la soude s’unit à l’acide primitivement combiné à la potasse, tandis que l’acide tartrique ne déplace qu’incomplètement l’acide antagoniste uni à la potasse.
Acide perchlorique. — Précipité blanc, cristallin, de perchlorate de potasse, peu soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool.
Acide hydrofluosilicique. — Précipité blanc, gélatineux et presque transparent, soluble dans la potasse et dans les acides forts. L’alcool favorise la précipitation.
Acide Picrique. — Précipité jaune, cristallin.
Sulfate d’alumine. — Précipité d’alun en petits cristaux blancs octaédi’iques; il ne se forme que lentement si les solutions sont étendues.
Bichlorure de platine. — Précipité jaune clair, cristallin, de cbloroplatinate de potasse, peu soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool.
POTASSIUM
Acide phosphomolybdique .—Précipite lentement les sels acides de potasse, ce qu’il ne fait pas avec les sels de soucie (Debray).
En outre, la potasse, son hydrate et ses sels ne sont pas volatils au rouge faible. La potasse et son hydrate sont déliquescents à l’air, et le liquide épais qui se produit ne se solidifie pas en absorbant l’acide carbonique.
Au chalumeau, les sels de potasse communiquent à la flamme extérieure une coloration violette en se volatilisant. Le chlorure et l’azotate se vaporisent rapidement ; le carbonate et le sulfate moins rapidement, le phosphate encore plus lentement; mais tous donnent cette réaction à des degrés plus ou moins prononcés. Pour que la réaction soit toujours aussi nette, on humecte l’essai avec de l’acide sulfurique, on le dessèche sur le bord de la flamme, puis on le place dans son intérieur. Avec les silicates et les autres composés difficilement volatils, il faut, pour produire la réaction, mêler à l’essai du gypse pur. Il se forme du silicate de chaux et du sulfate de potasse qui colore la flamme. Si le sel décrépite, on le chauffe au rouge dans une cuiller en platine avant de le placer sur le fil. En chauffant un sel de potasse (surtout le chlorure) avec un peu d’eau, ajoutant de l’alcool et mettant le feu au liquide après avoir chauffé légèrement, la flamme paraît violette. La présence de la soude masque complètement cette réaction (Frésénius).
Au spectroscope, les sels de potasse donnent une raie à l’extrémité du rouge, une raie cai’actéristique dans le violet, et plusieurs autres raies moins importantes (voy. Propriétés physiques du potassium).
Si l’on regarde une flamme contenant de la potasse à travers un verre coloré en bleu par du cobalt, cette flamme paraît pourpre (Bunsen); mais dans le cas où il y aurait de la lithine, il faut avoir des plaques assez épaisses pour que le rouge de la flamme de lithine ne puisse les traverser.
Si l’on regarde à travers le prisme à indigo, elle paraît bleu de ciel, violet, puis enfin rouge cramoisi intense à travers la couche la plus épaisse de la dissolution. Les composés de chaux, de soude, de lithine, mélangés aux sels de potasse, ne changent pas cette réaction; mais les substances organiques qui donnent de l’éclat à la flamme, pourraient induire en erreur; aussi faut-il s’en débarrasser en commençant par les brûler.
ALCALIMÉTRIE.