HISTORIQUE
En 1817, Arfwcdson, ayant eu l’occasion de faire l’analyse de plusieurs silicates provenant des mines de fer d’ütœ, trouva tout d’abord dans le pétalite, puis dans le triphane et le lépidolithe, une base dont l’équivalent était inférieur à celui des deux alcalis déjà connus, la potasse et la soude (1).
Plusieurs analyses du triphane avaient été données antérieurement par Vauquelin, qui indiquait 9 pour 100 de potasse, et par Hisinger et Berzelius, qui niaient la présence de cette base.
En faisant le calcul en centièmes des différents éléments composant le pétalite d’Utœ, Arfwedson trouva constamment un excès de 5 pour 100, en supposant que l’alcali obtenu était de la soude. En examinant le sulfate provenant de cette analyse et le transformant en carbonate, il fut conduit à penser que la base ne pouvait être ni de la potasse, ni de la soude. Il obtenait des sels présentant les mêmes caractères dans l’analyse du triphane et du lépidolithe.
Berzelius proposa de donner à cette base nouvelle le nom de lilhion (du mot grec XiGcioç), pour indiquer que, contrairement aux deux autres déjà connus, cet alcali fixe avait été primitivement rencontré dans le règne minéral. Il résultait de là que les minéraux analysés par Arfwedson étaient des silicates d’alumine et de lithine contenant de 4 à 9 pour 100 de lithine.
Le 9 février 1818, dans une lettre adressée à Berthollet, Berzelius (2) annonçait ce résultat, en même temps qu’il lui faisait part de la découverte du sélénium.
Pendant qu’Arfwedson achevait ses expériences, Vauquelin recevait un échantillon de 10 grammes de pétalite d’Utœ, et constatait à l’analyse qu’en négligeant les alcalis, on trouvait un déficit de 7 centièmes environ ; la faible quantité de matière dont il disposait ne lui permit pas de caractériser l’alcali, auquel il crut reconnaître les principales propriétés de la potasse. A la nouvelle
(1) A/handlingari Kemi,Fysik och Minéralogie, t. VI, Stockholm, 1818. — An», de chim. et de phys., t. X, p. 82.
(2) Ann. de chim. et de phys., t. Vit, p. 199.