‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 4e cahierChapitre 13 sur 90 · SULFATE DE CHAUX ET DE RUBIDIUM · texte numérisé non relu

SULFATE DE CHAUX ET DE RUBIDIUM

La réaction est exactement la même entre le sulfate de cbaux et le sulfate de rubidium qu’entre ce premier sel et le sulfate de potasse; la liqueur se prend en masse, par suite de la formation d’un sel double en aiguilles transparentes groupées en étoiles et fusibles au rouge, qui ont pour formule 3S0^2Ga0.Rb0.3H0 ou2(SÜ3.Ca0).(S0».Rb0).3HÜ (Ditte, loc. cit.).

SULFATE DE CHAUX ET D’aMMONIAQUE.

La combinaison du sulfate de chaux avec le sulfate d’ammoniaque, pris eu dissolution très concentrée, n’a lieu qu’au bout de plusieurs jours. Il se forme de longues aiguilles très brillantes, isolées les unes des autres, que l’eau froide décompose immédiatementenenlevant le sel ammoniacal, et qui, pour cette raison, sont difficiles à purifier de leur eau mère. La formule de ce sel double est 2S0^Ca0.AzH‘0.II0 ou (S0'.Ca0).(S0'.AzH*0).n0, analogue à celle de l’un des sels doubles donnés par le sulfate de potasse (Ditte, loc. cit.).

HYPOSULFATE DE CHAUX.

L’hyposulfate, ou dithionate de chaux, se prépare comme le sel correspondant de baryte. Il forme des cristaux transparents, S®0^Ca0.4H0, très solubles dans l’eau, car ils n’exigent pour se dissoudre que 2,46 parties d’eau à 19° et 0,S partie à 100*.

SULFITE DE CHAUX.

Propriétés. — Le sulfite de chaux est incolore, soluble dans 800 parties d’eau froide, beaucoup plus soluble en présence d’un excès d’acide sulfureux, d’où il se sépare en aiguilles hexagonales, SO*.Ga0.2HO. Il s’effieurit à l’air et se transforme rapidement en sulfate; soumis à l’action de la chaleur, il se décompose en sulfate et sulfure.

Préparation. — On le prépare comme le sulfate de soude, en faisant agir le gaz acide sulfureux sur la chaux hydratée ou le carbonate de chaux. Nous avons vu plus haut (p. 68) qu’il peut se former spontanément dans les résidus de la fabrication de la soude artificielle.

NIVOIT, - CALCIUM.

HYPOSÜLFITE DE CHAUX. S*0*.Ca0.6H0.

Propriétés. — L’hyposulfite de chaux cristallise facilement en prismes hexaèdres incolores. Il s’effleurit à 40 degrés et se dissout dans son poids environ d’eau froide.

Ce sel n’est pas aussi stable que le sel de soude correspondant. Sous l’influence de circonstances qui ne sont pas encore exactement déterminées, il éprouve parfois même en vase clos une décomposition et se transforme en une bouillie jaunâtre de soufre et de sulfite de chaux (S®O^CaO=SO*.CaO-|-S). Sous l’action de l’air, ce dernier sel se change lui-même en sulfate de chaux.

Une dissolution concentrée d’hyposulfite de chaux éprouve une décomposition du même genre quand on la chauffe à 60 degrés. Aussi, quand on veut obtenir le sel cristallisé, faut-il concentrer sa dissolution au-dessous de cette température.

Préparation. — On prépare l’hyposulfite de chaux en faisant passer un courant d’acide sulfureux dans du sulfure de calcium, que l’on obtient en calcinant du gypse avec du charbon et que l’on maintient en ébullition dans un grand excès d’eau, ou que l’on se procure en faisant bouillir de la chaux et du soufre avec de l’eau.

Procédé Kopp. — L’hyposulfite de chaux est employé pour la préparation en grand du vermillon d’antimoine. On le produit industriellement, d’après M. Kopp, en faisant bouillir pendant un certain temps, dans une chaudière en fonte, des résidus de soude frais, mélangés avec 10 à 15 pour 100 de soufre pulvérisé pour transformer le sulfure de calcium des résidus en polysulfure, introduisant le tout, après refroidissement, dans des cuves munies d’agitateurs et saturant par l’acide sulfureux jusqu’à ce qu’il se produise une réaction faiblement acide.

La figure 6 représente une section verticale de l’appareil dans lequel cette opération est exécutée. A et B, cuves disposées par étages et communiquant à la partie supérieure par le tuyau c; d, tube par lequel on fait arriver l’acide sulfureux ; e, cloison de métal forçant le gaz à descendre pour se trouver au contact de la dissolution et de la pluie liquide produite par le mouvement de rotation de la zone à palettes f; g, nouvelle cloison destinée à contrarier le gaz et à le faire redescendre avant qu’il s’échappe; h, cloison placée dans la seconde cuve B remplissant les mêmes fonctions que e; i, roue à palettes identiques kf; j, seconde cloison semblable kg; k, tuyau de dégorgement des gaz non absorbés; l, entonnoir de tôle, percé de trous, pour déterminer l’appel du gaz dans le tuyau k ; m, robinet par lequel on fait écouler le liquide de la cuve B, afin de l’essayer; n, robinet qui permet de faire passer le liquide de la cuve B dans la cuve A, quand cette dernière est vide; p, troisième robinet servant à soutirer le liquide de la cuve A; q, orifice destiné à renouveler directement le liquide de la cuve A, quand on ne juge pas à propos d’y faire passer celui de la cuve B; r,

ENCVCl.OP. CHIM. 6

orifice par lequel on introduit de nouveau dans la cuve B du liquide pour remplacer celui qu’on a fait passer dans la cuve A.

La liqueur retirée des cuves est additionnée d’une petite quantité de résidu de soude qui lui redonne une réaction neutre; on la laisse ensuite se clarifier par le repos, on décante et on concentre jusqu’au point de cristallisation.

Fie. 6.

Pour éviter la décomposition du sel, il est indispensable de veiller à ce que la température s’abaisse à mesure que le degré de concentration s’élève et à ce qu’elle n'atteigne jamais, en tout cas, 60 degrés. On a proposé, dans ce but, de faire l’évaporation dans le vide.

Les cristaux ainsi obtenus, ne sont pas suffisamment purs; on les redissout dans une quantité d’eau telle que la densité de la solution soit de 1,45, et on laisse cristalliser de nouveau.

Procédé Jullien. — On sait que les résidus de soude s’effleurissent sous l’action de l’humidité de l’air. On facilite cette action en disposant les résidus en couches minces, que l’on retourne fréquemment. On soumet ensuite la masse à un lessivage et on traite la lessive par l’acide sulfureux. Il se produit du soufre qui se précipite et de l’hyposulfite de chaux qui reste en dissolution. Le liquide clarifié, puis concentré, donne des cristaux d’hyposulfite de chaux.

Procédé Townsend et Walker. — On peut arriver au même résultat sans acide sulfureux. Les résidus de soude sont soumis à des retournements et à des arrosages fréquents; le sulfure de calcium se transforme d’abord en polysulfure, puis en sulfite et hyposulfite de chaux, que l’on enlève par un lessivage de la masse. Si cette lessive contient encore une trop grande quantité de polysulfure de calcium, on la fait passer en pluie dans une tour à coke, où elle circule en sens inverse d’un courant d’air, destiné à rendre l’oxydation plus corn

NIVOIT. - CALCIDM.

plète. l’ar l’évaporation on l’amène à une densité de 1,25, on la laisse se clarifier par le repos, puis on la décompose par le sulfate de soude ; on obtient ainsi de l’hyposulfite de soude et un précipité de sulfate de chaux qui entraîne des quantités notables d’hyposulfîte et de sulfite de chaux. Ce précipité, lessivé de manière à conserver encore 2 à 3 parties d’hyposulfite, constitue ce qu’on appelle Vantichlore précipité et est destiné à la fabrication du papier, où il est utilisé à la fois comme antichlore et comme gypse.

TRITHIONATE DE CHAUX. S^O^.CaO.

Le trilhionale de chaux, ou hyposulfate monosulfuré, s’obtient par l’évaporation dans le vide d’une liqueur résultant de la digestion, à 60 degrés en vase clos pendant quelques jours, d’une dissolution concentrée d’hyposulfale de chaux avec du soufre en poudre fine. Il se présente en masse cristalline déliquescente (Baumann).

SÉLÉNIATE DE CHAUX. Se0^Ca0.2H0.

Le séléniate de chaux présente avec le sulfate de chaux hydraté une telle analogie, qu’il est difficile de distinguer immédiatement ces deux sels, qui sont isomorphes, ont la même solubilité dans l’eau, perdent et reprennent leur eau de cristallisation dans les mêmes conditions.

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