‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 2e cahierChapitre 20 sur 26 · SULFATE DOUBLE DE RUBIDIUM ET DE LITHIUM · texte numérisé non relu

SULFATE DOUBLE DE RUBIDIUM ET DE LITHIUM

Wyrouboff (2) a fait connaître un sulfate double anhydre dont la formule est: LiO,SO“ -f- RbO.SO.

Les sulfates de potassium, de sodium, d’ammonium, ont, comme celui de (L Comptes rendus, l. LXXXtV, p. 260.

(2) Bull. Soc. minér., t. V, p. 35, 1882 et Bull. Soc. chim., t. XLI, p. 630,

rubidium, la propriété de s’unir au sulfate de lithine. Ces sels sont hexagonaux ou orthorhombiques, très voisins du prisme hexagonal. Wyrouboff en a fait une étude cristallographique très complète.

AZOTITE DOUBLE DE RUBIDIUM ET DE COBALT. — AZOTITE DOUBLE DE CŒSIUM ET DE COBALT.

Rosenbladt (1) a étudié les azotites doubles qui sont analogues à l’azotite de potassium et de cobalt. On les prépare de la manière suivante :

On dissout parties égales d’azotate de cobalt et d’acétate de soude dans quinze parties d’eau; on fait bouillir, on filtre et après refroidissement, on ajoute 20 pour 100 d’acide acétique, puis, goutte à goutte, une solution concentrée d’azotite de sodium jusqu’à coloration orange. On laisse reposer quelque temps pour laisser déposer le sel double de sodium et l’on filtre. Puis on introduit soit un sel de rubidium, soit un sel de cæsium; en agitant, la liqueur se trouble, et finalement on recueille un précipité jaune-citron, qui, après dessiccation à 100 degrés, répond à la formule :

3(Rb0,Az03) + 2(CoO,Az03) + 2110, ou 3(CsO,Az03) + 2(CoO,Az03) + 2IIO.

Pour ootenir une composition constante, il faut maintenir en excès le sel de cobalt. Les précipités sont deux fois moins solubles que les chloroplatinates correspondants. L’auteur entre ensuite dans de longs détails sur l’analyse de ces deux azotites doubles.

AZOTATE DOUBLE DE RUBIDIUM ET d’ARGENT.

D’après Ditte (2), les azotates de potasse, de rubidium, d’ammoniaque et probablement de cœsiu.m qui sont isomorphes de l’azotate d’argent peuvent s’unir avec ce dernier pour former des sels doubles.

Lorsqu’on évapore une dissolution concentrée contenant un mélange d’azotate de rubidium et d’azotate d’argent, mélange dans lequel il se trouve 3 équivalents de ce dernier sel pour 1 équivalent du premier, il se dépose des cristaux volumineux, transparents, qui ont souvent l’aspect de tables épaisses, à cause du développement exagéré de deux facettes parallèles entre elles. Ce sont des prismes orthorhombiques, comme les cristaux des deux azotates simples. Leur formule est :

Rb0,Az03 + Ag0,Az03.

Les azotates de soude et de lithium au contraire, qui cristallisent en rhomboèdres, ne se combinent pas avec l’azotate d’argent.

(1) Berichte, l. XIX, p. 2531 et Bull. Soc. chim., l. XLVII, p. 113.

(2) Arm de chim. et de phys. (6). t. VIII, p. 419 1886).

RUBIDIUM ET CQESIUM.

Comme le fait remarquer Dilte dans son mémoire sur ces combinaisons, celte différence d’action des sels de soude et de lithine comparée aux autres sels alcalins se retrouve dans un grand nombre de réactions, cl établit une distinction très nette dans le groupe des métaux alcalins. Une première famille comprend le potassium, le rubidium, le cæsium, l’ammonium ; une seconde famille, le sodium elle lithium.

Empruntons au mémoire que nous venons de citer la liste de ces principales différences :

1° Les azotates de potassium, de rubidium, de cæsium et d’ammonium cristallisent toujours anhydres; leur forme dérive d’un prisme orthorhombique plus ou moins modifié et donne lieu à des groupements présentant l’apparence de prismes hexagonaux cannelés.

Les azotates de sodium et de lithium peuvent former des hydrates cristallisant en aiguilles déliées et contenant l’un 14 équivalents, l’autre 5 équivalents d’eau. Les deux azotates peuvent se déposer anhydres, celui de soude audessus de zéro, celui de lithine au-dessus de -|-10 degrés ; ils sont alors tous les deux sous la forme de rhomboèdres, très voisins d’ailleurs l’un de l’autre (10G“33' pour le nitrate de soude, 105“ 40' pour celui de lithine).

2“ Les azotates de potassium, de rubidium, de cæsium et d’ammoniüm se dissolvent dans l’acide azotique monohydraté en plus grande quantité que dans l’eau, ils contractent avec cet acide des combinaisons cristallines que la chaleur et l’eau décomposent.

Les azotates de sodium et de lithium sont très peu solubles dans l’acide azotique monohydraté, bien moins que dans l’eau ; ils ne forment pas de combinaisons avec cet acide.

3“ Les azotates de potassium, de rubidium, d’ammonium et très probablement de cæsium, se combinent à équivalents égaux avec le nitrate d’argent pour former des sels doubles; ceux-ci cristallisent tous de la même manière en solides très nets dérivant d’un prisme rhomboïdal droit.

Les azotates de sodium et de lithium ne se combinent pas à l’azotate d’argent; mais, quand ils cristallisent anhydres avec lui, ils lui imposent leur forme, et l’on obtient des rhomboèdres renfermant d’ailleurs des proportions absolument variables des deux sels constituants.

4“ Les sulfates de potassium, de rubidium, de cæsium et d’ammonium, sont toujours anhydres, isomorphes entre eux sous des formes dérivées du prisme orthorhombique.

Les sulfates de sodium et de lithium cristallisent habituellement avec un plus ou moins grand nombre d’équivalents d’eau; ils ne deviennent anhydres qu’à une température plus élevée; le sulfate de soude vers 35 degrés, le sulfate de lithine un peu au-dessus de 100 degrés (1).

(1) On pourrait encore ajouter, d’après les expériences de Weber, résumées plus haut :

4" bis. Les quatre premiers sulfates donnent on présence d’un excès d’acide sulfurique anhydre des sels acides ou octosulfates dont ta formule est : MO.SO’ -f 7 SO’. Ces sels paraissent isomorphes.

Les deux autres sulfates ne donnent pas d’octosulfate ; le sel de soude fournit seulement un bisulfate, et l’on ne connaît que le sulfate neutre de lithine.

5' Les sulfates de potassium, de rubidium, d’ammonium, et probablement de cæsium, se combinent avec les sulfates de chaux et de plomb pour former des sels doubles que l’eau décompose.

Les sulfates de sodium et de lithium ne se combinent pas avec ceux de chaux et de plomb.

6° Les chlorures des quatre premiers métaux cristallisent toujours anhydres.

Les chlorures de sodium et de lithium peuvent retenir 4 équivalents d’eau; celui de sodium vers —12 degrés, celui de lithium vers -)-10 degrés.

7“ Les bromures et iodures de potassium, de rubidium, de cæsium et d’ammonium cristallisent toujours anhydres, comme les chlorures.

Au contraire, les bromures et iodures de sodium et de lithium peuvent, comme les chlorures correspondants, cristalliser en tables hexagonales avec 4 équivalents d’eau.

8° Les chloroplatinates de potassium, de rubidium, de cæsium et d’ammonium sont des corps toujours anhydres, cristallisant en octaèdres réguliers; tous sont très peu solubles dans l’eau, et insolubles dans l’alcool.

Les chloroplatinates de sodium et de lithium sont des sels toujours hydratés, cristallisant l’un et l’autre avec O équivalents d’eau. Ils sont très solubles dans l’eau et dans l’alcool.

9“ Les fluorures de potassium et d’ammonium, et probablement ceux de rubidium et de cæsium sont très solubles dans l’eau. Ils cristallisent hydratés à basse température, et on peut les obtenir anhydres dans des liqueurs chaudes.

Les fluorures de sodium et de lithium cristallisent toujours anhydres; ils sont très peu solubles dans l’eau.

10' Les phosphomolybdates des quatre premiers métaux sont insolubles dans l’eau.

Les phosphomolybdates de sodium et de lithium sont au contraire solubles dans l’eau.

11° Le potassium, le rubidium et le cæsium sont beaucoup plus oxydables que le sodium et le lithium.

12° Le plus réfractaire des premiers fond à 62 degrés; les deux autres à 95 et 180 degrés.

13° Les premiers distillent vers le rouge en donnant des vapeurs colorées, tandis que les deux autres ne distillent qu’au rouge vif en donnant des vapeurs incolores.

Toutes ces différences sont assez nettes pour servir de base à une subdivision des métaux alcalins. Les quatre premiers forment une première famille; les deux autres constituent un autre groupe intermédiaire entre le premier et celui des métaux alcalino-terreux. On doit donc placer le rubidium et le cæsium à côté du potassium et de l’ammonium, et l’écarter du sodium.

RUBIDIUM ET COESIUM.

TARTRATES ET RACÉMATES DE RUBIDIUM.

Signalons encore plusieurs tarlrates ou racémates de rubidium, simples ou doubles, qui ont été décrits récemment par Wyrouboff (1).

Tartrate de rubidium C*H*Rb®0*’, orthorhombique, pseudo-rhomboédrique.

Racémate de rubidium C®II*Rb*0*S rhomboédrique, isomère et cristallographiquement très voisin du précédent.

Tarlrates inactifs de rubidium neutre G®H‘Rb*0‘®-|-H-0S prismes anor- Ihiques un peu déliquescents.

Acide G®IPRbO*-4-HO, prismes anorthiques.

Racémate acide de rubidium G®H“RbO‘S anorthique, voisin du prisme drthorhoinbique.

Tartrate double de rubidium et de lithium G*H*LiRbO‘*+H*OS orthorlioinbique.

Racémate double de rubidium et de lithium G*H*LiRbO*'+ffOS clinorhonihique. Les cristaux de ce sel double, au sein de leur eau mère, émettent de vives étincelles rouges, lorsqu’on les touche avec un corps dur.

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