MAGNÉSIE
Mg. 12,00 60,00
Le magnésium ne se combine qu’en une seule proportion avec l’oxygène pour former un oxyde qui a pour formule MgO et que l’on nomme magnésie.
PnopiuÉTÉs.— La magnésie est pulvérulente, blanche, insipide, inodore, fixe, et d’une densité de 2, 3 ; 1 p. se dissout dans 5142 p. d’eau à. la température ordinaire et dans 36 000 p. d’eau bouillante ; elle est donc, comme la chaux, moins soluble à chaud qu’à froid.
Elle est à peu près infusible. On n’a pu la fondre qu’à l’aide de la chaleur produite à la fois par une forte lentille et par un courant électrique puissant (Desprelz). Elle se volatilise sensiblement à une température élevée.
Lamagnésie sature bien les acides. Elle possède une réaction faiblement alcaline;
NIVOIT, — CALCIUM. 109
elle bleuit le papier rouge de tournesol mouillé et verdit le sirop de violettes. Quand on la met en présence de l’eau, elle s’hydrate lentement avec une très légère élévation de température ; exposée à l’air, elle absorbe à la fois l’humidité et l’acide carbonique. Son hydrate est représenté par la formule MgO. HO.
Tous les sels de magnésie, excepté le citrate, ont une saveur amère.
M. Ditte a fait voir que les propriétés physiques de la magnésie, de môme que pour d’autres oxydes, varient avec la température à laquelle elle a été calcinée. Cette base est d’autant plus difficile à dissoudre dans les acides étendus qu’elle a été chauffée davantage, et ses propriétés hydrauliques se manifestent oussi d’autent mieux que sa calcination a été plus forte, au moins jusqu’à la température du rouge blanc, à laquelle elle semble perdre la faculté de se coml>iner rapidement avec l’eau. Cette variation des propriétés physiques paraît même se poursuivre dans les combinaisons de la magnésie avec l’eau.
État naturel. — La magnésie anhydre existe dans la nature, associée à du protoxyde de fer (8 à 9 pour 100) ; ce minéral, désigné sous le nom de périclase, est d’un vert obscur, transparent, cristallisé en octaèdres réguliers et d’une dureté presque égale à celle du feldspath; on le trouve dans la dolomie de la Somma.
La magnésie hydratée se rencontre en masses lamelleuses blanches et nacrées lormant de petits filons dans la serpentine de Hoboken (État de New-Jersey) et de l’ile d’Unst (lies Shetland); les minéralogistes lui donnent le nom de brucite, Wc hydraté, ou guhr magnésien. On observe aussi à Hoboken une autre variété de magnésie hydratée, qui a reçu le nom de némolite ou de magnésie dniantoide, et qui se présente en aiguilles blanches et nacrées. Elle contient de l’oxyde de fer et de la silice et donne à l’analyse :
Magnésie. 51,721
Eau. 29,666
Silice. 12,568
Peroxyde de fer... 5,874
Préparation. — On obtient la magnésie hydratée en ajoutant à un sel de magnésie dissous dans l’eau de la potasse ou de la soude en excès. La précipitation n’est pas complète, mais elle l’est d’autant plus que l’excès d’alcali est plus considérable. Par l’ammoniaque, la précipitation est très incomplète ; si l’on mtend vingt-quatre heures, la proportion de magnésie obtenue est beaucoup plus forte, et il peut n’en rester que 1/10 dans la dissolution. En présence d’un excès ^e sel ammoniacal, la précipitation est nulle.
En calcinant la magnésie hydratée, on prépare la magnésie anhydre que l’on peut encore se procurer en décomposant par la chaleur l’azotate ou le carbonate île magnésie, on même le chlorure de magnésium hydraté ; mais avec ce dernier ®6l, il faut calciner à plusieurs reprises le résidu additionné d’eau pour que la ilécomposition soit complète. Le plus souvent on se sert du carbonate de magnésie et on prolonge l’opération jusqu’à ce qne le produit ne fasse plus effervescence avec les acides.
110 ENCÏCLOPÉDIE CHIMIQUE.
On reproduit artificiellement la brucite en décomposant le borate de magnésie par la chaüx dans un four à porcelaine. Cette méthode, qui est une sorte de précipitation par voie sèche, permet de préparer à l’état cristallisé les protoxydes de nickel, de cobalt, de manganèse, etc. (Ebelmen). On peut aussi reproduire les cristaux de périclase par l’action de l’acide chlorhydrique sur la magnésie, à une température élevée, ou de la vapeur d’eau sur le chlorure de magnésium (H. Deville).
Si l’on prend de la magnésie produite par la calcination du chlorure de magnésium hydraté impur du commerce et qu’on la laisse pendant longtemps sous l’eau, on obtient une masse dense et tenace comme le marbre, mais plus dure et plus diaphane et qui présente la composition suivante :
Magnésie.. 57,t
Eau. 27,7
Acide carbonique. 8,3
Alumine et peroxyde de fer. 1,3
Sable. 6,0
En l’absence de l’air, il y a également durcissement, mais il ne se forme plus que l’hydrate MgO. HO, qui, de même que la brucite, n’absorbe plus l’acide carbonique, ce qui le distingue de l’hydrate préparé par précipitation (H. Deville, Compt. rend, de l’Acad.^ des Sc., t. LXl, p. 975).
Hydrate soludle.. — Quand on fait agir le bioxyde d’hydrogène sur le magnésium, on obtient un liquide alcalin, renfermant de la magnésie hydratée, et qui, par l’évaporation à sec, abandonne une masse blanche, soluble dans l’eau et très alcaline (Weltzein, Bull, de la Soc. chim. (2), t. V, p. 263).
Usages. — La magnésie est fréquemment employée en médecine, surtout contre les aigreurs d’estomac. Délayée dans l’eau, à la dose de 8 à 10 grammes, elle agit comme purgatif. On s’en sert aussi comme contre-poison dans les cas d’empoisonnement par les acides et même par l’acide arsénieux. Pour ces usages la magnésie doit être exempte de chaux.
La magnésie peut être employée en crayons pour l’éclairage oxhydrique ; elle devient une source puissante de lumière quand elle est portée à une température élevée.
CHLORURE DE MAGNÉSIUM. CiMg.
Cl. 35,50 74,74
Mg. . 12 00 25,26
Propriétés. — Le chlorure de magnésium est un sel déliquescent très soluble dans l’eau, d’une saveur amère et piquante, qui cristallise en prismes hexagonaux
NIVOIT, — MAGNÉSIUM, répfuliers avec i équivalent d’eau. Il est si peu stable en présence de la chaleur qu’il ne supporte même pas l’évaporation à sec de sa dissolution et qu’il se décompose en donnant naissance à un dégagement d’acide chlorhydrique et à uii dépôt de magnésie et de chlorure; toutefois, pour que cette décomposition soit complète, il faut chauffer à plusieurs reprises le résidu avec de l’eau.
On a expliqué les corrosions intérieures des chaudières à vapeur par l’action de l’acide chlorhydrique qui provient de la décomposition partielle du chlorure de magnésium contenu dans l’eau d’alimentation.
État natugel. — Le chlorure de magnésium existe en dissolution dans l’eau de mer et dans certaines eaux douces. L’eau de la Méditerranée en contient une plus forte proportion que celle de l’Océan; ce qui donne au sel recueilli dans les marais salants du midi de la France un goût particulier que ne possède pas le sel des côtes de Bretagne.
Préparation. — On prépare, le chlorure de magnésium hydraté en dissolvant *a magnésie ou le carbonate de magnésie dans l’acide chlorhydrique et concentrant la liqueur, ou encore en concentrant et exposant au froid une solution de 2 p. de sulfate de magnésie et 1 p. de chlorure de sodium dans 4 p. 1/2 d’eau ; ‘tans ce dernier cas, il cristallise du sulfate de soude, tandis que le chlorure de magnésium reste dissous.
Le chlorure de magnésium anhydre se produit par la combustion du métal dans le chlore, par l’action du chlore sur la magnésie au rouge vif ou sur un mélange de magnésie et de charbon de fécule.
On le prépare généralement de la manière suivante. On ajoute à la solution aqueuse de chlorure de magnésium un excès de sel ammoniac ; on évapore et OR calcine au rouge dans un creuset de platine. Le chlorure double de magnésium 6t d’ammoniaque ne se décompose pas, comme le chlorure simple, par l’évaporation ; mais la calcination chasse le sel ammoniacal et laisse comme résidu du chlorure de magnésium anhydre, qui se présente sous la forme de lamelles blanches et nacrées, comme le blanc de baleine.
Quand on fait passer sur la magnésie un courant de gaz chlorhydrique sec, puis un second courant de vapeur de sulfure de carbone, il se produit une triple 'lécomposition et l’on obtient du chlorure de magnésium anhydre (Curie et Thomasson).
Usages. — On a proposé d’appliquer à la fabrication du chlore et des chlo- •“ures décolorants le chlorure de magnésium qui se produit comme résidu dans ibeaucoup de cas et dont on ne sait que faire (Clemm).
On concentre Jusqu’à 44° Baumé la lessive de chlorure de magnésium et on
mêle, quand elle est chaude, avec du peroxyde de manganèse en poudre J'isqu’à ce que le mélange contienne un équivalent de peroxyde pour deux de pblgf'ure. Le mélange, refroidi et solidifié, est alors exposé par petits fragments * l’action de la vapeur d’eau surchauffée. Il suffit de chauffer la vapeur jusqu’à ^OO’; mais jj vaut mieux élever la température à 300“ et même un peu plus b^ut. Il se dégage alors du chlore que l’on fait passer dans des tourilles remplies
de peroxyde de manganèse en morceaux pour retenir l’eau et l’acide chlorhydrique.
En traitant le chlorure de magnésium par la vapeur surchauffée dans un four à réverbère jusqu’à ce que tout l’acide chlorhydrique se soit dégagé, on obtient de la magnésie qui peut être employée soit à l’état libre, soit mêlée avec de la chaux, pour préparer les chlorures décolorants en poudre ou liquides, ou que l’on peut utiliser, après l’avoir préalablement transformée en carbonate de magnésie par l’action de l’acide carbonique humide, pour préparer du carbonate de manganèse et régénérer le peroxyde de manganèse.
CHLORURE d’iode ET DE MAGNÉSIUM.
Le chlorure de magnésium produit, avec le chlorure d’iode, une combinaison qui a pour formule : ClMg. CFI. 5HO. On l’obtient en dissolvant, avec l’aide de la chaleur, l’iodate de magnésie dans l’acide chlorhydrique concentré ; on fait ensuite arriver du gaz chlorhydrique jusqu’à saturation complète de la liqueur et on la refroidit dans un mélange réfrigérant ; il se dépose des cristaux déliquescents assez instables (Filhol, Journal de Pharm., t. XXV, p. 442).