‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 4e cahierChapitre 50 sur 90 · PROCÉDÉ DE H. SAINTE-CLAIRE DEVILLE · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ DE H. SAINTE-CLAIRE DEVILLE

Le chlorure d’aluminium étant l’une des matières premières qui sont employées dans la préparation de l’aluminium, H. Sainte-Claire Deville s’est appliqué à le produire le plus économiquement possible; nous allons décrire successivement les dispositions auxquelles il s’est arrêté dans la construction des appareils.

I. Préparation dans les laboratoires. — On mélange intimement de l’alumine provenant d’un alun ammoniacal fortement calciné et bien exempt de fer, avec 40 pour 100 de son poids de charbon pulvérisé ou de noir de fumée, ei l’on ajoute assez d’huile pour en faire une pâte consistante.

Cette pâte, calcinée au rouge vif dans un creuset fermé pour décomposer l’huile, donne une masse cohérente, que l’on brise en petits fragments et que l’on introduit dans une cornue en grès, vernie et tubulée, d’une capacité de 10 litres environ.

Par ta tubulure on fait arriver dans celle cornue un courant de chlore sec, en même temps qu’on la porte au rouge dans un fourneau spécial.

Dans les premiers moments, il s’échappe par le col de la cornue de l’eau provenant du charbon alumineux, qui est très hygrométrique. Lorsque le chlorure d’aluminium commence â distiller, on ajoute au col de la cornue un entonnoir en grès ou en porcelaine, qu’on maintient adhérent au moyen d’un peu d’amiante et d’un lut formé de bourre de vache êt de terre à poêle.

A la suite de l’entonnoir vient une cloche à douille, qu’on unit à l’entonnoir avec le même lut que précédemment. . j , ,

Le chlorure d’aluminium se dépose dans 1 entonnoir et dans la cloche sous

forme de croûtes cristallines. Quand une cloche est pleine, on l’enlève et on la remplace de suite par une autre.

II. Préparation industrielle. — Pour préparer le chlorure d’aluminium en grandes quantités, H. Sainte-Claire Deville a remplacé le mélange d huile, de charbon et d’alumine par un mélange d’alumine et de goudron, la cornue tubulée par une cornue à gaz, et le récipient en verre par une petite chambre en briques, recouverte en faïence vernissée. La figure montre la disposition de tous ces appareils.

La cornue à gaz, de 300 litres environ, était placée verticalement dans une sorte de cheminée où circulait la flamme d’un foyer F, renversée par l’autel P. A sa partie inférieure, la cornue était percée d’une ouverture carrée X, que l’on pouvait fermer au moyen d’une brique maintenue par une vis de pression V ; à sa partie supérieure, elle était fermée par une plaque Z en brique réfractaire, percée d’une ouverture pour l’introduction du mélange d’alumine et de charbon.

Un tube en porcelaine, garanti contre l’action de la flamme au moyen d’un creuset de terre rempli d’un mélange d’argile et de sable, traversait en O la paroi de la cornue et amenait le chlore jusqu’au centre du charbon alumineux.

Les vapeurs de chlorure d’aluminium, après avoir traversé le conduit Y, arrivaient dans une chambre L, de 1 mètre de large et l'",20 de haut, garnie intérieurement de plaques de faïence et fermée en M par une ou deux plaques de même nature. A sa partie inférieure se trouve une ouverture, à laquelle sont adaptés des tuyaux en bois garnis intérieurement de plomb et destinés à conduire les gaz dans une cheminée â bon tirage.

ALUMINIUM

Avant de mettre l’appareil en marche, il faut en dessécher soijîneusement toutes les parties. Quand la chambre L, en particulier, ne contient plus d’humidité, on introduit le charbon alumineux dans la cornue préalablement portée au

Fig. 8.

rouge et on y fait arriver le chlore. A mesure que la masse s’affaisse, on remplit la cornue par l’ouverture W, et de temps en temps on évacue le charbon dépouillé d’aluminium par l’ouverture V.

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