PROCÉDÉS DE PRÉPARATION
I. Dans ses recherches sur la préparation du silicium à l’état cristallisé, ce savant chimiste a démontré que le fluorure d’aluminium se volatilise, et cristallise en se condensant, quand on fait réagir du fluorure de silicium sur de l’aluminium dans un tube de porcelaine porté au rouge. Le produit ainsi obtenu contient toujours du silicium, qu’on peut enlever au moyen d’un mélange d’acide Iluorhydrique et d’acide nitrique.
II. Pour préparer directement ce composé, II. Sainte-Claire Deville a adopté ensuite la disposition suivante : on arrose, avec l’acide Iluorhydrique en excès, de l’alumine calcinée provenant de l’alun ammoniacal pur. L’alumine .s’échaulTe beaucoup, mais ne change pas d’aspect.
La matière, après avoir été desséchée, est introduite dans un tube de charbon de cornue, protégé contre l’action du feu par une enveloppe en terre réfractaire enduite à l’intérieur de terre à creuset. On chauffe l’appareil au rouge blanc, après y avoir fait passer un courant d’hydrogène qu’on maintient pendant l’opération pour faciliter la volatilisation du fluorure d’aluminium.
Drunner a montré plus tard (3) que l’alumine, chauflée au rouge dans un creuset de platine, absorbe l’acide Iluorhydrique gazeux en quantité nécessaire pour former le fluorure d’aluminium, avec perte d’eau. Cette expérience, effectuée à température suffisamment élevée dans un appareil distillatoire, donnerait, comme la précédente, du fluorure d’aluminium cristallisé.
(t) Weber, Potjg. Ann., t. CI, p. 4G5.
(2) Ann. de chim. et de phij.s. (3), t. XLIX, p. 7!) ; Comptes rendus, t. XLII, p. 49.
(3) Pogg. Ann., t. XCVlll, p. -488.
III. On peut encore, d’après M. Sainte-Claire Deville, fondre un mélange à équivalents égaux de cryolithe et de sulfate d’alumine, ce qui donne du sulfate de soude et du fluorure d’aluminium. Si l’on traite ce mélange par l’eau, le fluorure d’aluminium reste insoluble ; après l’avoir lavé, on le distillera comme il a été dit ci-dessus (1).
IV. On peut enfin traiter, à très haute température, un mélange de fluorure de calcium et d’alumine par l’acide cldorhydrique gazeux (2).
Le mélange finement pulvérisé est introduit dans des nacelles de charbon, et celles-ci sont disposées dans un tube de charbon convenablement garanti contre l’action du feu et de l’air. A la chaleur blanche, on constate un dégagement d’eau très notable provenant de l’action de l’acide fluorhydrique sur l’alumine ; en même temps, le fluorure d’aluminium distille et se condense sur les parties encore chaudes du tube, sous forme de belles trémies cubiques. Le chlorure de calcium reste dans les nacelles.
En faisant passer de l’acide fluorhydrique gazeux, cliargé de vapeur d’eau, sur de l’alumine chauffée au rouge, M. Hautefeuille a obtenu, en même temps que du corindon, du fluorure d’aluminium cristallisé (3).
Propriétés. — Les cristaux de fluorure d’aluminium sont incolores, et très peu réfringents, comme ceux des autres fluorures; ils se groupent fréquemment en trémies semblables à celles du sel marin; ce sont des rhomboèdres (4) de 88“,30, insolubles dans l’eau et dans les acides, même dans l’acide sulfurique bouillant ; la dissolution bouillante de potasse les altère à peine ; on ne peut les attaquer que par le carbonate de soude au rouge clair.
Fondu avec de l’acide borique, le fluorure d’aluminium donne des cristaux de borate d’alumine (5).
Composition. — M. II. Sainte-Claire Deville a déterminé la composition du fluorure d’aluminium en le chauffant pendant cinq heures avec du carbonate de soude ; la matière ainsi obtenue est intégralement soluble dans l’eau à l’état d’aluminate de soude, on en précipite l’alumine par le carbonate d’ammoniaque; le fluor se détermine par différence.
Comro«ilion. Trouvé. Colculé.
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(1) Ann. de chim. et de phijs., t. LXI, p. 333.
(2) Ibid. (3J, t. XLIX.
(3) Ibid. (4), t. IV, p. 153.
(4) II. Sainte-Claire Deville, tbid. (3), f. LXI, p. 333.
(5) Frcmy et Fcil, Comptes rendus, t. LXXXV, p. 1029
ALUMINIUM