PHOSPHATES DE LITHINE ET DE SOUDE
Berzelius (1) a décrit sous ce nom un phosphate qu’il obtenait en ajoutant à un sel de lithine de l’acide phosphorique, puis du carbonate de soude, ou simplement du phosphate de soude; en évaporant, le liquide se trouble; on dessèche complètement la masse et l’on traite par l’eau froide.
La majeure partie du composé ne paraît se former que pendant la dessiccation. Le résidu insoluble dans les eaux mères, qui sont riches en phosphate de soude, est une poudre blanche, dont la formule serait Li0,Na0,Ph0 5 ; elle est presque complètement insoluble dans l’eau froide et très peu soluble dans l’eau chaude.
L’existence de ce corps était intéressante, parce qu’il eut permis de doser facilement la lithine, ou du moins de la reconnaître qualitativement dans les liqueurs étendues.
Rammelsberg (2) répéta ces expériences, et obtint des résultats analogues, sauf que ses produits renfermaient des proportions variables de soude et de lithine. On pensait alors que ces deux alcalis pouvaient se remplacer dans leurs combinaisons, et l’on voyait là une preuve d’isomorphisme, Cependant les analyses de Rammelsberg montraient qu’on était en présence d’un phosphate tribasique 3 LiO,PhO r ' plus ou moins complètement remplacé par 3Na0,Ph0 5 , et non plus d’un pyrophosphate. En outre, ce savant avait quelquefois rencontré dans ces combinaisons de l’eau et de l’acide carbonique.
D’après Liebig, ces produits, même après de nombreux lavages, font toujours effervescence avec les acides, ce qui paraît indiquer que la présence de la soude est due à du carbonate de soude retenu par le phosphate de lithine. Mayer a constaté que par des lavages prolongés on leur enlevait toujours un peu de carbonate de soude, et qu’ils n’étaient nullement homogènes.
Fresenius (loc. cil.), en opérant très exactement d’après les anciennes données de Rammelsberg, obtint constamment du phosphate de lithine tribasique exempt de soude.
En présence de ces faits, Rammelsberg maintint ses premiers résultats, qui paraissent avoir été confirmés en partie par les recherches récentes de Kraut, Nahnsen et Cuno ( loc.cit .). Ces savants ont employé le pyrophosphate de soude et le chlorure de lithium. Si ce dernier sel est en excès, il se forme déjà à froid un pyrophosphate double insoluble; avec des proportions différentes, le précipité ne se produit que lorsqu’on chauffe, et d’autant plus lentement, que le pyrophosphate de soude est en plus grande quantité. Tous ces précipités sont des poudres cristallines blanches; leur composition varie avec les proportions des deux sels :
Avec LiCI et 4(Na 1 2 0 2 ,Ph0') on obtient 4 LiO,G NaO,5 PhO 5
l.iCI et 2(Na 2 0 2 ,PhO r ') - 2LiO,2NaO,2PhO®
LiCI et Na 2 0 2 ,Ph0 r - — 3LÎO, i\’aO,2PhO r '
5 LiCI et 2(Na 2 0 2 ,PhO r ') — 5LiO, NaO,3PhO r>
(1) Ann. /'/ii,s. Chem., I. IV, p. 245.
(2) Mil., t. I.XVI, p. 86.
LITHIUM
Analyse. Calculé. (Berzelius). (Rannnelsberg).
NaO. 20,49 23,55 7,84 28,38 14,89 20,36
LiO. 12,82 16,15 32,15 21,89 26,89 23,25
PhO 5 60,69 60,30 58,67 52,58 55,72 54,39