‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 3e cahierChapitre 7 sur 92 · OXYDES DE LITHIUM · texte numérisé non relu

OXYDES DE LITHIUM

On connaît le protoxyde de lithium, qui peut être obtenu soit anhydre, soit combiné à 1 ou à 3 équivalents d’eau, pour former les hydrates LiO,IIO ou LiO,3HO. En outre, un grand nombre de faits conduisent à admettre l’existence d’un peroxyde de lithium qui n’a pas été isolé.

(1) Ann. Cliem. Pharm., t. XC1V, p. 10.

(3) Ann. Chem. Pliarm., t. CVIII, p. 67.

(1) Ann. de chim. et de phys., t. LXIII, p. 11.

(5) Matthiessen, Pliil. Magaz., 4"sér., t. XIII, p

(6) Comptes rendus, t. I.XXXIX, p. 514.

LITHIUM

PROTOXYDE DE LITHIUM ANHYDRE (LiO).

On peut obtenir ce composé par trois méthodes différentes :

1° En chauffant le lithium dans un courant d’oxygène sec à plus de 200 degrés. Dès qu’on atteint cette température, on voit la combinaison s’effectuer immédiatement avec incandescence et flamme. Pour faire cette expérience, on doit placer le métal dans une nacelle de fer, les autres métaux étant rapidement percés ; encore ne faut-il employer que très peu de lithium dans chaque essai, sans quoi la chaleur dégagée déterminerait la combustion vive du fer. Après le refroidissement dans une atmosphère d’oxygène sec, on trouve une masse spongieuse d’un blanc jaunâtre. Ce produit contient du protoxyde de lithium anhydre mêlé d’un peu de peroxyde, qui lui donne cette coloration jaune. On peut constater la présence de cette impureté en en dissolvant une petite quantité dans une liqueur d’indigo mélangée d’un grand excès d’acide chlorhydrique ; peu à peu le liquide se décolore. Ce corps jaunâtre, chauffé au contact de l’air, devient presque blanc, par suite de la destruction du peroxyde.

2° On décompose le carbonate de lithine anhydre par le charbon à une température élevée, dans un creuset de platine. Par ce moyen on a de la lithine exempte de peroxyde.

3° On peut aussi décomposer l’azotate de lithine dans un creuset d’argent, en maintenant la température pendant très longtemps au rouge, ou bien chauffer ensemble l’azotate de lithine et des fragments de cuivre qui rendent la décomposition de l’azotate beaucoup plus rapide (H. Muller).

Le protoxyde de lithium anhydre est blanc, à cassure cristalline. Il n’attaque pas les vases de platine, dans lesquels il peut être impunément porté à une température voisine de celle de la fusion du platine; lorsque cette attaque se produit, c’est que la lithine est impure et contient des traces d’oxydes de rubidium ou de cæsium. Le chlore, le soufre, le phosphore, se combinent à l’oxyde de lithium (Troost). Le charbon et le fer ne le décomposent pas. Chauffé dans un courant d’oxygène sec sur une nacelle d’argent, il absorbe un peu de gaz, et se transforme superficiellement en peroxyde; l’action ne peut être rendue plus complète en chauffant davantage, le peroxyde étant décomposable par la chaleur. Si l’on remplace la nacelle d’argent par une nacelle de platine, on voit apparaître tout autour de l’oxyde une auréole brune.

Donnée thermique. — D’après Beketoff (1), la chaleur de dissolution de LiO anhydre est de -|- 13 Ca, ,0.

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