‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 2e cahierChapitre 2 sur 26 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

U^CH. DUNOD, ÉDITEUR

RUBIDIUM ET CŒSIUM

Au mois d’avriH860, Kirchhoffet Bunsen publiaient un mémoire détaillé sur l’analyse spectrale, où ils faisaient connaître, en même temps que les méthodes d’observation, les principaux résultats de leurs recherches. Ces savants avaient remarqué que les métaux alcalins et alcalino-terreux se trouvaient disséminés dans presque toutes les roches, quelquefois en assez petites quantités pour que les procédés ordinaires de l’analyse ne puissent pas permettre d’en constater la présence. Pendant l’impression de ce mémoire leurs expériences se poursuivaient, et au mois de mai de la même année, dans une lettre adressée à du Bois-Reymond, Bunsen annonçait à l’Académie de Berlin l’existence d’un quatrième métal alcalin. Le spectre de cet élément était aussi caractéristique et aussi simple que celui du lithium. Il contenait deux raies, l'une placée à côté de la raie bleue du strontium, l’autre un peu plus près de la région violette, mais cependant très voisine de la première. Ce métal avait été découvert dans l’eau minérale de Kreutznach, dans les eaux mères des salines de Dürckheim et dans la source d’Ungemach à Bade.

L’année suivante (juin 1861), Kirchhoff et Bunsen faisaient connaître les propriétés des principaux sels de cæsium, et annonçaient la découverte d’un autre élément trouvé de la même manière dans un lépidolithe de Saxe, auquel ils donnèrent le nom de rubidium.

Ces deux métaux nouveaux étaient ainsi caractérisés par la méthode spectrale, qui entre les mains des habiles chimistes d’Heidelberg, donna, dès les premiers essais et malgré la simplicité des instruments primitifs, deux de scs plus importants résultats.

Déjà dans cette première étude, Kirchhoff et Bunsen, qui n’avaient pu isoler que quelques grammes de chlorures des nouveaux métaux, en préparaient un assez grand nombre de dérivés, et signalaient leurs analogies frappantes avec es sels de potasse et de soude.

Depuis celte époque, Bunsen, Grandeau, Piccard, et d’autres chimistes, ont apporté à l’étude de ces corps de nombreux et utiles renseignements. Grâce

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au perfectionnement des méthodes, les faits se sont accumulés depuis plus de vingt ans, et permettent déjà de se rendre compte des propriétés de ces corps, et de la place qu’ils occupent dans la classification.

Les analogies que présentent le rubidium et le cæsium avec le potassium sont si complètes, qu’elles rendent la séparation analytique de ces trois métaux fort délicate; elles avaient conduit un grand nombre de chimistes, avant l’emploi de la méthode spectrale, à les confondre et à attribuer à du potassium les combinaisons des deux autres éléments. Ces circonstances expliquent l intérêt considérable qu’aurait une étude complète du rubidium et du cæsium.

Malheureusement, bien qu’ils soient contenus dans un grand nombre de roches et d’eaux minérales, ces métaux s’y trouvent disséminés en si faible quantité, que bien des points sont encore obscurs dans leur histoire.

D’ailleurs celle étude, née d’hier, n’avance qu’avec lenteur. Aussi ai-je dû, pour la présenter aussi complète que possible, recourir à des mémoires tout récemment publiés, que les ouvrages classiques n’ont pu encore enregistrer. Cette difficulté sera notre excuse si l’on trouve quelque lacune dans ce travail.

Le premier chapitre est consacré au rubidium, le second au cæsium.

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