‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 3e cahierChapitre 54 sur 92 · DOSAGE DE L’AMMONIAQUE · texte numérisé non relu

DOSAGE DE L’AMMONIAQUE

On a indiqué plus haut à l’étude de l’ammoniaque (t. Il, p. 241) les principales méthodes qui servent à doser l’ammoniaque dans ses combinaisons salines. Il nous reste à indiquer les procédés qu’on peut employer pour séparer l’ammoniaque des alcalis.

Il est clair qu’on peut employer pour doser l’ammoniaque, même en présence des alcalis et des sels alcalins, les procédés de dosages volumétriques fondés sur le déplacement par la potasse, de l’ammoniaque à froid ou à chaud, procédés qui peuvent donner d’excellents résultats, quand on a soin de prendre les précautions générales qu’on ne doit jamais perdre de vue dans les analyses volumétriques.

On peut aussi se proposer de doser simultanément les alcalis, et de doser l’ammoniaque par des pesées.

Séparation de l'ammoniaque et de la soude. — 1“ Les deux alcalis sont à l’état de chlorure, ou s’ils sont combinés avec des acides volatils autres que l’acide chlorhydrique, on transforme les sels en chlorures par une simple évaporation à siccité, au bain-marie, avec de l’acide chlorhydrique en excès (avec les azotates, il faut renouveler quatre à six fois l’opération avec l’acide chlorhydrique, jusqu’à ce que le poids de la masse saline reste constant).

On pourra doser la soude à l’état de sulfate de soude par la calcination faite sur une portion additionnée d’acide sulfurique, calcination qui éliminera le sel

AMMONIUM. — SELS AMMONIACAUX. 43

ammoniacal. Sur une autre portion, on pourra doser l’ammoniaque à l’état de chlorure double de platine et d’ammonium. On ajoute à la dissolution aqueuse du mélange des sels de soude et d’ammoniaque un excès d’une dissolution aqueuse de chlorure de platine concentrée et aussi neutre que possible. On évapore presque à siccité au bain-marie (en évitant que le chlorure double de platine et de sodium perde son eau de cristallisation). On verse sur le résidu de l’alcool à 78 ou 80 degrés; on abandonne pendant quelques heures, en remuant de temps en temps. On filtre le précipité en s’aidant du liquide filtré pour rassembler tout le précipité sur le filtre ; on le lave avec de l’alcool à 80 degrés, et l’on sèche vers 110 degrés ; ou bien on calcine le sel double en élevant peu à peu la température, et l’on pèse le platine métallique qui reste comme résidu, et dont le poids permet de calculer l’ammoniaque correspondante.

2° S’il y a de l’acide sulfurique, on dosera la soude de même, et l’ammoniaque par déplacement.

3° S’il y a un acide non volatil, par exemple de l’acide phosphorique, ou de l’acide borique, on fait une dissolution aqueuse concentrée des sels, et l’on y ajoute un peu d’acide chlorhydrique et du chlorure de platine; on ajoute une luanlité notable d’alcool aussi concentré que possible, on laisse reposer pendant vingt-quatre heures, et l’on achève de même.

Séparation de l'ammoniaque et de la potasse. — 1° Si les sels sont des chlorures ou ont été transformés en chlorures, on pourra les doser simultanément avec le chlorure de platine. En opérant comme précédemment, on aura un mélange de chlorure double de platine et de potassium, et de chlorure double de platine et d’ammonium. On dessèche le mélange des deux précipités vers 100 degrés, on le pèse ; puis on le calcine au rouge, en évitant de le chauffer trop fortement. Le résidu est un mélange de platine et de chlorure de potassium. On lave ce résidu avec de l’eau, qui dissout le chlorure de potassium. On dose ce dernier en le transformant en sulfate de potasse, et l’on calcule le poids de chlorure double de platine et de potassium qui lui correspond. Le poids de chlorure double de platine et d’ammoniaque s’obtient par différence.

S’il n’y a pas d’acide fixe, il sera plus commode de doser au début la potasse, sur une portion, à l’état de sulfate, en volatilisant le sel ammoniacal ; on calculera ensuite le poids de chlorure double de platine et de potassium qui correspond au précipité mixte que l’on formera de même que précédemment, et l’on calculera de même par différence le poids de chlorure double de platine et d’ammonium contenu dans ce dernier.

2° S’il y a de l’acide sulfurique, ou un acide fixe, tel que les acides phosphorique ou borique, on opérera comme dans le cas où l’ammoniaque est en présence de la soude.

Séparation de l’ammoniaque, de la soude et de tapotasse. —1° Si les sels sont des chlorures, ou ont été transformés en chlorures, on pourra doser l’ammoniaque et la potasse comme précédemment, en faisant le précipité mixte de chlorure de platine et d’ammonium, et de chlorure de platine et de potassium; puis on calcinera en présence de l’acide sulfurique, ce qui donnera un mélange

de sulfate de potasse et de soude. On calculera le poids de sulfate de potasse contenu dans ce mélange, et l’on aura par différence le poids du sulfate de soude.

2° S’il y avait de l’acide sulfurique, on pourrait calciner avec ce même acide, ce qui éliminerait l’ammoniaque, séparer la potasse et la soude par le chlorure de platine, et doser l’ammoniaque par déplacement.

3° S’il y avait des acides fixes, il faudrait les éliminer par précipitation.

Séparation de la litliine et de l'ammoniaque. — Si en même temps que les alcalis il se trouve de la lithine, on doit doser l’ammoniaque séparément et par déplacement. On ne peut faire, dans ces conditions, le chlorure double de platine et d’ammonium, qui entraînerait du lithium.

Page 1